09/03/2008

Les femmes : 68 est passé par là

Emmanuel Mousset avec Sonia Gozdowski.
Avant 68, les livres d’histoire le disent, toutes les femmes portaient de jolies jupes, se coiffaient comme Brigitte Bardot, et demandaient à leur mari comment voter. Depuis 68, la pilule, le pantalon et la parité leur ont apporté une liberté totale.
Ce tableau simpliste n’a pas survécu deux minutes au café-philo, tenu au Havana café en amont de la Journée internationale de la femme, sur la question « Depuis mai 68, la femme s’est-elle vraiment libérée ? »
Le débat s’est articulé autour de quatre aspects de cette libération : culturelle (« la femme est-elle encore un objet sexuel ? »), économique (« pourquoi les femmes ne gagnent-elles pas autant que les hommes ? »), politique (« la parité est-elle un progrès ? ») et sexuelle (« les femmes ont-elles tué le mâle »).
L’arrière-café n’était pas réservé aux femmes. La parité était presque respectée : neuf femmes, dont Valérie dos Santos et Jenny Damiens du CIDFF, les organisatrices, et huit hommes, dont l’animateur philosophe Emmanuel Mousset, de Citoy’Aisne. Selon son habitude, il a mené les débats avec entrain, tact et parfois, pour maintenir le tonus, provocation. A une participante bien mise, prenant rageusement le micro pour parler de la « femme objet », il demande « Tu serais pas un peu femme objet, toi ? »
Le branle-bas des échanges sur les avancées et les reculs devait éveiller les esprits plutôt que donner des réponses. Un point déterminant a émergé, cependant : en attendant la transformation souhaitable des esprits, la loi sert à mener le changement.
Une dernière phrase capitale rappelait que sans la ténacité des femmes elles-mêmes, le moteur risque de se gripper. « Elles ont la possibilité d’exister ; il faut encore qu’elles le veuillent. »
L’Union

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires seront vus avant d'être affichés.