21/05/2007

Hocine, Max, Gilbert et les autres


Pour « J’ai de mauvaises pensées », le comédien Hocine Slimane amène tout seul son monde sur la scène du Petit Bouffon. Il est Max le bourru, Gilbert le bourré (« Je bois plus d’alcool, c’est pas assez fort » dit-il en sirotant du lave-glace), et Hocine le raisonnable, qui mène ses copains à la culture, Devos, Duras, Depardieu, dans l’espoir – deçu – de les faire consommer.
Max a le rôle principal. Coincé par sa condition sociale, ahuri par un monde complexe et inégal, il s’exprime en faisant la navette entre un cerveau ankylosé et un vocabulaire squelettique. Il éructe plus qu’il ne parle. Pour trouver l’être sensé et sensible emprisonné dans sa chair, il faudrait de la dynamite.
Il y a d’autres dans l’histoire, dont Roselyne l’institutrice, qui calme ses nerfs ravagés avec des doses d’Anne Sylvestre, mais qui se rachète à nos yeux en évitant à Max la honte d’arriver à trente ans sans avoir fait l’amour à une femme. C’est fait devant la salle (« Enlever ma culotte ? Je vais avoir froid ! » se plaint Max) et, pour incroyable que cela puisse paraître, délicatement !
Hocine force le trait de ses personnages jusqu’au vaudevillesque. Certains dans la salle ont trouvé son humour lourd, mais ceux qui l’apprécient lui trouvent des qualités de cœur qui rendent ces grotesques attachants. Il dirige un gros projecteur sur  la nature humaine, et c’est le travail du théâtre, après tout.
L’Union


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires seront vus avant d'être affichés.