30/08/2005

Clara Riedmann aime le monde

Clara Riedmann n’a pas perdu de temps. Elle fait sa première visite en France à l’âge de sept mois. Elle arrive accompagnée par ses parents Annibé Riedmann et Mario Lechner. Au retour de l’Angleterre, ils font escale près de Soissons. Ils voyagent avec une caravane pas très jeune, orange et arrondie comme la dessinerait un enfant.
Clara est née la veille de Noël dans le Vorarlberg, à l’extrémité ouest de l’Autriche. Annibé est assistante sociale à Bregenz, après avoir été travailleuse transfrontalière en Suisse. Sa longue relation avec l’Angleterre commence lorsque la voiture d’un jeune Anglais tombe en panne pour l’hiver au milieu de ses Alpes à elle. Elle a vécu en Angleterre, et le but du voyage de cet été est à la fois de faire découvrir le pays à Mario et à Clara, et d’y revoir ses amis. « Il faut se voir, pour que les amitiés vivent. » Le passage par le Soissonnais reflète aussi une fidélité amicale.
Mario est responsable régional des Verts autrichiens. « Quand j’étais lycéen, chaque formation politique s’est présentée devant nous ; alors que les autres demandaient un soutien sans discussion, les Verts voulaient notre participation à leur mise en œuvre. » Il a assisté au congrès fondateur en 1986.
Les inondations en Autriche lui font penser que le souci de l’environnement, d’une excentricité de quelques uns, devient une nécessité pour tous. Mario explique le désastre par l’échauffement climatique et la surconstruction. « Nous ne survivrons que si nous comprenons que nous faisons partie de la Nature. »
Annibé et Mario s’étaient connus en organisant, il y a dix‑huit ans, la première grève des étudiants autrichiens contre des restrictions gouvernementales. Nouveaux parents, ils sont aussi de jeunes mariés, travaillant à trouver un équilibre entre eux. Selon Annibé, leur premier rendez‑vous amoureux a eu lieu une après‑midi. « C’était le soir » rectifie Mario. Ils se mettent d’accord : « Fin d’après‑midi. »
L’Autriche prévoit un congé parental de trois ans à partager entre les parents. Mario a choisi de s’arrêter dès la naissance de sa fille. Le Parti ne voyait pas d’un bon œil cette absence, mais comme la mesure fait partie de sa plateforme, il pouvait difficilement s’y opposer.
A Soissons avec Clara, ils sont frappés par la cathédrale, ses dimensions, le bleu des vitraux. Mario y perçoit la place centrale de la religion par le passé ; pour Annibé, elle reflète plutôt les ambitions des puissants. Des boulangeries de la rue Saint‑Martin ils retiennent que « les Français savent faire du bon pain ! ».
Pendant le séjour, Clara reste leur préoccupation et leur bonheur. Elle a un regard vif et enjoué pour tout, et tout le monde. Il est curieux de penser qu’elle ne gardera aucun souvenir conscient de ce voyage. Quand ses parents le lui raconteront, elle entendra des histoires où elle figure, comme Cendrillon ou le Petit Poucet dans leurs contes. Ses grands sourires laissent penser quand même qu’elle se prononce sur ce qui l’entoure : « D’après ce que je vois de ce monde, je l’aime ! »
L’Union

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