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19/06/2013

Un cirque pour les enfants de tous âges

Michel Gire en clown fait flotter une bulle de savon au dessus de sa tête.
Au pied de l’altier donjon de Droizy s’élevait, comme une copie en miniature et en bois multicolore, « le plus petit chapiteau du monde » selon Michel Gire, du cirque Zampano. Dans le cadre de « Jardins en scène », il jouait huit fois en deux jours « Le petit cercle éphémère », chaque fois devant une quarantaine de spectateurs, serrés sur deux rangs autour d’une piste d’un mètre de diamètre.
     En clown dépenaillé et lunaire, Michel Gire, secondé seulement par un chien et une poule restée spectatrice, prend le pari risqué de traiter tout le monde, de trois à soixante-seize ans, comme des enfants. Il ne met que quelques minutes pour le gagner. A sa demande, nous nous passons de main en main, avec grand soin et sans rire, un ouistiti « mille fois plus petit qu’une puce » - si petit qu’il est invisible.
     Ses tours sont d’une naïveté qui cache leur efficacité. Le cirque prend une tournure mirifique lorsqu’il fait flotter de grosses bulles de savon au dessus de nos têtes, protéiformes comme de l’ectoplasme, reflétant les rangées de petites ampoules du chapiteau. Un émerveillement enfantin nous prend. Regardez comme c’est beau, et étrange ! A la fin, il salue chaque spectateur partant, comme un vieil oncle qui a offert à ses petits-neveux et nièces une sortie… au cirque.
     Le spectacle est une version réduite de celui qui sera donné à « Soissons en sc’aisne » en septembre.
L'Union


04/06/2013

Le piano extraordinaire

Dirk van Boxelaere et Fien van Herwegen
Cette année, « Jardins en scène » égrènera ses événements culturels, non plus sur une dizaine de jours mais sur cinq mois, dans des jardins picards, ces « fruits d’un subtil mélange entre la nature et l’imagination » selon Claude Gewerc. Le parc du château de Septmonts a ainsi accueilli un piano à queue, non seulement musical mais aussi acrobate. Il tourne, s’élève vers le ciel, s’ouvre, se ferme, salue même le public en fin de spectacle.
    Certes, deux artistes de cirque belges, Dirque et Fien, lui viennent en aide. Il est clown, acrobate, un peu illusionniste ; elle l’accompagne imperturbablement au piano, même à 90° au sol. « Le carrousel des moutons » abonde de trouvailles d’agilité et d’humour autour du piano. Monté comme sur un manège, il tourne, monte et descend, et Dirque s’y fait, ou ne s’y fait pas, en luttant pour fermer l’œil – d’où les moutons qu’il compte.
    Physiquement, le spectacle est tonique, et le public sur l’herbe l’a apprécié. La relation entre les artistes pouvait être développée, avec plus de folie, de connivence ou d’antagonisme. Des trois protagonistes, c’est le piano qui est le plus espiègle.
L'Union 

13/10/2011

Danse et acrobaties : les deux temps d'un spectacle

Des grandes portes à l’ouest jusqu’aux marches menant au chœur, et sous la haute voûte obscurcie, le sol de l’abbaye Saint-Léger est couvert d’une lisse membrane blanche. Le public prend place de chaque côté. Deux danseurs en maillot rose, jambes nues, évoluent. Ils se cachent le visage avec le col du maillot, le dégagent, tirent le bas pour couvrir les jambes repliées. Ils dansent, ensemble, séparément, s’enroulent jusqu’à confondre les deux corps. De mouvements pleins de grâce ils passent aux spasmes d’insectes blessés. Le public s’aperçoit que ce sont les deux maillots, infiniment extensibles, et qu’ils arrivent même à échanger en dansant, qui mènent la danse, dictent la démarche. La danse d’Antonia Pons Capo et Jérôme Brabant, dans une chorégraphie de Patricia Ferrara d’« Unber Humber », est d’une intensité que la bizarrerie vestimentaire ne fait qu’accroître.
La bâche enlevée, le public s’installe devant la croisée surélevée pour la suite du spectacle proposé par Luc Petton. Deux acrobates, le porteur et le porté, non seulement font leurs tours, mais utilisent un écran qui leur permet une interaction brillamment synchronisée avec leur propre image filmée. Derrière l’exploit, Matthieu Renevret et Joris Frigerio, « Hommes de mains », rejouent la vieille histoire du petit brun malin qui dompte un grand blond un peu balourd.

04/11/2009

Cirque plein d'air : jouer avec les corps


Le « Cirque plein d’air »recrée l’aventure dans laquelle, auparavant, des saltimbanques montaient leur chapiteau, jouaient devant une population étonnée, puis s’en allaient par le chemin sur lequel ils étaient venus.
Anne Desmoucelles et Joseph Defromont, artistes de cirque, et Inouk Crespin, musicien, ont bâti eux-mêmes leur yourte-chapiteau, rouge comme des tentures de théâtre. Deux gradins entourent la piste. Ils l’ont montée à Acy-le-Haut, un écriteau devant pour annoncer l’événement. Difficile en le lisant de ne pas frémir à l’idée « d’aller au cirque ».
Leur spectacle raconte l’amour, la guerre, le vieillissement, en faisant reculer ou avancer les aiguilles d’une vieille pendule. La musique d’accordéon entêtante d’Inouk l’accompagne, et les tours de voltige d’Anne et de Joseph viennent illustrer l’histoire, époustouflant les spectateurs, car seuls quelques dizaines de centimètres les en séparent.
A présent, la télévision apporte une distraction continue dans les foyers. Ce cirque nous ramène au temps des artistes itinérants qui jouaient avec leur corps, pour des communautés isolées qui voyaient le corps surtout comme un outil.
L’Union









Heureux après leur spectacle,
Joseph Defromont (à droite),
Anne Desmoucelles et Inouk Crespin.

04/07/2009

L’apprenti-spectacle


Les hip-hop dansent plus vite que leur ombre.

Il y a un bruissement particulier dans une salle en attente d’un spectacle d’enfants. Parents, frères et sœurs sont déjà enthousiastes et, bien sûr, préoccupés. C’était le cas pour le spectacle de fin d’année des ateliers de cirque et de danse à l’EJC.
Les groupes se sont succédés sur la scène de la grande salle du Mail, des petits aux plus grands, faisant des acrobaties, jonglant, dansant. Les compétences sont par moments convaincantes, notamment chez une équipe de danseurs hip-hop cagoulés. Une séance de saut à la corde s’est terminée par un défi : chaque fille devait sauter à sa corde individuelle, mais à l’intérieur de la grande corde, dont un bout était tenu par Eric Coupé, animateur de l’atelier de cirque.
L’important est moins de réussir les numéros que de les faire devant un public, apprendre à jouer sous tant de regards. Certains en sont écrasés de timidité, d’autres à l’aise au point d’interpeller papa-maman dans la salle, les plus âgés se concentrent sur leur prestation. Les spectateurs, quant à eux, sont moins des juges que des témoins de cet apprentissage de la scène.
L’Union