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04/05/2013

Drôles d'Animots

Le groupe d’écrivains Animots autour de l’animatrice Domi Dupuis.
C’est la tradition : les membres d’un atelier sortent de leur cercle fermé une fois par an, et se montrent au grand jour. Les choristes chantent, les musiciens jouent, les danseurs dansent, les artistes exposent. Comment faire pour un atelier d’écriture ? Eh bien, les écrivains lisent. « Animots », l’atelier de Domi Dupuis à l’EJC, a fait une lecture à haute voix en ouverture du bœuf hebdomadaire.
    Les jours de la semaine ont pris la parole pour avouer leur particularité. puis la cause du féminisme a été explorée. Parmi les textes inspirés par des chansons, deux prenaient appui sur « Déshabillez-moi ». Un monsieur, dont la bien-aimée est vêtue chaudement, s’épuise tant à défaire toutes les couches – dont un maillot thermolactyl qui crépite en passant la tête – qu’il s’endort aussitôt fini. Une malade fait une fine analyse des généralistes et autres médecins, sur la seule base des revues qui traînent en salle d’attente.
    La lecture reflète deux qualités de cet atelier : le sens de l’observation, et l’ironie, forme d’humour qui se nourrit d’une complicité malicieuse avec l’auditeur.
L'Union

24/04/2013

Un ancien est de retour à l'EJC

Romain et Karine avec les jeunes enfants du stage.
Le guitariste Romain Gendraud a un parcours atypique. Né à Saconin-et-Breuil, il va au jardin musical d’Ambleny à quatre ans, apprend le solfège avec l’association La Scala, commence la guitare à sept ans, prend des cours particuliers avec Jean-Louis Raverdy, découvre les « bœufs du Mail » à treize ans, puis suit les classes de l’EJC, dont un cours de groupe pour travailler un spectacle.
    En parallèle il est élève au lycée Vinci, puis étudie le génie électrique à Cuffies, où il obtient sa licence. Cette option lui permet de se lancer dans une carrière musicale en ayant une alternative « sérieuse » si la guitare ne nourrit pas son homme. En septembre dernier, à vingt-deux ans, il rejoint la prestigieuse Music Academy International de Nancy. Du jazz au hard rock, il y couvre le répertoire.
    Devant faire deux semaines de stage, il consacre l’une aux concerts, et l’autre à accompagner un atelier d’arts plastiques et de musique pour les jeunes enfants à l’EJC, qui l’accueille volontiers. Il seconde l’animatrice Karine Gadret-Tassan. Parmi les tout-petits installés derrière les instruments des grands, guitare électrique, batterie, clavier, y aura-t-il un autre petit Romain, éveillant un talent qui transformera sa vie ?
L'Union

29/02/2012

Trop gentils pour être méchants

Attablés devant un verre au bar du Mail, seraient-ils juste arrivés trop tôt pour le spectacle, « Le dindon » de Feydeau ? Mais chacun a un stylo, un papier, et l’air concentré. Sous l’œil de l’écrivain Hugo Paviot et d’Agnès Renaud de l’Arcade, ils s’essaient aux aphorismes à la Feydeau. C’est un art où tout tourne autour des maris et femmes, amants et maîtresses et leurs bassesses.
Soit ils complètent des débuts d’aphorismes laissés en suspens, soit en composent à partir d’éléments épars. Toute licence est accordée pour le cynisme, la méchanceté, la mauvaise foi.
N’osent-ils pas aller trop loin, ou sont-ils simplement trop gentils pour l’exercice ? « Une femme qui trompe son mari n’a pas pour habitude de demander la permission à son amant. » C’est tout à l’honneur des participants qu’il leur manque la qualité vacharde des piques qu’envoie Feydeau, une lueur de fausse innocence dans les yeux. Un soupirant transi propose ainsi à sa bien-aimée : « Voulez-vous être ma première femme ? »
L’Union




Hugo Paviot et Agnès Renaud encouragent le mauvais esprit des participants.

24/02/2012

Stage de l’Arcade : le jeu venu de l’intérieur


La Mère et la Fille solidaires.
Deux à la fois, les stagiaires traversent la grande pièce. La consigne ? Chacun doit entamer un contact avec l’autre, qui réagira. L’exercice dure longtemps, chaque couple s’y reprenant plusieurs fois. C’est au stage de théâtre animé par Vincent Dussart, metteur en scène de l’Arcade, à l’occasion de la représentation du « Dindon » de Feydeau. L’objectif est clair : susciter des gestes et paroles qui ne soient dictés ni par un scénario ni par un metteur en scène, mais qui viennent de la présence de l’autre. « Jouer » ne serait pas s’affubler d’un personnage mais laisser émerger de l’intérieur ce qu’il faut pour planter ce personnage.
    Les stagiaires passent à une scène de « Léonie est en avance », de Feydeau précisément. La Mère, la Fille et la Sage-femme s’affrontent, et Vincent Dussart explique y cueillir les idées de chacune pour un éventuelle mise en scène.
    Cet atelier, le dernier de la saison, poursuit donc une formation théâtrale qui, loin d’aliéner le comédien dans un rôle, l’amène à reconnaître en lui-même ce qu’il faut pour le jouer.
L’Union

12/01/2011

Atelier Giono : l’éloquence du corps


« La mise en mots du langage poétique » : c’est le sujet proposé par Agnès Renaud, metteur en scène, pour cet atelier. Il est évident, à connaître l’approche de l’Arcade, qu’il ne s’agira pas de prononcer de belles phrases sur la nature. D’ailleurs, Giono, chantre de la campagne, ne la voit pas si douce que cela. Dans « Le grand troupeau » une truie dévore un cadavre d’enfant nu. Le sublime côtoie la violence.
Une longue série d’exercices ouvre notre respiration, nos corps aux sensations qui sont la base du jeu d’acteur. Ensuite nous prenons quelques phrases de Giono, mais en disant les mots un à un. Il faut s’y agripper, les malaxer, crier, en jouir, en être habités, y joindre des gestes – et puis reprendre en augmentant encore l’ampleur.
Nous continuons en soumettant la parole à des contraintes qui cassent toute élocution soignée. Les uns doivent lire un texte affiché sur un pupitre, alors que d’autres essaient de les en empêcher. De belles batailles s’ensuivent, frustrantes, hilarantes. Après, le texte relu d’une voix essoufflée prend une densité inattendue.
L’atelier vise ainsi à mettre en valeur cette écriture à travers l’éloquence du corps, en un souffle venu des profondeurs – comme le lyrisme de Giono. Il chante la force de la nature, et pour bien l’interpréter il faut se faire une force de la nature soi-même.
L’Union


La lutte pour lire le texte lui 
donne une intensité inattendue.

06/01/2011

Atelier Giono : le credo de l'Arcade


La compagnie de l'Arcade monte des spectacles, bien sûr, mais elle propose aussi des ateliers pour accompagner chaque production, les siennes comme d'autres en tournée à Soissons. Ainsi, Agnès Renaud, co-directrice de l'Arcade, animera un atelier sur Jean Giono, avant sa pièce « Le bout de la route ».
Giono, anarchiste et pacifiste, qui s'est emmêlé les pinceaux au point d'être emprisonné avant et après la guerre et de se trouver sur une liste noire, n'a regagné sa place au soleil littéraire que par l'irrésistible lyrisme de son langage.
Les participants seront appelés à mettre cette écriture en jeu. Au théâtre, l'écrit s'exprime par la voix. Mais il ne s'agira ni d'élocution ni de diction.
Agnès Renaud invite à une exploration du corps par rapport aux éléments, à la nature, en demandant « si la voix de ce corps-là restera la voix policée, lissée par l'éducation, ou si elle renouera avec une puissance oubliée ? » C'est cet « acte de tenter » que permet l'espace protégé d'un atelier.
Pour l'Arcade, nous le savons, l'acteur, loin de se cacher derrière un « personnage », s'impose en se laissant voir tel qu'il est. Le lyrisme de Giono se transmet parce que les acteurs sont prêts à le chercher d'abord dans leurs propres sensations. C'est le credo de l'Arcade.
L'Union

14/12/2010

Atelier Arcade : l’apprentissage de l’identité


L’Arcade tient un atelier de théâtre à l’occasion de la création de « La dispute » de Marivaux au Mail.
La démarche commence à être familière. L’Arcade veut élargir toujours la portée de son action au-delà de la scène de théâtre, impliquer ses spectateurs.
Vincent Dussart, metteur en scène de « La dispute » et animateur de l’atelier, n’a pas de mots assez durs pour ceux qui réduisent Marivaux à la galanterie et au badinage gracieux du « marivaudage ». Pour lui, « La dispute » interroge l’identité et comment elle se construit. Quatre jeunes personnes, élevées en isolation chacune puis soudain libérées, se grisent de découvrir l’autre sexe. Mais le vrai apprentissage est ailleurs : chaque individu ne connait du monde que soi-même, le « je », et doit apprendre l’autre, le « vous » et, encore plus déstabilisant, le « nous ».
Vincent Dussart pose aux stagiaires le problème de « jouer » cet apprentissage, c'est-à-dire le faire comprendre sur scène, au-delà des mots. La méthode élaborée est hilarante, mais efficace. Qu’en feront les professionnels, nous nous demandons.
Il nous fait ensuite longuement explorer le « jeu » au théâtre. Pour lui, le comédien doit laisser les sensations du corps fonder et former sa présence sur scène. En faisant voir sa propre humanité il touchera celle du public. C’est la partie de l’atelier qui nous engage et expose le plus, celle qui nuancera notre regard sur nous-mêmes, et sur le monde en dehors du théâtre.
L’Union

Des stagiaires regardent jouer, en attendant de jouer eux-mêmes.

25/11/2010

« Ca va la famille » : la pression monte


Le premier atelier (voir Introduction au mystère du théâtre) s'efforçait d'introduire les stagiaires à l'expérience fondamentale du comédien, c'est-à-dire s'exposer au regard des autres. Vincent Dussart, metteur en scène du spectacle, avait insisté sur ce besoin de montrer, non pas des techniques de jeu, mais l'humanité de chacun.
Ce second atelier marque un changement de relief. Cette fois, nous devons appliquer les acquis du premier et être productifs. Vincent Dussart fait comme si nous savions tout faire. « Il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions. »
Il crée un spectacle à partir des textes que nous nous étions répartis. Loin d'imposer un schéma, il s'en sert pour fonder les mouvements des corps et les intonations des voix.
« Tu utilises ce que nous faisons pour ta mise en scène, c'est ça ? » Vincent Dussart répond à ma question : « Non pas de ce que vous faites, mais de ce que vous êtes. »
Nous sommes comme des instruments de musique dont il écoute le son pour composer sa partition, établir sa chorégraphie. Sa mise en scène renforce les paroles. Un homme rentré de la guerre et dont la famille le croit mort dit « Je vous aime » .Vincent le fait reculer en le murmurant, et les mots deviennent non plus une déclaration d'amour mais un poignant adieu.
Notre prochaine rencontre sera avec les professionnels, pour les dernières répétitions. Bonjour le trac ! Venus de la campagne, des quartiers et du centre-ville, les stagiaires, du lycéen à la grand-mère, sont soudain liés, non pas par des affinités, mais par ce redoutable projet commun.
L’Union

23/10/2010

Introduction au mystère du théâtre

La compagnie de l’Arcade créera « Ca va la famille ? » en novembre. Des non-professionnels y participeront. Un de nos correspondants tiendra un journal des préparatifs.
   « Les gens croient que jouer, c’est ajouter des couches, des méthodes de jeu, un costume, même un rôle. Il n’en est rien ! Jouer, c’est accepter d’être regardé tel qu’on est, enlever ses constructions. » Vincent Dussart, metteur en scène, n’entend pas nous apprendre des techniques, mais nous introduire dans le mystère du théâtre.
    Ce premier atelier commence par un long échauffement, le corps étiré dans tous les sens. Il ne s’agit pas de faire des prouesses physiques, mais de le rendre accessible aux « sensations » sur lesquelles fonder notre présence sur scène.
    Ensuite, chacun se met devant les autres et se laisse regarder. Simple ? Au contraire, les défenses s’érigent aussitôt. Nous faisons un retour chaque fois. Que voyons-nous, qui voyons-nous ? Les commentaires s’affinent, les avis divergent. L’une, nous pensons, dirait « Je ne suis que cela. » Tel autre rejetterait le contact des yeux. Un autre serait ému par la bienveillance des regards.
    Ce processus, éprouvant, éclairant, prend longtemps. Il sert à chacun pour se formuler la « demande » intime qui l’amène à faire du théâtre. Nous nous habituons à entrer en scène et l’occuper, en fonction de ce besoin. « C’est beau » crie Vincent Dussart, à notre surprise.
    Le lendemain nous apprenons à être sensibles aux autres, encore par de longs exercices. Puis nous répartissons des textes écrits par les élèves du collège Gérard Philippe, sur le thème des pères et mères. Je choisis deux pères, l’un tyrannique, l’autre frimeur. Parce que je suis comme ça, ou pas du tout comme ça ? C’est le théâtre qui permet d’explorer.
    Après cet huis clos sur scène nous émergeons, pour trouver que le regard sur le monde extérieur est également affiné, approfondi.
L’Union

14/10/2010

Rejoindre l’aventure de l’Arcade


Vincent Dussart met en scène.

Le projet « Ça va la famille ? » de la compagnie de théâtre l'Arcade atteint sa phase culminante. Les lectures en appartement, les stages de théâtre et les ateliers d'écriture ayant eu lieu, cette année verra la réalisation d'un spectacle.
Les textes lus ou écrits y seront fédérés, transformés, renouvelés, recréés. Pour couronner l'implication des habitants de Soissons, Vincent Dussart, metteur en scène, cherche des participants pour former une sorte de chœur grec, sur scène avec ses comédiens professionnels. Deux ateliers seront tenus. Tout d'abord pour aborder quelques notions d'espace et de théâtre, puis ensuite pour s'emparer des textes.
Faut-il avoir de l'expérience ? Selon Vincent Dussart, il s'agit bien moins de « jouer » que d'être vraiment présent, accepter les regards, montrer sa condition humaine.
Les ateliers en question ont lieu en octobre et novembre. Après deux répétitions générales la pièce « Ça va la famille ? » sera donnée les 25 et 26 novembre.
L’Union

03/07/2010

Le compostage gagne du terrain


Tout le monde y trouve son compte. Pour le Conseil général, le volume des déchets végétaux est réduit. Il y a donc moins de transport, diminuant d’autant les émissions de CO2. Les jardiniers nourrissent sans frais leur sol. Les fervents du développement durable trouvent un moyen pratique de disséminer de bonnes pratiques.
Deux futurs composteurs.
Qu’est-ce qui fait tant d’heureux ? Le compostage. En effet, le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement des pays de l’Aisne (CPIE) de Merlieux organise des formations pour des « guides-composteurs ». Un stage a eu lieu à Oulchy-le-château, ou une dizaine de candidats composteurs ont passé deux jours à étudier le pourquoi et le comment du compostage, et une journée à apprendre à faire connaître et transmettre leur savoir-faire.
Ces guides ne demandent maintenant qu’à conseiller, démontrer et encourager. Pour contacter le plus proche de chez vous, appelez la Communauté des communes. Il vous apprendra comment faire entrer vos restes de cuisine et de jardin dans un processus dynamique et bienfaisant.
L’Union

29/01/2010

Rendez-vous avec les sensations


Vincent Dussart est ferme : « On ne « passe » pas à un stage, on y participe. » Pour raconter « L’état tragique » il faudra rester du début à la fin. Sera-ce une interminable conférence sur la tragédie, ou une série de démonstrations ? Pis encore, l’obligation de balbutier des tirades raciniennes sur scène ?
Nous commençons par un long échauffement, en observant les sensations qu’il génère. « Ces sensations peuvent créer une sorte de déplacement dans le corps. » C’est là que se trouve l’émotion à jouer. Cette forme de théâtre fait appel au corps et non pas à l’imagination. Parlant de « Si j’étais.. », l’outil conventionnel pour étudier un rôle, Vincent admet « Ca me gonfle ». Sa vérité ne se trouve que dans le corps.
Lui-même a eu une première formation classique. Plus tard, avec un collectif, il en est venu à cette conception plus proche de Jacques Lecocq et du « théâtre physique ».
L’atelier crée un degré d’intimité parmi la douzaine de stagiaires. Mais comme tout se passe sur la scène de la grande salle du Mail, nous savons que nous ne sommes ensemble que pour du théâtre. Les émotions ne s’expriment que pour mieux jouer. « De toute façon c’est au public d’être ému, pas à l’acteur. Il est là pour jouer. »
Jouer la tragédie ? Vincent lance un exercice qui met des couples ensemble, puis les prive du contact établi. « Cette position est essentiellement tragique. » Il aborde ainsi le manque, le trou, qui pousse un personnage de tragédie vers sa destruction.
Pour la suite nous devons disposer d’un texte. « N’importe lequel, le sens on s’en fiche. » Il me propose un extrait d’« Hercule furieux » de Sénèque. Je suis déjà loin de ma gêne initiale ! Le fait de base au théâtre, nous apprenons, est de subir le regard des autres. Mais du moment qu’on accepte de se montrer tel qu’on est, ce malaise, le trac, se transforme en source de puissance. « Le théâtre » déclare Vincent « est un merveilleux outil pour la connaissance de soi. »
Le lendemain, les stagiaires commencent à « se sentir », et cela se voit. Au cours d’un autre long exercice à deux, il nous encourage à essayer notre texte « quand vous le sentirez. » Après des hésitations, je dis le mien. Je m’étonne de le trouver si naturel. Je le redis en riant. La troisième fois, je l’entends monter de mes entrailles : « Que vois-je ? Ces cadavres sont ceux de mes fils. Voici le corps de ma femme assassinée. Au secours, gens de Béotie ! » Je joue la tragédie.
L’Union









Vincent Dussart aide une stagiaire
à trouver dans son corps le sens de son texte.

08/02/2008

Voies off : les réverbérations

L’explosion théâtrale annuelle du festival « Voies off » à Soissons crée ses réverbérations dans le calendrier, en amont et en aval. Cette année, un atelier d’écriture préliminaire a été animé par Eugène Durif, écrivain et comédien, qui présentera son spectacle « Les grenouilles » au festival.
« J’ai voulu dédramatiser l’écriture » dit-il pour définir le sens de son atelier, tenu, comme le « Café philo » mensuel, au fond du café Le Havana, devenu décidément un lieu ou l’esprit gambade.
Devant une vingtaine d’écrivants – et on a refusé du monde – il propose des exercices destinés à libérer le flot des mots. Par exemple, chacun est invité à remplir, sur sa feuille, l’espace entre une première et une dernière phrase donnée, le tout en quelques minutes. Puis il lit son texte aux autres.
Cela passe souvent par des jeux de mots, les détournements et retournements de sens. Un des textes commence « Il était une fois. Pourquoi une fois ? Pourquoi pas deux fois, trois fois ? » La démarche, qui privilégie la brièveté, la légèreté, a l’avantage de permettre à chacun de faire sourire ses auditeurs, en n’interdisant pas d’aborder tout sujet. La forme reste ludique, le fond peut être grave.
Par ailleurs, produire ces écrits aura donné aux écrivants une oreille plus fine pour la musique des mots de « Voies off ».
L’Union

17/08/2006

Le goûter des mots


Pour les Estivales, un atelier d’écriture centré sur Soissons et sa rivière, et sur tout ce qui s’y rattacherait dans l’imagination des participants, s’est tenue à la Halte fluviale.
Jeannine Haibe, l’animatrice, sait comme personne dégager l’écriture de son côté performance littéraire, activité culturelle, épreuve d’orthographe, et lui rendre sa liberté. Ce qu’elle appelle « l’échauffement » fait rentrer les stagiaires dans une ronde folle de mots, brodant sur le sens, le son, les réminiscences verbales et mentales.
Vient la composition de textes sur les thèmes du jour, brefs ou plus longs selon celui qui l’écrit, le seul critère étant son envie d’exprimer ses images, ses idées, ses expériences. Après, chacun lit pour le groupe ce qu’il a mis en mots. Cela peut être redoutable la première fois, jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que les autres réagissent, non pas comme critiques littéraires, mais en reconnaissant le cran qu’il faut pour se révéler.
L’ambiance est loin d’être recueillie et élitiste. Il s’agit plutôt d’un goûter partagé, chacun apportant son panier de mots à étaler sur la table, et à grignoter en commun. L’ambiance détendue n’empêche pourtant pas l’émotion, la profondeur. Suzanne Leserf, habituée de telles activités, écrivant sur « Si Soissons m’était conté », rappelle l’arrivée avec son mari de leur Auvergne natale il y a une quarantaine d’années, leurs effets dans un camion de déménagement. En haut de la côte de Paris, le conducteur indique au jeune couple la cuvette dans laquelle se trouve la ville : « C’est là que vous allez vivre. »
L’Union



Françoise Kessous pense aux mots qu'elle offrira aux aitres participants à l'atelier.

19/05/2006

Dupin aux Arquebusiers : la beauté fragile du Soissonnais

Le maître des pinceaux Claude Dupin (à gauche) avec les maître des mots Claude Lapp.

La salle des Arquebusiers a abrité pour deux jours les aquarelles peintes par Claude Dupin pour illustrer le livre « Mon Soissonnais », une initiative de la Communauté d’Agglomération. Il a peint un tableau, ou deux plus petits, pour chacune des vingt-huit communes, qui les recevront après l’exposition. Claude Lapp, rendu aux lettres par sa retraite du lycée Gérard de Nerval, a écrit les textes du livre, en partant des confins du pays soissonnais pour arriver au détail du cœur de ses villages.
    L’art de l’aquarelle a en commun avec l’art du vitrail de faire usage de la transparence. Le verre laisse transparaître la lumière du jour, alors que la lumière blanche du support papier n’est que voilée par la couleur qui, si sombre que soit son ton, ne devient jamais opaque.
    La tendance des espaces de couleur à se fondre les unes dans les autres peut rendre l’ensemble presque mou, un effet brumeux qu’évite Claude Dupin en délimitant avec clarté les différents éléments. « J’applique la couleur, puis je lave mon pinceau et, avant que la couleur ne soit sèche, je mets une goutte d’eau au milieu. Elle chasse la couleur, qui forme un cerne à la périphérie. Nous aquarellistes, nous sommes tous un peu alchimistes. Nous avons nos trucs. » Les feuillages de ses arbres, au lieu de se dissoudre,  terminent ainsi en éclats de verdure qui se détachent sur le fond.
    Claude Dupin est sorti des Beaux Arts dessinateur. « Mais je voulais trouver une technique plus rapide. Pour un dessin, l’inspiration se trouve dans le premier croquis, et le dessin lui-même n’est plus qu’une représentation. Pour l’aquarelle, je suis autodidacte. »
    Ses œuvres cherchent moins à questionner le monde qu’à en représenter la beauté fragile, les murs en pierre toujours en danger de démolition, les bois qu’une tronçonneuse débarrasserait de leurs arbres en trois heures. Les jolis villages du Soissonnais connaissent la fin d’une époque où ils servaient à des communautés attachées à la terre, pour devenir le décor d’un mode de vie plus individualiste. Les clôtures qui s’érigent, les interphones aux portes de jardin en portent témoignage. Cette beauté qui soutenait les anciens et qui attire les nouveaux s’accorde bien avec une technique qui, au lieu de la fixer, admet sa nature passagère, l’impermanence qui relie le présent au passé.
L’Union

19/10/2005

Observer, découvrir, essayer à La Berque

Les collégiens peuvent s’exciter jusqu’à exaspérer les adultes. Mais lorsque leur intérêt est éveillé, ils jouent plutôt l’indifférence, qui protège le processus intime d’apprentissage. Cela se remarque à la ferme pédagogique de La Berque à Nampteuil sous Muret, où sont venus tour à tour deux classes de 6e du Collège de Cuffies étudier les énergies renouvelables au milieu de la nature, dans le cadre des Semaines de l’Environnement (l’Union du 30 septembre).
Jean‑Luc Sendron et Réjane Walas, professeurs de technologie, et Dominique Meunier, qui laisse ses ordinateurs au Collège, donnent aux élèves l’occasion d’observer, de découvrir et d’essayer les principes énergétiques.
Une collection de maquettes en bois, constituée au Collège pendant des années, et exposée à La Berque, illustre les différentes utilisations d’énergie. L’être humain s’est distingué à ses origines par la prise en main des premiers outils, mais il n’a commencé à maîtriser le monde qu’en apprenant à utiliser des énergies extérieures pour accroître ses propres forces. Que ce soit l’eau qui coule dans un ruisseau, l’air qui souffle dans le ciel, ou les électrons qui migrent du positif au négatif, les courants naturels sont asservis.
L’après‑midi, les enfants scient et assemblent de petits carrés de contreplaqué pour faire des roues à aube. Sylvain Philbert, responsable de la ferme, patauge en les installant dans un ru, où ils tournent avec un bruit de chiens qui lapent.
Les repas sont préparés collectivement. Arracher des carottes dans un champ, les éplucher, les couper et les faire cuire, quelle meilleure façon, dans la Semaine du goût, d’apprendre les sources de la saveur ?
Libres dans la nature, mais non pas lâchés dans la nature. L’autorité s’applique avec humour et souplesse, mais elle est présente, pour apprendre que l’énergie humaine, comme les autres, peut être canalisée et accroître ainsi ses effets.
L’aide financière du Conseil Régional de Picardie et de Picardie Culture Scientifique et Technique fait que la participation demandée aux familles pour ce stage est modique.
David, un des stagiaires, résume l’expérience : « On apprend des choses en s’amusant. » Les animateurs ont compris que l’amusement est une énergie renouvelable à souhait.
L’Union

27/07/2005

Ecrire sur l'eau

Un atelier d’écriture sur le thème de l’« Eau » fait partie d’Estivales, le programme d'activités d'été de la Ville.

Le reflet des maisons de Saint Waast, flouté par la surface mouvante de l’Aisne, fait un arrière‑plan opportun pour cet atelier à la Halte Fluviale.
S’agirait‑il d’aligner de bien sages phrases, ou ciseler des alexandrins, en faisant attention au vocabulaire, à la syntaxe, à la grammaire, et surtout, surtout à l’orthographe ? Ce serait compter sans l’animatrice Jeannine Haibe, qui a déjà l’art, dans ses ateliers « Virgules », de communiquer sa gourmandise des mots.
Elle invite les onze écrivains, enfants et adultes, à sauter tout habillés dans la rivière du langage, et en rapporter ce qu’ils y trouvent, à la surface ou enfoui au fond. L’échauffement – les muscles de l’esprit en ont autant besoin que ceux des cuisses – consiste à mettre en commun les expressions autour de l’eau, comme elles viennent, s’enchaînent, s’entrechoquent – et s’associent, même de loin. « A l’eau ! » : a côté de l’homme tombé du pont Jeannine entend un autre, portable collé à l’oreille et qui dit « Allo ? ». Ainsi, le raisonnable prend un coup, l’imagination sort découverte, et les participants deviennent imprudents, comme il le faut.
Ils écrivent ensuite un texte, deux textes, à lire au groupe. Les réactions sont unanimement positives (les moins de douze ans se font applaudir), face non pas tant à la qualité littéraire, qu’au cran de celui qui soulève un coin de son rideau et se laisse voir.
Une participante, dont c’est la première expérience d’un tel atelier, admet avoir trouvé la lecture publique redoutable. « Mais je crois qu’à l’avenir, quand j’aurai envie de noter mes impressions, ou d’écrire à quelqu’un, je pourrai le faire sans tant d’hésitation. » Se jeter à l’eau, ça s’appelle.
L’Union
 Entre l'Aisne et l'eau de source, Maxime Dechamps trouve son inspiration.