17/07/2009

Arlette et Christian : curieux de tout et de chacun


Christian et Arlette avec Maya "la reine du camping".
Le camping de Soissons est plutôt un lieu de passage, où les touristes font escale. Ceux qui traversent la Manche, ou descendent de la Belgique, des Pays Bas ou plus loin s’y arrêtent avant Paris ou le voyage vers le grand Sud. De l’Est, c’est sur la route de la Normandie et la Bretagne. Certains visitent les cimetières militaires ou les cathédrales gothiques, mais se déplacent alors constamment.
Au milieu de cette population tout juste arrivée ou déjà sur le départ, Arlette et Christian Duhennois représentent la durée. Pendant un mois, et depuis cinq ans, ils s’installent sous les arbres, saluant et parlant avec tout le monde, traversant la barrière des langues comme si elle n’était pas plus épaisse que les petites haies autour des emplacements. Ils ont déjà été présentés ici (voir Christian et Arlette Duhennois incarnent l'esprit voyageur du 01/09/06), mais valent bien une mise à jour pour leur fidélité à leur « seconde ville », la première étant Tergnier.
Arlette reste aussi expansive, Christian aussi accueillant, même si son insuffisance respiratoire l’oblige maintenant de porter une bouteille d’oxygène. Cette année, ils ont campé d’abord en Bretagne, près d’une petite-fille, et se trouvent à Soissons pour juillet, alors qu’ils ont l’habitude de venir en août. « Nous aurions ainsi les longues soirées claires » explique Arlette.
Nos rencontres commencent toujours de la même façon. J’arrive, Arlette disparaît, et revient cinq minutes après avec un bon café. La conversation s’engage, et je me sens un peu spectateur d’un match de tennis, tournant la tête de l’un à l’autre, car ils interviennent ensemble, non pas pour priver l’autre de la parole, mais parce qu’ils ont tant à dire.
Il y a leur enfance pendant la guerre – Arlette était remontée après un nuit dans une cave et n’a trouvé que des ruines tout autour – leur rencontre au bal des Mimosas organisé par les cheminots de Tergnier, leur travail comme métallurgiste-chaudronnier et responsable d’un Prisunic et, surtout, cette joyeux second métier au cinéma Vox dans les années 60, quand Christian était opérateur et Arlette caissière. « C’était un bon moment dans notre vie. » Leurs épreuves comme leurs réussites ont fait d’eux des gens généreux, enjoués, ouverts au monde.
Ne se déplaçant que d’une cinquantaine de kilomètres, Arlette et Christian incarnent cependant l’esprit des vrais voyageurs, pour lesquels ce qui compte est d’aller ailleurs, où que ce soit, puis d’y être curieux de tout et de chacun.
L’Union

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