15/11/2008

Les absents d’un concert pour la paix

En 1918, la cathédrale de Soissons était en ruine, sa nef ouverte au ciel. Pour le 90e anniversaire de la paix retrouvée, les Soissonnais se sont regroupés sous la voûte reconstituée, lors d’un concert commémoratif donné par l’orchestre des Siècles sous la direction sémillante de François-Xavier Roth. Le programme de musique allemande, anglaise, américaine et française va aux sources des instincts qui mènent à la guerre et qui font aspirer à la paix.
Le conflit se consume dans la pureté du prélude de « Parsifal » de Wagner, dégageant le chemin pour les autres œuvres.
Deux des « Planètes » de l’anglais Gustav Holst suivent. « Mars, dieu de la guerre » fait froid dans le dos par sa violence, son rythme implacable, signe de la belligérance qui habite chacun, prête à faire éclater la guerre. « Vénus » évoque l’épanouissement sensuel que permet un temps de paix.
Le concert se termine par une rare audition de la 3e symphonie de Vincent d’Indy, seul œuvre à souligner la victoire plus que la paix, quoique dans l’exultation plutôt que le triomphalisme.
Il reste « l’Adagio pour cordes » de l’américain Barber, qui l’a précédée. Dans les circonstances, son ton élégiaque pouvait faire penser aux grands absents de cet anniversaire, les enfants, petits et arrière-petits enfants que n’ont jamais eus les jeunes hommes tombés dans la guerre. Toutes les cathédrales de France et du monde n’auraient pu les contenir.
L’Union

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