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17/12/2013

Liberté et destin : drôle de couple

Norbert Gosset, nouveau participant
 au Café-philo de Soissons.
Instituteur à ses débuts, proviseur à Hirson en fin de carrière, Norbert Gosset a pris sa retraite à Pasly. Il assistait pour la première fois au Café-philo, consacré ce mois à la question « Est-on libre même si tout est écrit d’avance ? ».
    L’animateur, Emmanuel Mousset, a reconnu la difficulté de cette double question, mais admet l’utilité de traiter des sujets complexes. Que signifie l’expression « écrit d’avance ». Qu’est-ce qui est prédestiné : tout, ou rien ? Un accident a-t-il un sens qui le dépasse ? Les contraintes religieuses, économiques, scientifiques déterminent-elles l’action humaine, et jusqu’où ? Quel que soit l’inévitable, l’homme peut agir librement, en supportant les conséquences. Le poids du passé fixe l’avenir, dans la mesure où l’être s’en laisse conditionner.
    Norbert Gosset a apprécié la qualité philosophique des échanges : « Ce n’est pas qu’une séance de parole libre. » Il a été frappé autant par le caractère multinational des participants, français mais aussi italien, néerlandais, irlandais. Il entend revenir.
L'Union

23/09/2013

Retour sur les vacances

Marion Morris découvre
le Café-philo de Soissons.
Pour la première séance de la saison, le Café-philo est retourné sur le passé immédiat, avec la question « Pourquoi partir en vacances ? » L’importance fondamentale de l’arrivée des congés payés en 1936 ayant été reconnue, le débat s’est engagé. Les uns y voient une rupture salutaire, le changement, le plaisir, la découverte d’autres territoires et cultures, le ressourcement ; pour les autres, plus radicaux, le capitalisme ayant cédé quelque chose aux travailleurs s’est efforcé de trouver le moyen de le récupérer, à travers l’industrie du tourisme.
    Le Café-philo poursuit son chemin à Soissons depuis dix ans. Plutôt que d’assurer une réponse à la question du mois, il ménage des échanges par lesquels les participants s’éclairent, s’opposent, se surprennent, en un enrichissement mutuel.
    Marion Morris, originaire de l’île de Jersey, venue pour sa visite annuelle dans la vallée de la Crise, et présente au Café-philo pour la première fois, était ainsi une denrée rare : une vacancière en exercice !
L'Union

10/07/2013

Rira bien qui rira le dernier

Jean-Hugues Lenoir, animateur des débats,
fondateur avec Colette Clauet du Café-philo
de Soissons, qui fêtera a la rentrée ses dix ans.

La chaleur ayant poussé sur la terrasse les clients qui n’étaient pas partis en vacances, les participants au dernier Café-philo de la saison ont pu quitter l’arrière-salle bondée pour la grande salle. Dans le temps ils débattaient ainsi toujours, parmi la clientèle, laquelle, interpellée ou excédée, prenait parfois la parole.
    Le sujet était à choisir sur place. « Peut-on rire de tout ? » a récolté le plus de voix. Comme cela se fait au Café-philo, la question a été fractionnée en types de rire, en situations, en raisons de rire, en ses différents effets. Exemple : rire à un enterrement est-ce inconcevable ou une réaction nerveuse naturelle ? Peut-on rire d’une blague raciste, mais pas avec des racistes ? Pourquoi pas ? Le rire qui se partage, le rire comme langage, le rire cruel, le fou rire qui rit des efforts pour le contrôler, le rire roulant abruti du public à la télévision : les avis donnaient souvent lieu à des anecdotes personnelles.
    Une soirée rigolote, alors ? Au contraire, parler du rire a alourdi plutôt l’ambiance. Le rire est une chose sérieuse.
L'Union

15/04/2013

Le café-philo a ses raisons

Edith Humbert avant son premier Café-philo.
L’écueil à éviter au Café-philo est d’arriver en espérant repartir avec une réponse claire. La question sert plutôt à déclencher le débat, qui se nourrit de la diversité sans viser l’unanimité.
    La question du mois était « Qu’est-ce qu’avoir raison ? » Le débat s’est concentré sur le sens des termes. Le lien entre la vérité, la moralité, le raisonnable et la « raison » qu’on veut tant avoir a été analysé. L’intelligence, du cerveau ou du cœur, aide-t-elle à avoir raison ? L’obstination de ceux qui veulent avoir raison à tout prix n’a d’égal que l’arrogance des puissants qui veulent imposer leur raison. De nombreuses pistes ont été ouvertes, reflétant la richesse du sujet.
    Edith Humbert suit l’actualité du Café-philo depuis un moment, mais y participe pour la première fois. Cette infirmière libérale à la retraite a apprécié l’expérience : « J’aime échanger, que les opinions s’expriment, que les gens débattent. » Elle y a contribué, en terminant son intervention par un joli « Ai-je raison ? »
L'Union

21/03/2013

La femme, parlons-en

Brigitte Berthe (à gauche) avec Françoise
Domingues de Barros-Hamlet.
Parfois au Café-philo, le débat échappe au sujet prescrit. A priori, la question du mois « La femme est-elle l’avenir de l’homme ? » mènerait à examiner les qualités associées, à tort ou à raison, à « la femme », en se demandant si « l’homme » aurait intérêt à les adopter. Mais la discussion part sur la discrimination envers les femmes, les inégalités qui perdurent. Que peut faire une femme pour obtenir ce dont jouissent les hommes ?
    L’importance accordée à cette conquête laisserait penser que la femme verrait son avenir plus proche de celui de l’homme. La question d’origine est inversée. Mais en fait c’est la vigueur des échanges qui compte, le degré d’engagement, plus que la fidélité au sujet annoncé.
    Brigitte Berthe de Metz, en visite chez une amie à Laon, est au Café-philo pour la première fois. « Je voulais aller à celui de Metz, mais il s’est arrêté. » C’est donc à Soissons qu’elle découvre ce genre d’échange, qui va là où le veulent les participants.
L'Union

23/01/2013

Faire travailler le cerveau

Pierre Jarret
Pierre Jarret, musicien, habitué du Café-philo soissonnais depuis ses débuts, et retraité de l’Education national depuis 31 décembre, explique sa fidélité : « Je viens pour l’échange d’idées – et pour faire travailler mon cerveau. » Le travail de janvier, pour les nombreux participants ayant bravé la neige, consistait à définir « un/e homme/femme normal/e ». Le débat a tenté de circonscrire la « normalité » : serait-ce la notion mathématique de la moyenne, ou les normes imposées par la société ? Il a fallu distinguer entre les « règles », obligatoires, et les normes, plutôt recueils d’idées reçues ou préjugés, qui poussent les gens à s’y plier. Elles permettent pourtant d’intégrer l’altérité, de cerner et de développer son identité individuelle par opposition à la généralité des normes.
L'Union

18/12/2012

Symboles religieux : un pouvoir à combattre ?

Jean-Louis Sève, participant
de la première heure.
Le Café-philo débordait de son arrière-café pour le débat du mois : « Faut-il combattre les symboles religieux ? » Est-ce la profusion de signes religieux à l’approche de Noël qui a attiré les foules ? Le micro circulait plus largement que d’habitude, tant il y avait d’avis sur la question.
    Les échanges tournaient beaucoup autour de l’éventuelle menace que représentent la croix, la kippa, le foulard pour la laïcité, surtout à l’école. Combien les symboles, simples signes, dépassent-ils cette fonction pour incarner la force des croyances qu’ils représentent ? Porteurs aussi de réminiscences culturelles, ils peuvent perdre leur signification religieuse en gardant celle de la tradition, des racines. Mais comme les religions elles-mêmes, ils peuvent tenir plus de la politique plus que de la spiritualité.
    Parmi les habitués, Jean-Louis Sève, professeur d’histoire-géo et conseiller municipal, participe depuis le début du Café-philo à Soissons. « C’est en parlant et en écoutant que je trouve ma propre pensée. »
L'Union

20/11/2012

Deux approches au Café-philo

Jean-Louis et Armelle Durand, deux Sarthois
en visite chez une amie de Soissons,
l’ont accompagnée au Café-philo.
L’animation d’une séance du Café-philo diffère selon l’animateur. Il peut n’intervenir que pour lancer et relancer le débat, gérer le micro, provoquer même les participants, qui restent maîtres de la parole. Ou il peut présenter plus longuement le thème, reprendre régulièrement la parole pour répondre, préciser, approfondir. Le premier facilite le débat, en présidant à des échanges parfois décousus ; le second entretient une ambiance plus pédagogique. Philippe Henry, professeur de philo à Saint-Quentin, a adopté cette démarche-ci pour la question « Le devoir de mémoire est-il incompatible avec l’histoire ? » Pour une fois, l’accord a été presque général : le devoir de mémoire contribuerait à une commémoration malsaine d’événements nationaux et habituellement polémiques, en contradiction avec une sereine étude du passé.
L'Union

02/10/2012

Le café-philo au café-philo

La neuvième saison du café-philo a démarré avec un regard implacable sur sa propre raison d’être : « Pourquoi le café-philo ? ». L’attrait d’un endroit où la parole sert à partager et confronter les pensées n’a pas été mis en cause : le débat concernait l’aspect proprement « philosophique » de l’exercice. Emmanuel Mousset, l’animateur, admet éviter les références et le vocabulaire spécialisés : « Je ne veux surtout pas qu’on me prenne ici pour ce que je suis, prof de philo. » D’autres s’expriment sur la valeur de l’échange qui a lieu : « Ca met en cause des préjugés » ; « Les autres font naître mes pensées » ; « C’est de l’éducation populaire ».
    Francis Legrand, comptable à mi-temps et avec une pension d’handicapé, venu avec une amie il y avait un an, a pris la parole pour la première fois, au nom de ceux qui… ne disent rien. Ecouter c’est aussi participer.
L'Union

20/06/2012

Sur le chemin de l’école

Colette Duval, professeur de
dessin et mathématiques à la retraite.
Inhabituellement, les participants au Café-philo ont été invités à déclarer un intérêt avant d'aborder la question du mois "Qu'apprend-on vraiment à l'école ?" Les enseignants se sont identifiés. Autre incidence de ce métier : Jean-Hugues Lenoir a remplacé l'animateur annoncé, appelé à corriger le bac à... Djibouti. 
    Cette appartenance s’est révélée significative : l’avis des professionnels, qui souhaiteraient ajuster ou modifier le système actuel, tranchait avec les idées plus radicales des autres.
    Colette Duval, retraitée après 44 ans comme professeur de dessin et de mathématiques au lycée Saint-Vincent, est revenue au Café-philo après sa première visite en mai. Commentant une différence entre l’instruction et l’éducation, elle insiste que celle-là inclut nécessairement celle-ci. « Même demander le silence dans une classe est une question d’éducation. »
L’Union

28/05/2012

Les différences excluent-elles au café-philo ?


Directeur financier à la retraite, Nguyen Van
Thu se rend au café-philo pour la première fois.

Ayant vu plusieurs fois l’affiche devant le Havana café, Nguyen Van Thu avait décidé de se rendre au café-philo. Il y prend le micro et la parole pour admettre que, s’il ne se sent pas exclu par les habitués, il n’est pas à l’aise, doit apprendre les habitudes. Il sent sa différence. Ce sont des propos personnels, mais qui contribuent précisément au débat sur la question « La différence engendre-t-elle forcément l’exclusion ? »
    Les échanges tournent autour de deux éléments. L’exclusion vient-elle d’un écart par rapport aux normes d’un groupe ou, au contraire, en se « normant » s’exclut-on de sa propre singularité ? Les différences mènent-elles à l’affrontement, ou enrichissent-elles la société ?
    Le propre du Café-philo est de permettre à chacun de s’exprimer dans sa singularité, sans tenter de produire ni conclusion ni consensus.
    Un des participants a répondu à Nguyen Van Thu : « Vous avez pu dire votre part de vérité ; or c’est la preuve que vous n’êtes pas exclu. »
L’Union

18/04/2012

Café-philo : la peine de mort… et pire


Elodie Cabeau-Richard.
Par plusieurs aspects, la séance du Café-philo sur la peine de mort a été différente des débats habituels. Animée par Elodie Cabeau-Richard de Noyon, elle a commencé par son exposé sur la position de Rousseau par rapport à la peine de mort, alors que le débat qui a suivi n’y a fait guère référence.
    Les habitués du Café-philo peuvent s’opposer, parfois vivement, mais ils partagent généralement les mêmes valeurs progressistes, et leur opposition à la peine de mort s’en est inspirée. Alors la soudaine proposition d’un autre participant, trouvant la mort une punition trop douce pour les méfaits graves, de la remplacer par une tétraplégie chirurgicalement induite a généré un malaise tenace. Un sujet qui touche de si près à la noirceur humaine peut ainsi soulever de telles réactions.
    Plus lumineusement, Emmanuel Mousset, qui a animé tant de débats à Soissons, mais qui assistait en tant que participant, a pu enfin, au lieu de gérer les avis des autres, exprimer les siens propres. Un exemple : les meilleures lois n’auraient jamais à être appliquées, car elles susciteraient, non pas des craintes, mais de l’admiration. Il rappelle aussi que la peine de mort n’est plus à l’ordre du jour d’aucun parti en France – ce qui ne l’exclut pas du domaine de l’examen philosophique !
L'Union 

01/03/2012

La philosophie du Sida

Le discours habituel sur le virus du Sida et sur la maladie elle-même insiste sur les dangers, les risques, les traitements, leurs effets secondaires. Ou bien il se lève contre l’intolérance et l’exclusion, parfois contre les manquements administratifs. Il crie, sermonne, conseille, menace, réclame, regrette.
La nouveauté du débat organisé au centre social de Presles en partenariat avec la Rencontre Citoy’Aisne était d’adopter une démarche philosophique, en tentant de replacer le Sida dans son contexte humain, social et médical. Emmanuel Mousset, philosophe venu de Saint Quentin, n’a pas son égal pour gérer de tels échanges, en faisant de chaque commentaire un tremplin pour aller plus loin. « Je n’apporte pas des réponses, mais d’autres questions » admet-t-il.
La Maison des préventions était bien représentée, un intervenant de l’association soissonnaise Soutiens-Sida était présent, et l’hôpital s’exprimait à travers un médecin du service des maladies infectieuses. Seul imprévu, mais de taille : les usagers, cible de la manifestation, manquaient à l’appel. L’intérêt pour le Vih/Sida n’est plus automatique chez les jeunes. Une perte de temps, alors ? Loin de cela, car le débat a permis à chacun de faire le point, de partager ses expériences, de s’informer. Une question importante, bien sûr : comment attirer le public ?
L’Union

24/01/2012

La philo dans la nature


« La nature est-elle…naturelle ? » : la question pour ce premier café-philo de l’année s’est avérée si vaste que les participants n’ont pu que débroussailler le terrain… naturel. Le débat s’est situé surtout autour de l’homme et la nature, dans la nature, contre la nature. La nature existe-t-elle en dehors de l’homme ? Serait-ce la nature, inaltérablement autre, qui servirait de tiers entre l’homme et le sacré ? Et la nature humaine dans tout cela ?
Parmi les « philosophiants » fidèles, Jean-François de la Monneraye de Septmonts, médecin en retraite. « J’ai toujours aimé la philo. Etudiant, j’étais déjà attiré par Ivan Illich et ses idées sur la convivialité. » Plus tard, Emmanuel Lévinas l’a influencé. Il s’est préoccupé de l’économie de santé, et il a élevé la justice en principe majeur. « En réalité, j’étais un médecin « antimédicaliste » avoue-t-il. Et la nature ? Il y voit avant tout un phénomène culturel dans l’esprit humain – et humaniste.
L'Union

14/12/2011

Le Café philo et la laïcité : un match amical

Les participants réfléchissent très fort à la laïcité.
Pour marquer la Journée nationale de la laïcité, Rencontre Citoy’Aisne a invité les francs-maçons soissonnais du Grand Orient à un débat, migrant vers dans la salle de musique de Villeneuve Saint-Germain pour contenir la cinquantaine de participants. Emmanuel Mousset a animé les échanges.
D’évidence, personne n’allait renier le principe de la séparation entre l’Eglise et l’Etat de 1905. Mais les nuances d’opinion sont multiples. Jusqu’où s’étend le domaine privé auquel est limitée la religion ? La liberté de conscience peut-elle être absolue ? La présence de fonctionnaires à une manifestation religieuse met-elle en péril la laïcité ? L’exigence de laïcité dissimule-t-elle actuellement l’hostilité à l’Islam ? Accessoirement, le déclin des églises laisserait seule « la religion du chiffre » pour satisfaire la soif de transcendance chez l’homme.
Derrière la parole se dessinent deux attitudes au débat. Les francs-maçons ont une démarche robuste, allant jusqu’à saisir le micro pour contrer telle opinion exprimée. Ils viseraient à placer le ballon au fond du filet de la vérité. Au Havana café, en revanche, la démarche ressemble davantage à une randonnée à travers la question du mois, chacun contribuant sa fleur au bouquet final. Cela explique peut-être que seuls trois des habitués du Café philo aient pris la parole.
L’Union

06/12/2011

Le café philo et la laïcité

Le Café philo de Soissons frappera un grand coup pour marquer la première « Journée nationale de la laïcité ». L’association Rencontre Citoy'Aisne, qui organise les débats mensuels au Havana Café, se reconnaît pleinement dans les valeurs laïques, et consacre sa réunion de décembre au sujet. Les controverses que suscite la laïcité dans la société française, allant jusqu’à des polémiques parfois acerbes, sont d’autant de raisons pour en discuter.
Exceptionnellement, « Le phare soissonnais », loge du Grand Orient de France, participera aux échanges. Ce partenariat reflète le partage des valeurs laïques avec les francs-maçons. Emmanuel Mousset, qui viendra de Saint-Quentin pour mener le débat, trouve personnellement que la franc-maçonnerie est « malmenée, caricaturée, parfois calomniée », et espère que la rencontre fera tomber les préjugés. Notons en passant qu’il vient de publier « Les saint-quentinois sont formidables » chez Michel Marcq, sur la vie politique, associative et culturelle de sa ville.
A cause de l’affluence attendue, ce café philo se déroulera à la Salle de musique, rue de l’Aude, Villeneuve-Saint-Germain, à 17h30 le samedi 10 décembre. 
L'Union

24/11/2011

La verité, toute la vérité !

Evelyne Wascat, institutrice et habituée.
Les philosophes de café écartent-ils le quotidien et les faits divers en engageant leurs échanges ? Pas nécessairement : le cas « DSK » a bien servi pour aborder la question « La vérité ou le mensonge, que choisir ? » Le nouveau film « L’ordre et la morale » a fourni d’autres exemples, comme sa dernière phrase, citée par un participant : « La vérité blesse, mais le mensonge tue. »
    Le débat s’est préoccupé, comme c’est souvent le cas, du sens des mots. La vérité objective doit être distinguée de la vérité subjective. Faut-il le vouloir pour mentir, ou un mensonge peut-il être prononcé sans le savoir ? Dire un mensonge pour se protéger, ou pour protéger un autre, est-ce équivalent ?
    Qu’est-ce qui attire chaque mois tant de participants au Café philo ? Un exemple : Evelyne Wascat, institutrice qui assiste aux débats depuis plusieurs années, y trouve un antidote à un monde « complètement dingue ».
    Un autre habitué, en rappelant la distance entre la réalité et les mots qui ne peuvent que la symboliser, conclut « Par le seul fait de vous parler, je mens. »
L'Union


19/09/2011

Le passé du Café philo


Avec le brin de provocation qui lui sied, le café philo a choisi pour sa rentrée, à l’occasion des Journées du Patrimoine, de se poser la question « Faut-il oublier le passé ? ». Emmanuel Mousset de Saint Quentin a animé les échanges, déclinant les questions, rebondissant sur les remarques, les renvoyant sous un nouvel angle.
Emmanuel Mousset en verve lance le débat.
Les habitués, et quelques nouvelles têtes bienvenues, ont fait circuler le micro lequel, pour assurer la cohérence, donne seul droit à la parole.
S’agit-il en fait du passé, ou de la mémoire que nous en gardons, teintée par les oublis, le tri qu’y fait le cerveau – heureusement ! – et les préoccupations du présent ? La mémoire est fluide, déclare un participant, alors que le passé est fixe. Le passé sert-il de fondation sur laquelle le présent est construit, ou l’encombre-t-il ? L’Alzheimer, oubli radical du passé ? Non, indique un autre orateur, c’est l’oubli du présent qui le caractérise si terriblement.
Le passé du café philo apporte la preuve que ce qui compte dans les débats est d’approfondir la question du mois, plutôt que de trouver une réponse qui fermerait la porte à la réflexion ultérieure de chacun.
(Inédit)

05/07/2011

Pique-nique philo


Les participants au dernier café Philo avant la rentrée se sont demandé si la vie a un sens. Question radicale pour ceux qu’on croit engagés à chercher un sens plutôt que de se demander s’il y en a. Mais la philosophie se prête à ces interrogations de fond.
Les débats sont menés par Emmanuel Mousset, secondé par Philippe Henry, professeur saint-quentinois de philo qui interviendra l’année prochaine. Chacun a son avis à donner, mais l’assistance se range majoritairement entre ceux qui voient un sens dans les engagements affectifs, professionnels, spirituels, politiques auxquels les gens adhèrent, et ceux qui se chargent de « donner du sens » aux actions et idées. « La vie n’a pas de sens, elle a une fonction » propose un autre participant.
La soirée s’est poursuivie au désormais traditionnel pique-nique à Crouy. Les chercheurs de sens y prouvent que la quête philosophique partagée, loin de les rendre solennels, nourrit la sociabilité.
L’Union







Le pique-nique traditionnel
qui finit l’année des chercheurs de sens.

26/05/2011

Les sujets qui scotchent

Deux sujets d’actualité scotchent les Français en ce moment. L’un a semblé pertinent à plusieurs participants au débat du Café philo sur la question « La violence est-elle une solution ? » Il s’agit, bien entendu, de l’enlèvement des panneaux indiquant les radars routiers. Pour les uns, cet acte de violence administrative expose les citoyens à l’injustice ; pour les autres, la violence serait dans les excès de vitesse. Enfin, c’est déclaré hors sujet. Emmanuel Mousset anime les échanges, qui dissèquent les formes de violence. La violence croît-elle, ou seulement la sensibilité envers la violence ? La colère, l’agressivité sont-elles une violence, ou doit-elle aller jusqu’à une atteinte brutale à l’intégrité de quelqu’un ? Un participant considère qu’alors que la violence ritualisée du totem fondait les sociétés, son individualisation actuelle les met en danger.

Jean-Hugues et Colette Lenoir,
responsables de Rencontre
Citoy’aisne à Soissons.

Comme toujours, une réponse passe-partout n’est pas acquise, ni même recherchée. Le débat jette un éclairage partagé sur un sujet. Le regard, l’écoute s’enrichissent, pendant et après le Café philo même.
L’Union