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12/04/2014

Conférence sur la lutte des Kabyles

A l’invitation de l’association franco-berbère « Tilleli », Ferhat Mehenni, chanteur, écrivain et président du gouvernement provisoire kabyle, donnera une conférence à Soissons samedi prochain,.
    Il abordera les événements du « Printemps berbère » de 1980 et du « Printemps noir » de 2001. Chaque fois il s’est agi de la lutte du peuple berbère d’Algérie contre l’arabisation implacable du pays, et pour la reconnaissance de la langue et de la culture de la minorité berbère.
    Depuis, le bilinguisme a fait des progrès officiels, et les Berbères n’ont plus à se fondre dans un sentiment national unique. Ferhat Mehenni pense qu’il faut aller plus loin. C’est une figure controversée, par sa campagne séparatiste kabyle, et à cause de ses contacts avec Israël, intéressé par la perspective d’une fragmentation des pays qui l’opposent. Son action n’est pas acceptée par toute la population berbère.
    Pour Farid Bouamara de Tilleli « ces sujets seront en second plan, voire une parenthèse ; nous parlerons surtout du printemps berbère de 1980 dont il est la mémoire, et des victimes de la répression ».
L'Union

01/03/2014

De l’hénothéisme à la monolâtrie

Pour la dernière conférence de la saison, l’association Bible en Soissonnais a fait revenir Michel Langlois, après le succès de sa première venue en octobre 2013. Le sujet, « Aux origines du monothéisme », a de nouveau attiré bien du monde au Mail.
Photo : Langlois
    L’origine du monothéisme, que l’on attribue communément à Abraham, est en fait difficile à préciser, les avis variant selon les découvertes et recherches d’archéologues et historiens.
Au début, les civilisations mésopotamiennes et égyptiennes ont plusieurs dieux avec des attributs différents. Puis l’un d’eux prend une position dominante. C’est l’hénothéisme. La monolâtrie advient quand chaque nation a un dieu protecteur qui n’exclut pas les autres.
    Pour la religion juive, Michael Langlois décrit l’évolution du dieu « YHVH », ou « Elohim » puis, au temps de Jésus, « Seigneur ». La découverte des manuscrits de Qumran, spécialité du conférencier, a amené des changements qui se poursuivent encore.
    Ce riche exposé a suscité des questions d’auditeurs. Plusieurs personnes peuvent exister dans un Dieu unique. Et qu’en est-il des personnages qui gravitent autour de ce Dieu unique ?
L'Union

12/02/2014

La Bible et le monothéisme

Le succès remporté en octobre dernier par le conférencier Michael Langlois devant les membres de « Bible en Soissonnais » justifie que l’association l’invite à donner une deuxième conférence à Soissons.
Photo M.Langlois
    Docteur ès sciences historiques et philologiques, maître de conférences à l’université de Strasbourg, archéologue, Michael Langlois traitera cette fois des origines du monothéisme. Le judaïsme, suivi par le christianisme et l’islam, est souvent considéré comme le berceau du monothéisme. Mais est-ce vraiment le cas ? Le monothéisme n’est-il pas apparu plus tôt ? A contrario, la Bible est-elle réellement monothéiste ? Que nous apprennent les plus anciens manuscrits ?
     La conférence examinera le monothéisme au Proche-Orient ancien, en introduisant des termes tels que « hénothéisme » ou « monolâtrie ». Il montrera l’évolution de cette perception au sein même de la Bible hébraïque, puis du judaïsme ancien, et même du Nouveau Testament, en abordant la question de la divinité du Christ en lien avec le monothéisme.
« Aux origines du monothéisme » à l’auditorium du Mail, jeudi 20 février à 20h30.
L'Union

09/12/2013

Fin de vie : les questions à se poser

« Monsieur, comment mourir ? » Cette question, posée à Tanguy Châtel, alors tout nouveau bénévole de Jalmalv, l’association d’accompagnement de personnes en fin de vie, l’avait laissé démuni. Elle l’a amené à une longue réflexion sur cette angoisse, distincte des souffrances physique, sociale et psychologique.
Après sa conférence, Tanguy Châtel
enchaîne des échanges individuels
avec ses auditeurs.
    Le fil conducteur de la conférence sur « la souffrance spirituelle », donnée à la Mutualité par ce sociologue et anthropologue, a été son cheminement personnel. Ainsi il a évité les généralités, a attaché chaque remarque à sa pratique de l’accompagnement.
    Comment répondre à ces interrogations déchirantes ? Pour Tanguy Châtel, il s’agit moins de trouver des mots que de rejoindre la personne au fond d’elle-même. N’étant pas abandonné, elle peut s’abandonner à la mort.
    L’accompagnant donne, mais reçoit autant, en ayant accès à « la dimension la plus fine de l’être humain ».
    Tanguy Châtel a conclu en définissant les deux questions essentielles qui se posent face à la mort : « Est-ce que j’ai été aimé ? Est-ce que j’ai vraiment aimé ? »
L'Union

01/12/2013

La recherche de sens en fin de vie

A l’invitation de Jalmalv en Soissonnais, association d’accompagnement de personnes gravement malades et en fin de vie, l’anthropologue et sociologue Tanguy Châtel donnera une conférence sur le sujet délicat de la souffrance spirituelle en fin de vie. Délicat car, si la souffrance physique est prise en compte par le corps médical, et les psychologues et bénévoles tentent d’agir sur la souffrance psychologique et sociale, la notion de spiritualité tend à se confondre avec des considérations religieuses. Dans un milieu où, en dehors des aumôneries hospitalières, la non confessionnalité est une nécessité, la fin de vie peut soulever pourtant des interrogations sur le sens de la vie et de la mort. De plus en plus de mourants ne sont pas en demande de réponses religieuses, et leur souffrance reste entière.
    Tanguy Châtel ose enfreindre ce tabou, en essayant de cerner la notion de  « spirituel », tel que le ressentent les personnes qui s’approchent de la mort. Il porte ainsi à l’universel des questions qui nous concernent tous. Comment les accompagnants Jalmalv ou autres peuvent ils gérer, pour les accompagnés comme pour eux-mêmes, de telles mises en question existentielles ?
    Sous le titre d’un livre dont il est l’auteur, « Vivants jusqu’à la mort, la souffrance spirituelle en fin de vie », ce diplômé en sciences sociales, spécialiste de la recherche sur les soins palliatifs et l’accompagnement, analyse en quoi la spiritualité se distingue de la religion, des croyances, de la philosophie, de la psychologie. Il tente de lui restituer sa place au cœur de chaque homme, dans une vision qui donne une perspective plus ambitieuse à la laïcité.
L'Union

29/11/2013

La laïcité : neutralité, liberté, égalité

Matthieu Arnera, de l’ Alliance biblique française, a abordé « La place de la Bible dans notre société laïque » devant les auditeurs de « Bible en Soissonnais ». Il s’agissait de faire le point avant la tenue à Soissons d’une exposition sur la Bible au printemps prochain.
                                                        Photos : Bible en Soissonnais
En définissant les trois principes de la laïcité : neutralité, liberté, égalité, le conférencier raconte le long passé de la laïcité en France, ses conflits, des avancées spectaculaires suivies de reculs douloureux, depuis l’édit de Nantes en 1598 jusqu’à la charte de la laïcité en 2013. Pour lui, ce long mûrissement évolue toujours davantage vers le respect des trois principes de base. Il voit la laïcité comme une sorte d’éthique entre théologie et politique.
Matthieu Arnera se tourne vers la Bible, et ses passages d’esprit comparable à la laïcité, surtout la célèbre réponse de Jésus à la question de savoir s’il fallait payer l’impôt romain: « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
L'Union

20/11/2013

Le biblique et le laïque : un sujet à clarifier

Matthieu Arnera       Photo Arnera
Pour l’association « Bible en Soissonnais » la Bible, au-delà de sa fonction liturgique pour les Chrétiens, appartient au patrimoine de l’humanité. Chacun peut apprécier ses qualités littéraires et, comme celui qui est ému devant une cathédrale, sans avoir à partager la foi de ceux qui l’ont construite, admirer un des sommets de la pensée et l’esprit humains, sans y adhérer.
    Son rôle religieux tend pourtant à prédominer dans l’opinion publique. Avant d’organiser une exposition au printemps 2014, l’association a décidé d’aborder de front la relation entre la Bible et la laïcité. Pour
clarifier le sujet, elle a fait appel à Matthieu Arnera, chef de projet à l’Alliance Biblique Française. Il donnera la deuxième conférence du cycle 2013-2014, « La place de la Bible dans notre société laïque »".
    Pour lui, la laïcité vaut neutralité de l'État et liberté des croyants. La Bible est un ouvrage de foi, mais Matthieu Arnera veut ménager des positions opposées : « On peut adopter un langage compris et accepté de tous tant que l'on doit faire la différence entre savoir et convictions. »
L'Union

30/10/2013

La Bible avant la Bible.

Photo M. Langlois
Le jeune et érudit universitaire Michael Langlois a inauguré le cycle de conférences de l’association Bible en Soissonnais, en abordant « La Bible au risque de l’archéologie » devant de nombreux auditeurs au Mail.
    Il a évoqué quatre découvertes archéologiques capitales depuis 1868. La stèle d’Hammourabi, roi de Mésopotamie, qui date du 18e siècle avant notre ère, contient un code de lois ayant bien des points en commun avec celles du Pentateuque. La stèle de Mesha, du 9e siècle avant J-C, a également des similitudes aux premiers écrits bibliques.
    L’intérêt d’un fragment de la stèle de Tel Dan, de la même époque, est sa référence à « la Maison de David », justifiant l’existence de ce personnage essentiel de l’histoire juive. Enfin, les « manuscrits de la mer Morte », écrits entre le 3e siècle avant et le 1er après Jésus-Christ, et découverts il y a 60 ans, sont les plus anciennes versions de certains livres qui permettent des rapprochements avec les origines de la Bible, et ainsi de comprendre le processus de sa rédaction.
L'Union

24/10/2013

La Bible archéologique

Photo Langlois
L’association Bible en Soissonnais a décidé de renouveler l’organisation de ses cycles annuels de conférences. Après les deux longues séries sur la Bible et l’histoire, puis la Bible et l’art, elle entend se limiter à quelques conférences sur des sujets aptes à attirer un plus large public.
    Le conférencier choisi pour inaugurer cette nouvelle démarche est Michael Langlois, docteur ès sciences historiques et philologiques, maître de conférences à l’université de Strasbourg, archéologue, spécialiste des manuscrits de la mer Morte, et dont les qualités de conférencier sont reconnues. Son approche est expliquée sur son site.
    A Soissons, il parlera de « la Bible au risque de l’archéologie ». Il s’agit de savoir à quel point les vestiges archéologiques infirment ou confirment les récits bibliques. La découverte des manuscrits à Qumran a révélé la diversité des sources. Cependant, pour Michael Langlois, rien de ce qui a été trouvé ne remet en cause les croyances fondamentales.
L'Union

07/04/2013

Il était une fois le français

Jocelyne Morgenthaler avec son assistant
audio-visuel François Sicard, directeur du CDPP.
Aux étudiants de l’Université du temps libre au Mail, Jocelyne Morgenthaler a raconté une histoire, non pas d’un personnage, mais de leur propre langue.
    Son conte fait émerger le français des temps reculés, en suivant son développement à partir de l’Indo-européen. Ce mystérieux aïeul, qui serait né dans les steppes de la Russie du sud, a procréé une vaste famille de langues, s’étendant de l’Islande au Sri Lanka. Il a disparu mais, comme un ancêtre dont on imaginerait les traits à partir des nez, yeux et oreilles de ses descendants, peut en partie être reconstitué.
    Le français appartient au groupe roman de ces descendants, venant, au regret de certains, non pas de la langue classique, mais de l’idiome vulgaire de la rue.
    L’orthographe établie sous Louis IX tente de concilier les nombreux homonymes en se référant au latin : « saint » modelé sur « sanctus », se distingue ainsi de « sain », modelé sur « sanus ».
    Le français atteint son apogée au 18e siècle, devient la langue des cours d’Europe et de la diplomatie internationale, pour sa clarté et sa culture, puis perd lentement sa prééminence devant les assauts de l’Anglais impérial, commercial.
    Jocelyne Morgenthaler, en maniant l’humour, la malice, l’énervement, mais fondés sur de solides connaissances et recherches, est une brillante conférencière. Plus que cela, elle fait briller les yeux de ses auditeurs, certes en glissant dans un mode populiste pour dénoncer les déformations et maladresses du français d’aujourd’hui. Mais son amour de la langue, même ainsi dépité, reste fervent.
L'Union

18/12/2012

Le contexte d’un engagement

Les auteurs Karen Foster et Monique Judas ont pris la parole au Mail au sujet de leur livre « Au secours des enfants du Soissonnais » (voir l’Union du 13 décembre). La conférence a été organisée par la Société historique, heureuse d’encourager de tels projets de recherche dans le domaine de la vie civile après 1918, si pauvrement documenté. Les cinquante-sept lettres envoyées du Soissonnais par l’infirmière volontaire américaine Mary Breckinridge, retrouvées par Karen Foster et traduites en français par Monique Judas, racontent sa vie et ses expériences, avec précision et humour.
Les auteurs signent leur livre.
     L’événement aide à placer son engagement dans le contexte de sa vie. Après la mort en 1918 de son fils – à quatre ans, âge aussi de la Guerre – elle a voulu aider d’autres enfants. Le féminisme a joué aussi : toutes ces volontaires américaines trouvaient ainsi l’occasion de quitter un milieu aisé et déployer leur force dans des circonstances inconfortables et difficiles. Le lien affectif entre la France et l’Amérique était une autre motivation. En arrivant a Paris le général Pershing, raconte Karen Foster, est allé devant la tombe de Lafayette pour dire    « Nous voilà ! ».
L'Union

12/12/2012

André Comte-Sponville : Un public plus intelligent

La salle était pleine pour la conférence du philosophe André Comte-Sponville sur « La spiritualité sans dieu », organisé par les francs-maçons du Grand Orient pour marquer la Journée nationale de la laïcité.
Il y a des conférenciers qui vous frappent par leur intelligence, leur capacité à clarifier les choses, leur sens de l’humour. D’autres, plus rares, comme André Comte-Sponville, arrivent à rendre l’auditoire plus intelligent.
    Il parle en universitaire, annonçant la structure de ses remarques, s’y tenant, et la résumant pour finir. Le sujet complexe de l’athéisme en devient simple. Il classe les arguments pour l’existence de Dieu (faibles, trouve-t-il) et contre (forts, trouve-t-il). Il se déclare athée, car pour lui l’agnostique coche mollement la case « Sans opinion » à la question de l’existence de Dieu. De toute façon, seuls les imbéciles prétendent « savoir »
    En évacuant la religion, il insiste sur l’immanence de la spiritualité. Les athées n’ont pas moins d’esprit que les croyants. Pourquoi seraient-ils alors moins aptes à une vie spirituelle ? Ils peuvent s’émerveiller autant du mystère éternel de l’existence, d’instants si intenses que le passé et l’avenir s’effacent. « C’est cela, l’éternité. »
    Ce n’est pas vrai, bien sûr, que l’auditeur sorte plus intelligent qu’il n’était entré. Simplement, Comte-Sponville éveille sa compréhension, aiguise sa capacité de réflexion, l’engage à vivre intelligemment sa propre spiritualité, avec ou sans Dieu.
L'Union

24/11/2012

Les vivants pour les vivants

Alain de Broca avec Evelyne Huber, présidente
 de Jalmalv en Soissonnais, après sa conférence sur le deuil.
« Le deuil, c’est l’affaire des vivants pour les vivants. » C’est ainsi qu’Alain de Broca résume le sens de la conférence qu’il vient de donner devant une salle pleine, à l’invitation de l’association Jalmalv. Pour lui, l’essentiel, après la mort d’un proche, est de ne pas faire face seul à l’épreuve du deuil. Etre accompagné, écouté, accepté, c’est essentiel. L’accompagnant n’a pas de conseils à donner : sa présence attentive est ce qui compte. « Nos meilleures consultations sont celles où on ne dit rien, on écoute. »
    Alain de Broca est neuropédiatre et philosophe. Il s’occupe de soins palliatifs pour les enfants en phase terminale au CHU d’Amiens ; mais loin d’être solennel pour parler du deuil, son ton est animé, presque farceur.
    Devant le drame qu’est la mort d’un proche, adulte ou enfant, pour ceux qui restent en vie, l’important est de leur éviter l’isolement. Les accompagnants, comme ceux de Jalmalv, doivent accompagner non pas le processus de deuil, mais la personne endeuillée. Ils maintiennent la vie, dans l’ombre de la mort.
L'Union

23/11/2012

Un écho d’Edward Hopper

Critique et peintre Isabelle Bonzom.
Dans les tableaux d’Edward Hopper, les rues, carrefours et maisons, et les gens qui s’y trouvent, semblent attendre un signe pour entrer en action. Quel signe ? Ne serait-ce pas le cri « Moteur ! Action ! » ? Mais comme il ne vient pas, le spectateur reste lui aussi dans une attente sans résolution. Les images de Hopper lui collent alors aux yeux et dans la mémoire.
    La grande exposition actuelle des œuvres du peintre américain a trouvé un écho dans la salle Saint-Charles de Soissons. La critique et artiste Isabelle Bonzom, venue à l’invitation de l’association de sauvegarde de la chapelle, l’AVF et la Ville de Soissons, y a donné une conférence sur « La modernité d’Edward Hopper ».
    Elle replace ce peintre, souvent vu comme marginal, dans le mouvement moderne, le situant par rapport à Matisse et Degas, rappelant ses périodes en France.
    L’aspect le plus éclairant est cependant son regard intense sur plusieurs tableaux, leur cadrage, la composition, les couleurs criardes ou blafardes, l’absence de « sujet », les personnages enfermés dans leur mélancolie. En attente, mais de rien.
L'Union

25/01/2012

Puységur : une étincelle de liberté

Dans son roman historique « L’arbre magique », le philosophe et écrivain allemand Peter Sloterdijk situe le début de la psychologie humaniste moderne, rien de moins, à Buzancy, village au sud de Soissons, juste avant la Révolution.
    Devant l’auditorium du Mail bien rempli, l’historien Jean-Pierre Peter, invité par la Société archéologique et historique de Soissons, a exposé l’histoire de la famille de Puységur, dont le château était à Buzancy.
    Elève de Mesmer, qui prônait la guérison des malades en rééquilibrant leur « magnétisme animal », le Marquis de Puységur a mis en œuvre ses méthodes au village. Il magnétisait notamment un arbre sur la place, à l’usage de la population. C’est en découvrant le « somnambulisme magnétique », qu’on appellerait maintenant l’hypnose, qu’il a pris ses distances par rapport au mesmérisme, en reconnaissant que chaque patient possédait en lui-même la force de se guérir, pouvait être son propre médecin.
    Avec une élégance posée, Jean-Pierre Peter a placé chaque élément dans le contexte historique qui éclaire les actions individuelles. Pour lui, Puységur a eu la perception révolutionnaire que, même dans une société hiérarchique, chaque individu possède en lui « l’étincelle de liberté » qui le met à égalité avec les plus puissants. Or cette conclusion philosophique correspond à la démarche psychothérapeutique moderne : nourrir la force par laquelle chacun peut se libérer de sa prison personnelle.
L'Union

29/11/2011

Une journée pour Clovis



L’idée de départ était que Denis Defente, conservateur départemental des musées de l’Aisne et auteur d’un livre sur Saint-Médard, accompagnerait la vingtaine supposée d’intéressés sur le site, pour marquer le début du 1500e anniversaire de la mort de Clovis. Mais les inscriptions ont dû être arrêtées à plus de 200 ! Des guides-conférenciers ont été appelés pour pouvoir faire plusieurs groupes.
Denis Defente
    Denis Defente a d’abord parcouru l’histoire pour tout le monde, rendant si présentes les ères mérovingienne et carolingienne qu’il était surprenant d’entendre tant de dates à seulement trois chiffres.
    La visite des lieux a surtout fait s’élever dans l’imagination des groupes les vastes constructions qu’à connues le site, dont la grande basilique, deux autres églises et le cloître plus grand que celui de St-Jean-des-Vignes.
    Le froid pénétrant n’aura rendu que plus accueillants le déjeuner, la conférence et le film qui devaient suivre à l’hôtel des Francs bien nommé.
L'Union

25/01/2011

Des sciences et des hommes

« La science peut-elle tout ? » Emmanuel Mousset, animateur du Café philo, rappelle qu’en dehors du cadre philosophique la réponse est simple : non. Mais les traqueurs au Havana café doivent d’abord définir « la science », ses frontières floues avec la technologie, en n’oubliant pas les sciences humaines. Puis « tout » : c’est quoi, enfin ? L’exercice n’a rien de prétentieux : prendre le temps d’examiner le sens des mots.
De plus en plus de monde au Café-philo.
Le débat s’engage sur la science, ses victoires, sa portée, la science dévoyée par les Nazis et les soviétiques, la responsabilité des scientifiques, le financement. L’accord est acquis sur la nécessité pour les sciences d’être centrées sur l’être humain, qui les transcende : la science ne peut pas dire « ce qu’est un homme ».
La réunion mensuelle attire de plus en plus de monde. Stéphanie Romeu par exemple, venue pour la première fois, apprécie cet « espace de parole publique », sans aller encore jusqu’à prendre la parole. En effet, quelques discours très développés peuvent impressionner ; mais la parole de chacun est respectée, c’est le propre de la philosophie.
L’Union

14/10/2010

La Bible et les arts

Pour Michel Deharvengt, président de « Bible en Soissonnais », la Bible, au-delà de sa fonction spirituelle dans le judaïsme et le christianisme, fait partie du patrimoine historique et culturel de toute l’humanité. L’association s’est toujours préoccupée de ces aspects.
Pendant neuf ans, elle a étudié les relations entre la Bible et l’histoire. Cette année, ses conférences aborderont le rayonnement artistique de la Bible, sur des thèmes à développer ensuite.
La première conférence examinera la question fondamentale de l’interdit biblique de la représentation de Dieu. Les deux suivantes traiteront de l’art religieux dans l’église orthodoxe orientale et la chrétienté médiéval occidentale. La musique sera abordée par le biais des psaumes, et l’architecture par le temple de Jérusalem. Pour finir, les œuvres inspirées par le personnage de Jonas seront évoquées.
L’Union

30/01/2009

Sol en Si à Soissons

Le Vih/Sida fait moins les gros titres de l’actualité, mais il continue à ravager des vies. Jacqueline Dhieux, de « Solidarité Enfants Sida », a présenté aux élèves infirmières et infirmiers de IFSI les réponses de cette association parisienne et lyonnaise à la menace.
Comme son nom l’indique, « Sol en si » se préoccupe du sort des enfants, atteints eux-mêmes par le virus ou malades, soit avec des parents séropositifs. C’est toujours la famille toute entière qui est prise en compte.
Avec une vingtaine de salariés et deux cents volontaires – dont Jacqueline Dhieux – Sol en si est une association importante, par rapport à une petite entité locale comme Soutiens-Sida – qui a pu faire des dons à Sol en si sur des fonds collectés.
Jacqueline Dhieux décrit les différentes actions, en les illustrant chaque fois par des exemples vécus.
L’accompagnement régulier des familles est une priorité. Un grand nombre sont d’origine africaine, et leur milieu impose le silence - d’où la valeur de l’écoute par les accompagnants. Un père à qui elle demandait s’il ne pouvait pas se confier à son beau-frère répond « Jamais ! Si quelqu’un de la famille le sait, on est grillés ! »
Les réunions et les crèches offrent un répit dans un quotidien souvent ardu. « Bien manger est important pour les malades. Mais quand l’argent manque ? »
Il y a le parrainage. Jacqueline a ainsi accompagné plusieurs jeunes, expérience enrichissante des deux côtés. Ainsi, un jeune révolté a pu retrouver son équilibre dans ce tête-à-tête durable. D’autres volontaires reçoivent des enfants et des familles en vacances.
L’approche de Jacqueline Dhieux, simple, directe, évitant les abstractions, fait vivre son association devant l’auditoire.
L’Union

26/11/2008

Une grande œuvre littéraire

Dans sa seconde conférence pour « Bible en Soissonnais », Yves-Marie Blanchard a abordé l’évangile selon Saint Jean. Les études bibliques consistent généralement à examiner quelques versets pour en tirer des leçons théologiques et morales, mais ce conférencier s’adresse au texte dans sa globalité, en élargissant sa portée au-delà des préoccupations exclusivement chrétiennes. L’approche correspond aux intentions de l’association, pour laquelle la Bible est un trésor historique et culturel de l’humanité, plutôt qu’un accessoire du culte.
      Il dégage la structure de cet évangile, en faisant remarquer que c’est la simplicité même des images d’eau, de puits, de lumière qui fait résonner leur sens profond et universel.
En enjoignant ses auditeurs à lire Saint Jean comme « une grande œuvre littéraire » dont chaque chapitre regorge de rebondissements, le théologien oublie-t-il son métier ? Loin de cela, il met en parallèle les qualités spirituelles et artistiques de l’évangile, comme d’autres objets d’art : « Toute expérience esthétique est une expérience spirituelle. »
Il reste une dernière occasion d’apprécier l’éloquence et la démarche séduisante de ce conférencier, lorsqu’il parlera de l’Apocalypse, dernier texte « johannique ». Déjà, bien des auditeurs se seront probablement remis à l’évangile de Saint Jean, les idées fécondées et secouées par Yves-Marie Blanchard.
L’Union