24/09/2014

Marche pour le climat


Les Soissonnais ont prouvé leur engagement pour les objectifs du Sommet de l’Onu sur le climat à New York en organisant dimanche une « marche pour le climat » en centre ville. Ils s’attachaient ainsi aux milliers de manifestations semblables à travers le monde, gigantesque effort citoyen d’influencer ceux qui décideront du sort de la planète.
L'Union

26/08/2014

Orgues d’été : troisième et dernier concert

Jean-Philippe Merckaert avant son concert.
« Mettre en valeur les différentes couleurs de l’instrument » : pour Vincent Dupont, président des Amis des orgues de Soissons, c’est le sens du concert de Jean-Philippe Merckaert à la cathédrale. Le jeune organiste admet avoir adapté son programme à l’orgue néo-classique, en choisissant Franck, Vierne, Jongen et Dupré. « J’ai joué pour un office ici il y a dix ans, en faisant un remplacement, sinon c’est ma première fois. L’instrument est admirable et l’acoustique magnifique. »
    Originaire de Mons en Belgique, Jean-Philippe Merckaert a naturellement inclus deux compositeurs belges : « Franck et Jongen, tous deux de Liège. ».     Il vit au Japon avec son épouse japonaise, organiste comme lui, et ils passent l’été en Europe. Il a été accompagné à Soissons par Jean Defrêche, son premier professeur au conservatoire de Mons, qui a même accepté de monter à la tribune d’orgue et tourner les pages pour son élève. Une amie est venue aussi pour aider avec les registres, surtout dans la « Symphonie-Passion » de Dupré, « particulièrement ardue » expliquait-elle.
Avec son premier professeur
montois, Jean Defrêche, après le concert.
    Pour commencer, son interprétation de la « Fantaisie en la majeur » de César Franck était une grande leçon de clarté et de sensibilité, confirmée par la suite. « Cathédrales » de Louis Vierne, évoquant la grandeur de l’architecture gothique, résonnait parfaitement parmi les piliers de pierre de Soissons. Après deux pièces de Joseph Jongen, les quatre mouvements de la symphonie de Marcel Dupré, allant de l’attente du Sauveur jusqu’à la Résurrection, auguraient en fait de l’année liturgique entière qui s’écoulera avant le prochain cycle de concerts d’été.
L'Union

23/08/2014

Le convoi des Lyonnais

Trois grands bateaux à moteur sont amarrés en file indienne à la halte fluviale de Soissons. Sur le dernier flotte un drapeau néerlandais. A l’habituelle question la femme qui écrit à une petite table sur le pont arrière répond « Oui, je parle français. » Sans accent aucun. « Je suis française. » Son mari alors ? « Nous sommes tous deux français, mais le bateau est immatriculé aux Pays-Bas. » Il faut donc le récupérer pour chaque voyage ? « Non, il est à Lyon, où nous habitons. » Son mari la rejoint. « Nous l’avons acheté en Italie. Il fallait changer d’immatriculation, et nous avons choisi les Pays-Bas, pour sa réglementation plus souple. » Il rit. « Notre petit-fils m’a demandé « Pourquoi tu as mis le drapeau à l’envers ? »
    Chantal et Daniel Nervi ont longtemps loué des bateaux, pour explorer la Corse, les Antilles. Enfin ils ont acheté celui-ci « qui était en ruine, et que Daniel a remis en état ». Depuis, ils ont parcouru le Sud de la France. Cette année, avec les amis qui occupent les deux autres bateaux, ils ont décidé de visiter le Nord pour la première fois. Se donnent-ils rendez-vous chaque soir ? « Non, nous voyageons ensemble, en convoi » explique Chantal. « Nous dînons parfois ensemble– hier à Vic j’avais envie de faire la cuisine pour tout le monde – mais nous nous retrouvons toujours pour l’apéritif. »
    A part les averses répétées, le voyage est un succès. Chantal dit son étonnement de trouver tant de cathédrales, en attendant de visiter celle de Soissons.
    Chercheuse en biologie et ingénieur dans l’électromécanique, ils sont à la retraite. Comment se partagent-ils les tâches ? Pour Chantal « lui est maître à bord. » Daniel admet que « quelqu’un sur un bateau doit avoir le dernier mot ». Chantal est alors l’équipage ? « Oui » soupire Daniel « et ça râle parfois. »
    Ils aiment le folklore de la marine. « Le mot « lapin » ne doit jamais être prononcé à bord, souvenir du temps où les lapins embarqués comme nourriture sur les galions rongeaient les cordes, laissant le cargo se déplacer dangereusement. Il faut dire « l’animal aux grands oreilles », ou bien faire comme ça » : Daniel agite deux doigts de chaque côté de sa tête.
    Chantal écrit ses impressions de voyage chaque jour. Une revue de plaisanciers a déjà publié deux de ses articles. Alors, quelles sont les satisfactions de la plaisance ? Le changement constant, la lenteur, les paysages qui passent, que Chantal résume ainsi : « Le plaisir d’avancer. »
L'Union

09/08/2014

Trois hommes pressés

Koen Boxstaens, à gauche, Olivier Ongenae
et Jasper Antonissen à la séance de photo.
Devant la superette, trois jeunes cyclistes, habillés en lycra et casqués, passent tour à tour dans le magasin pour acheter des sandwiches, en veillant sur de superbes vélos dignes du Tour de France. Ils parlent en néerlandais, avec un fort accent flamand.
    Les échanges avec des touristes à Soissons dépassent souvent le strict nécessaire d’un entretien, débouchant sur un tas de sujets. Ils sont en vacances, c’est l’été, ils parlent à quelqu’un du pays, posent eux-mêmes des questions. Ils ont le temps. Rien de tel avec ces cyclistes. Ils sont très aimables, mais très pressés. « Nous devons être à Paris ce soir » explique Koen Boxstaens. Ils acceptent cependant de se raconter entre les courses, et en mangeant.
    « Nous avons quitté Anvers il y a trois jours » poursuit Koen, qui y est prof de sports. Olivier Ongenae est étudiant en commerce, et Jasper Antonissen gère une station de lavage d’autos. « Nous avons fait 450 kilomètres jusqu’ici. » Tant que ça entre Anvers et Soissons ? C’est qu’ils ne roulent pas la tête dans le guidon, inconscients de tout sauf du besoin d’avaler la route. « Nous avons pris les belles routes » rappelle Koen, un peu porte-parole du trio. D’après leur description, ils ont dû donc arriver par la route sinueuse et accidentée à partir de Noyon, mais ne savent pas la définir avec précision.
    Chez eux, ils forment une équipe pour participer à des courses de vélo. Ils ont la relation taquine et complice d’hommes relevant ensemble un défi qui n’implique aucune concurrence entre eux, mais un but partagé : les Champs Elysées à Paris, pour assister à la fin du Tour de France.
    Que verront-ils de Soissons ? « Rien, nous n’avons pas le temps ! » Ils acceptent d’aller jusqu’à la place de l’Hôtel de ville, pour une photo devant les parterres fleuris. Toujours aimables, mais de plus en plus pressés de finir leurs sandwiches, boire une rasade d’eau et prendre la route de Paris.
    La photo prise, ils vont se remettre en selle, quand des passants les abordent, les questionnent, poussent des oh ! et des ah ! en entendant parler d’Anvers. Voilà des visiteurs d’été qui, même taraudés par le temps, auront gardé une bonne impression de Soissons et des Soissonnais. Et ils vont être dans le journal !
L'Union

05/08/2014

Orgues d’été : un Allemand à a cathédrale

L'organiste avec Michel Deharvengt, ancient président
des Amis des orgues, et Jean-Pierre Vincent, secrétaire.
Don Vincent Clavery, curé de la cathédrale, a traité de « providentiel » le fait que « cent ans exactement après le début de a guerre mondiale, ce soit un Allemand qui donne un concert ici. » En effet, Ansgar Wallenhorst est revenu, huit ans après son premier passage, avec un programme adapté aux orgues de Soissons : Bach, Vierne, Liszt et, pour finir, sa propre improvisation sur un thème que lui avait suggéré Vincent Dubois, titulaire des orgues.
    Parmi les richesses du récital, « Feux follets » de Louis Vierne a rempli la cathédrale de sons aussi insaisissables que le phénomène du titre, faisant courir les oreilles du public.
    Parlant d’Ansgar Wallenhorst après le concert, l’organiste soissonnaise Marguerite Ferté n’avait que des compliments, surtout pour son interprétation de la transcription par Bach d’un concerto de Vivaldi « sans les flons-flons », disait-elle. « Quand le maître rencontre l’instrument, voilà le résultat ! »
L'Union

Ansgar Wallenhorst après son concert à la cathédrale.


01/08/2014

Orgues d’été : la suite

Ansgar Wallenhorst en 2006.

Ansgar Wallenhorst, Kantor des orgues et maître de chapelle à Ratingen en Allemagne, viendra donner le second concert d’été, organisé par les Amis des orgues de Soissons. Plutôt, il reviendra, car il a déjà joué sur le célèbre orgue Gonzalez de la cathédrale en juillet 2006. 
    L’organiste adaptera son programme à l’instrument « néo-classique », reconstruit après la guerre, entre orgue de concert et orgue symphonique. Spécialiste de l’improvisation, il jouera aussi une des transcriptions de Vivaldi par J-C Bach, et des œuvres de Liszt et Vierne.
L'Union


28/07/2014

François et Monique Morasso et la culture japonaise

Monique et François Morasso sur l’« Amaserasu »
avec Christalle, chien de bord de 14 ans.
Au milieu de tous les estivants, il faut bien que quelque chose, un sourire affable ou une plaque d’immatriculation étrangère, mène a engager la conversation. Sur l’« Amaterasu » amarré à la halte fluviale, ce sont deux petits drapeaux plantés à l’avant, différents mais chacun avec un soleil, qui ouvrent la voie. « L’un est le drapeau maritime japonais, l’autre le drapeau national du Taïwan » répond l’homme assis sur le pont avec un ami. Ni l’un ni l’autre ne sont asiatique. Alors pourquoi ? « Je suis sensible à la culture japonaise, c’est tout. »
    François Morasso et sa femme Monique sont à Soissons pour la première fois. C’est la destination d’un voyage en compagnie d’un couple dont ils sont voisins au port d’attache dans la région parisienne. « Nous voyageons en convoi. » C’est ce voisin, Alain, qui est avec lui, et leurs épouses reviennent des courses. Le café est servi, et la conversation démarre.
    Avant de prendre leur retraite, François travaillait chez Renault à Billancourt, et Monique était gestionnaire-comptable de l’Education nationale.
    D’où vient l’amour du Japon ? Le bateau porte le nom de la déesse japonaise du soleil, que François a incisé en caractères japonais sur le seuil. Il s’explique : « J’ai commencé par le karaté. Puis dans les années 70 j’ai appris par la lecture le code d’honneur des samouraïs. »
    Un séjour de quinze jours au pays a confirmé cette admiration. « Ils respectent leur propre culture, au sens large du terme. » François comprend même les kamikazes, pilotes suicidaires de la fin de la Guerre : « Ils se sacrifiaient pour le Japon. »
    Il reste le drapeau taïwanais. « Nous y avons adopté une enfant âgée de six mois, qui a maintenant 24 ans et s’appelle « Liu-fuei .» Monique prend la parole : « Nous avons voulu garder le nom donné par l’orphelinat qui veut dire « saule et brume ». L’adoption a-t-elle été compliquée ? « Ca a pris cinq ans » répond François, « dont la moitié pour les formalités et contrôles en France, le reste au Japon. »
    A les entendre, il est évident que ce simple échange pour les besoins de notre rubrique a touché à un sujet intime, source de bonheur.

      Et Soissons dans tout cela....
  • Pour Monique « La cathédrale est magnifique. » Elle a remarqué l'absence d'un des vitraux du chœur, un blanc comme une dent qui manque.
  • Seule réticence : l'état des postes d'amarrage, l'obligation d'avoir leur propre piquet pour s'amarrer, les bornes vandalisées. « Pourquoi ne pas utiliser une carte, au lieu de pièces qui attirent les voleurs ? » Le forfait pour une heure n'est pas commode : « Si l'on n'a besoin d'un demi-plein d'eau ?»

L'Union

21/07/2014

Un bateau de mer passe par l’Aisne

La plupart des embarcations amarrées le long de l’Aisne sont conçues pour la navigation intérieure. Mais le « Erin », plus arrondi, jaune avec un plat-bord noir autour, et deux mâts arrimés sur le pont, ne s’y est arrêté qu’en route pour la haute mer, c’est évident.
    « C’est un lougre » explique Paul Greenwood, « petit bateau de pêche de treize mètres. Il a cent dix ans et a travaillé comme sardinier jusqu’en 1976. »
   Paul et sa femme Maggie se prêtent au jeu de l’entretien, sociables comme des navigateurs, friands de rencontres à chaque escale. Ils viennent du port de Looe aux Cornouailles anglaises, ce pied qui démarque Manche et Océan. Maggie indique leur drapeau, croix blanche sur fond noir. « Les Cornouaillais ont été reconnus « minorité nationale » par l’UE, et nous avons notre drapeau, la croix de Saint Piran. »
    Ils feront remonter les mâts à Honfleur et partiront en mer. Sur un lougre, un coin de la voile « aurique » - le mot fait penser à une oreille – dépasse le mât, lui conférant son aspect particulier.
Paul et Maggie Greenwood montrent le drapeau de Saint Piran.
    Ils trouvent Soissons agréable, tout en regrettant le délabrement de l’embarcadère « comparé à Sillery dans la Marne ». Ils notent « tous les magasins vides », et sont frappés par « des trous d’impact de balles sur tant de bâtiments. »
    Greenwood n’est pas un nom du pays. « Mon grand-père y est venu vers 1920. » Maggie, née en Irlande, avait un magasin à Looe. Un second mariage pour chacun, et voilà un équipage !
    « J’ai travaillé sur un sardinier à seize ans et jusqu’en 1990 » raconte Paul. Puis ils se sont recyclés dans le charter touristique. Un travail aussi dur que la pêche ? » Paul rit. « C’était être en vacances tout en étant payés ! » Ils ont eu un bateau plus grand, mais ont repris le « Erin » en partant à la retraite.
    Paul est président de l’association de lougres cornouaillais, qui tient une régate biennale, et a écrit deux livres sur la vie à bord. Le lougre est certes un bateau modeste, mais sa résonance maritime et historique est bien maintenue.
L'Union

16/07/2014

Les orgues d’été : premier concert

Claude Schnitzler à gauche, avec Vincent Dupont.
Dimanche c’était le premier des trois concerts d’orgue de l’été, et aussi la première fois que l’organiste Claude Schnitzler avait joué sur l’instrument de la cathédrale. Il était venu la veille pour en prendre connaissance, mais admet qu’il « faut plus d’un jour pour s’y habituer ». Il le trouve « un bel exemple de la facture d’orgue des années cinquante » mais posant un défi aux organistes par sa complexité. L’orgue lui a même joué un tour à la fin du Choral de César Franck : « Une combinaison est soudain partie de travers ! » Peu d’auditeurs s’en seront aperçus, mais Vincent Dupont, nouveau président des Amis des orgues de Soissons et organiste lui-même, notait que « pour celui qui le connaît bien, il manquait une petite chose à la fin ». Voilà un échange entre experts.
    Claude Schnitzler est devenu titulaire des orgues de Strasbourg à vingt-deux ans en 1971, mais il a eu surtout une longue carrière de chef d’orchestre en France et à l’étranger, dirigeant surtout dans l’opéra et l’opérette.
    Aux orgues de Soissons, son programme a été très large : Bach, Mozart, Franck, Vierne et Jehan Alain, dont « Litanies » a clos le concert dans une urgence qui ne pouvait que rappeler qu’Alain a eu peu de temps pour composer : il est mort à la guerre en 1940, à vingt-neuf ans.
L'Union


08/07/2014

Un nouveau monde s’ouvre

Victor Moisseron et Marianne Delcourt,
 avant d’entrer en scène à la cathédrale.
C’est le dernier « Hourra ! » du programme du Mail. Plus de neuf cents spectateurs, dont une brochette de personnalités municipales, départementales, régionales, et même une parlementaire, se sont retrouvés pour la « Symphonie des Siècles ». Ce concert est donné chaque année par les élèves des conservatoires et écoles de musique de l’Aisne, après les ateliers suivis avec leurs professeurs et des membres de l’orchestre des Siècles. Elle complète chaque fois avec éclat et émotion la saison culturelle.
    Quatre-vingts stagiaires, avec une vingtaine de professionnels, ont porté ainsi tout un concert à la cathédrale, à nouveau disponible pour de tels événements.
    Deux violoncellistes de Saint-Quentin ont commenté les ateliers. Marianne Delcourt n’avait besoin que d’un mot, « Génial ! » Pour Victor Moisseron « C’est travailler ensemble qui compte. » Il n’y a pas que des scolaires : Arnold Desongins, professeur de maths à Laon et stagiaire, s’enthousiasmait pour François-Xavier Roth, « Chef d’orchestre tout de même international ».
    Sous sa direction, le programme était tourné vers l’Amérique et, selon un spectateur, « Ils ont joué de mieux en mieux, jusqu’au dernier mouvement du dernier morceau. »
La cathédrale fait le plein.
    Ils ont démarré sur un extrait de « Rodeo » d’Aaron Copland, « square danse » américaine aux rythmes enlevés qui ne cachaient pas la complexité de la partition. De Samuel Barber, connu surtout pour son « Adagio for strings », l’orchestre a joué « Knoxville » au ton élégiaque, pour soprano et orchestre.
    Le morceau principal a été la symphonie du « Nouveau monde » de Dvorak. Archiconnue, elle prend un autre éclairage jouée en direct, révèle ses subtilités. Dans le contexte du concert, la série d’accords vers la fin ouvrait la perspective d’un monde nouveau, celui qui attend ces élèves musiciens.
L'Union

03/07/2014

L’eau symbole de l’âme à la cathédrale

Michael Lonsdale avec Bernard Masson.
L’eau perçue comme le symbole de l’âme : voila le fil conducteur du concert-lecture donné à la cathédrale par les acteurs Michael Lonsdale et Odile Samoël, avec le père Vincent-Marie à l’orgue, Eric Sanarens aux percussions et le baryton Bernard Masson.
    Par des textes bibliques et profanes, avec des intermèdes musicaux, chants et improvisations, ils ont mené le public – nombreux pour un dimanche après-midi – le long de ce chemin sacré.
    Les regards ont été fixés plutôt sur Michael Lonsdale. A plus de quatre-vingts ans, il est entré, entouré des autres artistes en garde rapprochée, à cause de son apparente fragilité. Il portait ses vêtements de ville, mais avec deux grandes écharpes en étole autour des épaules, lui conférant une allure hiératique.
Michael Lonsdale, Odile Samoël, Bernard
Masson et 
Eric Sanarens saluent le public.
    Assis, le dos courbé, penché sur ses papiers, prenant des notes, il pouvait paraître dissocié de ce qui se passait. Mais à chaque fois qu’il parlait, pour présenter ou lire un texte, sa voix captait toute l’attention. L’expérience d’une vie au théâtre et au cinéma, tant d’années de fréquentation de beaux textes, lui donnent une clarté et une résonance qui n’ont rien de déclamatoire. Il dit ce qui est devant lui, c’est tout.
    Les autres artistes sont intervenus en contrepoint à cette voix, enrichissant chacun de sa manière le propos, mais surtout soutenant le personnage central.
    Don Vincent, curé de la paroisse, explique la venue du spectacle. « J’avais reçu le père Vincent-Marie, qui voulait voir l’orgue. Il m’a parlé de ce concert-lecture, et je lui au demandé « Pourquoi pas à Soissons ? » Il fait ainsi partie des événements du 1700e anniversaire du diocèse. »
L'Union

30/06/2014

La valeur ajoutée par le théâtre à l’école

Comme l’entraîneur qui encourage ses joueurs avant un match, Philippe Chatton, coordonnateur des « classes théâtre » (CHAT) du collège Saint-Just, parle à ses élèves, assis par terre dans l’entrée du Mail. Les Sixièmes et les Cinquièmes vont présenter leurs travaux de fin d’année. Les Quatrièmes l’ont déjà fait. Quand ils passeront en Troisième, le dispositif CHAT, rare encore en France, sera complet, avec quatre classes.
De g. à dr. Axel Fouquet,  Zacharie
Maaroufi  et Maël Decarnelle.
    Ces jeunes sont sociables. Trois garçons de Cinquième répondent avec enthousiasme à des questions sur l’effet sur eux de cette option théâtre. Axel Fouquet est clair : « Avant, je n’aurais même pas osé venir vous dire bonjour. » Maël Decarnelle et Zacharie Maaroufi parlent de solidarité : « Comme nous restons ensemble d’année en année, nous nous soutenons. » Ils reconnaissent que le fait de jouer leur a donné de l’assurance. « Chacun se connaît mieux. » Axel rappelle ses hésitations : « Je pensais que j’allais me ridiculiser, mais au contraire je me sens bien devant les autres. » Ils sont familiers des rites du théâtre : « Quand on te dit « m…. » avant d’entrer en scène, il ne faut pas le répéter ni dire « merci », mais « je le prends. »
    Philippe Chatton a-t-il un mot à dire sur la valeur ajoutée par les CHAT ? « Grandeur ! » s’écrie-t-il.
Dix minutes après, les plus jeunes jouent devant un public surtout familial. Soudain, ils ont pris une distance par rapport à eux-mêmes. Ils sont comédiens.
L'Union




24/06/2014

Un couple : deux façons de voir

Bruno Briatte et Pascaly devant
un de leurs tableaux « à quatre mains ».
Ils avaient chacun exposé individuellement dans la galerie du Mail en 2012. A présent, Pascaly et Bruno Briatte ont monté une exposition ensemble à Septmonts. C’est un dernier temps de contemplation, avant que « Fétons les arts » n’atteigne son paroxysme avec « Pic’Arts ».
    Les deux artistes se sont connus sur Internet, mais pas sur un site de rencontres. « C’était par la peinture que nous nous y sommes rapprochés. » Pascaly est montée alors du Centre pour partager l’ancienne forge d’Acy-le-haut, qui contient autant leurs ateliers que leur cabinet de thérapeutes sophrologues.
    Chacun occupe une salle du pavillon Renaissance à Septmonts. Passer de l’une à l’autre fait comprendre leur entente artistique, même si les démarches sont distinctes. Pascaly est plus dans l’abstraction, de riches mélanges de couleurs qu’elle prépare elle-même – « Je fais ma cuisine » avait-elle dit en 2012 – mais elle y laisse entrer des personnages, jamais au centre, toujours fuyants. Bruno Briatte met souvent au centre un ou plusieurs visages, comme hantés ou envahis par ce qui les entoure.
    « Je serais plutôt Expressionniste » explique Bruno, alors que Pascaly se voit « lyrique, spirituelle ».
Plusieurs tableaux sont faits « à quatre mains ». L’un commence, l’autre vient ajouter, modifier ou enlever, et l’alternance se poursuit jusqu’au moment où ils décident que c’est fini. Sont-ils toujours d’accord ? « Oui » dit Pascaly en riant, « et il vaut mieux régler ainsi ses comptes ! ».
    Dès septembre ils proposeront des stages, autant de relaxation que de peinture. Pour Bruno Briatte « la peinture, c’est 20% technique et 80% une façon de voir ».
L'Union

21/06/2014

La fin d’une aventure théâtrale

« Comment t’appelles-tu ? » « Alice, pour le moment ». Cette réponse est également le titre de la pièce de Sylvain Levey que l’atelier Théâtre du collège Saint-Just a présentée au Mail.
La rencontre entre Alice (Jade
Paganessi) et Gabin (Simon Gillot).
    Une jeune refugiée peine à trouver sa place, sur le chemin de l’école, à l’école, dans les divers lieux où son père trouve du travail. Les garçons la harcèlent, puis l’un d’eux vient vers elle. A la fin de l’histoire, devenue femme, mère, elle a trouvé sa place.
    L’écriture, imagée et narrative, se prête parfaitement au style choral de la production. Les rôles sont partagés par une douzaine d’élèves, ce qui jette de multiples éclairages sur chaque personnage. Ce choix fait que tous restent sur scène du début à la fin, un défi relevé avec une puissance évidente par les jeunes comédiens.
    Chaque spectacle annuel de l’atelier nous a habitués à leur forte présence. Ils regardent la salle et se laissent regarder, essentiel au théâtre mais que les amateurs n’arrivent pas toujours à assurer.
    Le public leur a fait une ovation, d’autant plus nourrie que c’est pour la dernière fois. Après treize ans, Philippe Chatton, professeur et animateur de l’atelier, y met fin. « L’année prochaine, il y aura une quatrième « classe théâtre » au collège, et cela me prend tout mon temps. » En effet, il coordonne le dispositif « CHAT », dont les élèves de la toute première classe arrivent maintenant en Troisième. « L’atelier ne recevra plus de subvention. Déjà, nous n’avons pas le professionnel intervenant d’avant. Cette année seul Vincent Dussart de l’Arcade est venu une fois. »
    Les classes CHAT ont un tel succès qu’il y a maintenant une audition pour y entrer. L’atelier, qui a tant fait pour prouver la valeur du théâtre pour ses participants, leur cède la place.
L'Union

13/06/2014

Mettre l’orgue au diapason pour un concert

En marge du concert donné par l’orchestre néerlandais « Kennemer consort » à Ambleny, l’organiste Vincent Dupont a dû mettre au diapason l’orgue de l’église. Il a été joué pendant le concerto pour orgue et cordes de Michel Corrette. « Je le mets au diapason 436 » explique-t-il « car il a fallu trouver un compromis entre les instruments de l’orchestre et l’orgue. » Le temps complique encore les choses : « Il fait frais maintenant, mais dimanche après-midi la chaleur aura son effet sur l’instrument » Cet ajustement du ton exige de délicates manipulations sur chaque tuyau. Vincent sait les faire, car il connaît mieux que quiconque cet instrument, qu’il a restauré récemment avec ses élèves à Villers-Cotterêts.
L'Union

12/06/2014

Danser un poème sur l’esplanade du Mail

Sabine Stourbe tend trois cordes rose bonbon sur le trottoir de la rue Saint-Martin. Deux volontaires quittent la terrasse de café voisine pour l’aider à présenter le « flashmob » qu’elle organise vendredi prochain sur l’esplanade du Mail. Se tenant par le bras, ils se mettent chacun sur une corde, ferment les yeux, et avancent. Les passants regardent ce funambulisme à terre.
    Professeur au collège Lamartine, Sabine veut prolonger le « flashmob » du Printemps des poètes, pour lequel le chorégraphe José Monsalvo avait conçu cet exercice. En fond sonore, le poème « Liberté » de Paul Eluard sera lu, avec toutes ses associations à cette époque de commémorations.
    Sabine invite ses amis, collègues, élèves passés et présents, et tous les autres qui voudraient simplement « danser un poème » à venir au Mail à 19 heures le vendredi 13. Il y aura des cordes pour tout le monde. Rien ne sera imposé.
    Le sens de l’événement ? Sabine réfléchit. « Revisiter le lien entre l’individuel et le collectif. Mais ça c’est trop intello. Le plaisir du jeu. Etre présent, dans la joie d’être ensemble. » Elle y voit trois formes de confiance : « en soi-même, avançant les yeux fermés, en les autres, par le contact physique, et en ce moment-là du parcours de la vie. »
    Le flashmob sera suivi d’une « auberge espagnole » pour ceux qui veulent apporter un plat et partager les plats des autres.
L'Union

Un feuilleton archéologique commence pour Soissons

« On repart de zéro. » Les égyptologues Christelle Desbordes et Philippe Brissaus parlent ainsi de la « Mission archéologique de Tell Digbou ». En marge de leur conférence sur Tanis, autrefois capitale, pour les Journées nationales de l’archéologie, ils évoquent un nouveau départ vers le passé lointain de l’Egypte, dans lequel le musée de Soissons est étroitement impliqué.
    Après des décennies de travail à Tanis, près de Digbou, les deux archéologues ont envisagé des fouilles sur ce nouveau site, un terrain de 50 hectares resté étonnamment vierge à cause de sa situation isolée au nord-est du delta du Nil.
Philippe Brissaud entre Christelle Desbordes et Dominique Roussel.
    Le lien avec Soissons ? « Les autorités égyptiennes exigent un référent scientifique pour tout projet de fouilles. » Le musée de Soissons va assumer cette fonction, en parrainant la mission. Comment un petit musée de province peut-il prétendre à ce rôle ? C’est que son directeur Dominique Roussel est égyptologue de formation, a travaillé à Tanis, et en a fait le sujet de son doctorat.
    Il ne s’agit pas d’un vague projet. Le lendemain de la conférence, ils partent avec l’archéologue soissonnais Bruno Robert pour deux semaines à Digbou. « Nous passerons un jour au Caire pour les papiers, puis ferons quatre heures de taxi jusqu’au site, pour commencer le travail. » Avec quel matériel ? Philippe Brissaud indique ses deux yeux et deux pieds. « Il faut se promener, regarder et toucher. » Ils resteront seulement deux semaines. « Question de financement. » La mission dépend entièrement de dons faits par des particuliers et des entreprises. C’est seulement si d’importantes découvertes sont faites que des fonds deviendront disponibles. Les deux archéologues s’engagent à donner régulièrement des nouvelles : un feuilleton archéologique commence pour Soissons.
   Le site Internet de la mission décrit le site, l’histoire de la ville de Digbou et les découvertes déjà faites : http://www.telldibgou.fr

11/06/2014

Orchestre de Picardie : la musique dans la rue

Alors que l’orchestre de Picardie répétait une dernière fois juste avant son concert de vendredi, derrière la grande porte de l’abbaye Saint-Léger encore ouverte, la musique de Schoenberg remplissait la rue, un avant-goût du riche programme à venir.
    Après « L’entrée de la reine de Saba » de Handel qui ouvrait le concert avec entrain, l’orchestre sous Arie van Beck a abordé le gros morceau, un concerto pour quatuor à cordes et orchestre de Schoenberg, d’une difficulté notoire. Au milieu, la violoniste Joanna Rezler du quatuor Joachim a eu un grand sourire. Un incident ? « Au contraire » précise-t-elle plus tard, « un moment difficile que nous avions réussi ! »
Le chef d’orchestre Arie van Beck présente
le compositeur anglais Benjamin Ellin.
    Après ce monument à la fois Romantique, moderne et même Baroque, car il est fondé sur un concerto de Handel, et avant de terminer par du Beethoven, le public soissonnais a eu le privilège d’entendre en création mondiale (après Amiens la veille), et en présence du compositeur anglais Benjamin Ellin, sa Sinfonia n° 2, une commande de l’orchestre de Picardie. Il la présente en quelques mots. « J’étais ici en hiver, il faisait très froid, très beau, et cela influence le premier mouvement, dans sa lenteur. Ensuite, j’ai vu la cathédrale d’Amiens, et le second mouvement utilise une ancienne mélodie moyenâgeuse. » Arie van Beck intervient avec son humour néerlandais : « Et la finale termine l’œuvre ! »
    La musique est subtile, résolument contemporaine sans brusquer les oreilles, créant une ambiance posée, qui touche au mystère que le compositeur reconnaît à la Picardie.
    Parlant – en anglais – après le concert, Benjamin Ellin, rayonnant, et qui connait notre région en tant que compositeur et chef d’orchestre, s’est réjoui : « J’avais tout un orchestre, alors que la Sinfonia n°1 était pour orchestre à cordes seulement. »
L'Union

Exposition au Mail : un dialogue entre sculpteur et matière

Jaana Myöhänen à côté d’un bronze
avec sa patine « or sale ».
La galerie du Mail vibre parfois des couleurs qu’un artiste prodigue sur ses toiles ou dans ses assemblages. Avec la sculptrice Jaana Myöhänen, l’impression qui prédomine est plus monochrome : du noir qui contraste avec les murs blancs. La plupart de ses bronzes ont une patine noire, une autre pièce est en marbre noir belge, alors que les sculptures en granit ou marbre s’y intègrent avec leurs nuances grises ou veinées. Seul un torse de femme, au milieu, se détache par sa patine dorée (« Le fondeur l’appelle « or sale » selon Jaana). Ses œuvres sont lisses, polies, sans raideur ni emphase.
    Elle est finlandaise. « Il n’y en a pas beaucoup qui viennent en France, mais moi je voulais aller à Paris, apprendre le français ! »
    Elle habite Senlis avec son mari français, batteur de jazz. Après plusieurs métiers artistiques, elle a découvert la sculpture en 1997. Pas de modelage : « La taille directe crée un dialogue entre moi et la matière » explique-t-elle. « Au lieu d’ajouter, il faut enlever, enlever, voir ce que devient la pierre, ce qu’elle révèle. » Elle illustre sa démarche par rapport à une sculpture en granit tachetée. « Je pensais à un genou mais, au fur et à mesure de la taille, j’ai vu deux ailes, là et là. » Le titre : « Oiseau ».
    La plupart de ses formes sont donc près de l’abstraction. En les contemplant, le spectateur peut sentir l’énergie interne que l’intervention de Jaana sur la matière brute fait ressortir. Entre la main de l’artiste et la pierre, une image fait son chemin vers l’expression. Ses sculptures sont à la fois contenues et puissantes.
L'Union

Archéologie : les couches du passé

Fabienne Jourdain échange avec
les jeunes avant de rentrer dans le passé.
Si l’Histoire raconte ce que vivaient les gens d’autrefois, qu’est-ce qu’est l’Archéologie ? « Elle montre comment ils vivaient. » Cette réponse pertinente a été donnée par un des jeunes participants aux Journées nationales de l’Archéologie. Il répondait à une question de Fabienne Jourdain du Service du patrimoine qui, avec Krystell Duault du Musée, proposait des visites du spectaculaire bâtiment couleur rouille du Centre de conservation et d’études archéologiques (CCEA).
    Tout un programme d’expositions et de conférences avait été prévu pour un public intéressé. Entre autres, Sylvain Thouvenot présentait un « diagnostic archéologique » de l’hôtel de la Croix d’or, en parallèle à une exposition d’objets trouvés dans un dépotoir du site, datant de Louis XIV. Dominique Roussel, directeur du Musée, accompagnait les visiteurs dans les réserves du CCEA, ordinairement inaccessibles au public. Les archéologues Christelle Desbordes et Philippe Brissaut, venus en mars dernier pour une exposition de photos du site égyptien de Tanis (encore visible à Saint-Léger), ont donné une conférence à ce sujet.
    D’autres manifestations ont eu lieu au Centre d’étude des peintures murales romaines (CEPMR).
Les deux animatrices des visites pour les jeunes les ont savamment menés, par des exercices d’observation et jeux, à toucher à la civilisation gallo-romaine d’Augusta Suessonum, précurseur de notre Soissons. Ainsi ils se sont habitués aux chiffres romains, et ont même été encouragés à dessiner avec une craie sur les murs de la « faille », cette tranchée qui pourrait symboliser une descente vers les couches successives du passé, comme font les archéologues par leurs fouilles.
L'Union

Salim Le Kouaghet retrace son chemin d’inspiration

« Chapeau ! Je suis fan. » La jeune femme utilise les mots de son âge pour dire à l’artiste Salim Le Kouaghet qu’elle l’apprécie. Avec une autre participante aux ateliers qu’il anime, elle est venue pendant l’installation de son exposition dans la galerie d’art du lycée Léonard-de-Vinci.
    Ceux qui connaissent cet artiste savent comment il creuse un sujet qui le préoccupe, mais il l’a résumé pour ses invitées.
    Il indique une toile, prêtée par un collecteur privé, qui comporte une longue lacération de haut en bas. « Je faisais cela un temps » explique-t-il. « Plus tard j’y ai vu la première lettre de l’alphabet arabe, alif, une ligne verticale. J’ai développé ce signe, pour en faire une barre de bois. » Un jour il a peint des bandes de couleur autour d’un tel poteau, comme sur un totem. « Regardez : vues à l’horizontale, les couleurs sont les mêmes que les bandes du tapis tissé par mes parents à Constantine. » Ce même tapis, source de son inspiration, est accroché sur un autre mur. « Puis j’ai pensé assembler ces poteaux en carré, pour représenter le « Wast ed dar », le cœur de la maison arabe. »
Salim Le Kouaghet avec une de ses invitées,
 entourés de deux accompagnatrices.
    Salim a construit cet âtre autour d’une colonne qui fait partie intégrale de la salle, ce qui ne le gêne pas. « C’est encore un alif ! »
    Il expose d’autres tableaux, dont un commémore la mort récente d’un frère. Un carré de treillis soudé brut est entouré de rectangles de bois, portant le nom « Messaoud », l’année « 1958 », et le lieu «Ferme Améziane », centre d’interrogation pendant la guerre d’Algérie. Salim entend développer ce thème, de concert avec l’université d’Alger.
    « Cela m’inspire ! » dit enfin son invitée. Y a-t-il une plus grande satisfaction pour un artiste que de savoir qu’il inspire les autres ?
L'Union


10/06/2014

La mort s’invite en fin de saison au Mail

Il flottait un parfum de fin de saison au Mail pour « J’ai couru comme dans un rêve ». L’annulation d’une pièce avec les Bohringer père et fille pour cause de maladie fait de ce spectacle le dernier au Mail. Il reste deux grands concerts dans d’autres salles, mais Jean-Marie Chevallier, le directeur, pouvait dire « C’est la fin » avec le ton de celui qui a mené un programme culturel intense depuis la rentrée 2013. Même le public semblait déjà sur le départ, peu nombreux pour une pièce qui porte pourtant la puissance et l’intelligence du théâtre.
Les idées de mise en scène émergent
d’une longue recherche collective.
    Elle raconte le dernier temps de vie de Martin, atteint d’une tumeur foudroyante. Loin d’aller vers la clarté et la paix, il se trouve « dans un labyrinthe », bousculé par toutes les forces que la mort suscite en lui et autour de lui. Peur, amour, abandon, érotisme, rire prennent forme à travers les sept comédiens, dans un jet continu d’idées, de trouvailles, de mots et de mouvements.
    La compagnie « Les sans cous » fait penser au Théâtre du soleil. Chaque acteur assume son rôle individuel jusqu’à en faire « une métaphore » selon le terme d’Ariane Mnouchkine. Mais ils se sont investis autant dans une longue recherche collective. Ces personnages finement campés, cette intense créativité partagée font sourdre l’émotion dans la salle. Voir Martin, agonisant, tenir son bébé est bouleversant, et la cérémonie qui entoure sa mort est sublime. Il rencontre une jeune femme qui s’avère avoir été ce bébé : nous y dépassons le réalisme pour atteindre le mythe de la vie qui se perd et renaît, de génération en génération.
L'Union


02/06/2014

Le dérèglement des sons

Les Zic Zazou interrompent le concert sans interrompre la musique.
Un bruissement sociable remplissait la grande salle du Mail, celui d’un public dont beaucoup étaient venus voir des parents et amis sur scène. L’Harmonie municipale de Soissons allait donner un concert, l’électron libre étant l’intervention annoncée des neuf membres de Zic Zazou. En 2012 ce groupe avait fait sa propre musique dans cette salle, uniquement sur des outils d’atelier, en y injectant soigneusement une bonne dose de désordre.
    Avant le spectacle, des bruits en coulisses suggèrent qu’on y fabriqe les instruments pour le concert. La soixantaine de musiciens s’installent, commencent à jouer, normalement, sous la direction de Pierre Lemaire. Les Zic Zazou font irruption, ouvriers d’entretien qui essaient d’expulser orchestre et public. Qu’importe, ils sortent leurs outils et se mettent bruyamment au travail… mais parfaitement synchronisés avec la musique.
Le chef d’équipe entreprend de faire un brin de musicologie, illustrée aimablement par l’orchestre. Un air d’anarchie s’installe, les chants et partitions se mêlent, la musique atteint des paroxysmes.
    Pour Pierre Lemaire, chef depuis 2010, l’expérience était bien agréable. « L’Harmonie travaille les partitions depuis un mois et demi ; nous avons eu une seule rencontre avec deux du groupe, et le jour de la représentation nous avons répété toute la journée. Il fallait surtout éviter le moindre « blanc », qui casserait l’ambiance. » Comment a-t-il pris le fait d’être arraché plusieurs fois à son estrade et renvoyé comme un malpropre ? « Ca faisait partie du jeu. »
    Le concert était donc continuellement déréglé, mais montrait surtout les capacités de l’Harmonie à s’arranger de tout, en faisant toujours honneur à la musique qu’elle jouait.
L'Union

31/05/2014

Des musiciens néerlandais jouent du baroque français

Dans la cour du gîte de la Ferme de la Montagne à Ressons-le-long, une vingtaine de personnes sont assises autour d’une grande table, au demi-soleil d’après-midi. L’ambiance est détendue ; mais ce n’est qu’une pause entre deux séances de répétition d’orchestre.
    C’est la troisième fois que le « Kennemer consort », ensemble de cordes néerlandais, s’installe ici pour préparer son concert de printemps. Cette année, le programme est particulièrement exigeant. Ils joueront la symphonie n° 7 de Mendelssohn, et la Sérénade de l’américain Arthur Foote. Mais le vrai défi sera le concerto pour orgue et cordes de Michel Corrette, « petit trésor de baroque français » selon l’orchestre. Il mettra bien en valeur l’orgue récemment restauré d’Ambleny. Sous la direction de Benoït Debrock, Isabelle Fontaine, titulaire des grands orgues de Soissons, sera la soliste. « Nous ne répéterons avec l’orgue que samedi et dimanche matin » dit avec quelque appréhension un membre de l’orchestre. Pourtant, quoique tous amateurs sous leur chef professionnel, ils sont connus comme étant « d’un très bon niveau ».
    Les musiciens apprécient leur séjour annuel en Picardie, et notamment la grande salle de répétition du gîte qu’ils rejoignent aussitôt. La musique n’attend pas.
L'Union

Les jeunes critiques de Soissons

« Notre envoyée spéciale Lucie L. est allée voir le spectacle « Fables » au Mail…. » Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle recrue de l’Union, mais d’un exercice de la classe de Cinquième « Théâtre » (CHAT) au collège Saint-Just. A la demande du coordonnateur Philippe Chatton, un intervenant, qui avait rendu compte du spectacle en son temps (voir l’Union du 10 mai) et donné des indications avant la représentation, vient de revoir les élèves pour entendre le résultat. Il avait insisté sur l’importance de soigner la première phrase (« sinon le lecteur passera tout de suite aux pages sportives »), et la dernière (« il faut une chute, et une chute fait du bruit »), en n’oubliant pas le milieu (« clair et concis »).
    Cette adaptation des « Fables » de La Fontaine fait honneur aux textes mais les encadre d’une mise en scène farfelue et débordant d’énergie, avec deux acteurs. Chaque élève a réagi à sa façon, et la principale leçon a été bien intégrée : écrire, non pas pour montrer combien on a appris, comme dans un devoir, mais pour partager une expérience et aider le lecteur à se faire un avis.
    Lucie l’envoyée évoque la mise en scène en quelques mots : « A partir d’un carton, d’un bout de plastique, et d’autres objets insignifiants qui appartiennent à la poubelle, ils font apparaître un monde de mouvement, de morale, drôle et cruel à la fois. »
    Pour Thomas, c’était « trop imagé », détournant l’attention du texte.
    Aloïs laisse de l’ambiguïté : « Les comédiens… sont capables de faire rire n’importe quand ce qui est plus ou moins plaisant », alors que Valentine termine rondement : « Ce spectacle est très surprenant, avec suspense et créativité. »
    Les CHAT entendent explorer davantage cette frontière entre les mondes du spectacle et de l’écriture journalistique.
L'Union

29/05/2014

« Press » au Mail : une marionnette récalcitrante

Un homme élégant, tout de noir vêtu, enfermé dans un cube sur la scène du Mail : Soissons voyait enfin Pierre Rigal dans « Press », son ballet de 2008. Les danseurs hip-hop d’« Asphalte » nous avaient révélé sa quête du sens du corps humain en 2012.
    L’homme tourne sur lui-même, puis soudain est secoué par des mouvements qu’il ne maîtrise pas : torse, membres, mains et pieds sont tirés, poussés par de bruyantes forces invisibles. Le toit du cube se met à descendre par paliers : sa tête s’y frotte bientôt, avec un grincement métallique. A chaque étape, il s’adapte, essaie de reprendre pied, de garder son allure de dandy. Marionnette récalcitrante, il tient tête au séisme corporel, avant d’être à nouveau assailli. Une lampe d’architecte radioguidée accroît le sentiment de puissances extérieures. Enfin le cube s’aplatit. L’homme meurt-il écrasé, ou s’agit-il d’hallucinations schizophrènes terrorisantes ?
    La performance physique de Pierre Rigal est extraordinaire. Il a été athlète avant d’être chorégraphe, et « Press » se situe à la frontière entre athlétisme et danse. Les mouvements exigent autant une grande résistance physique qu’un profond sens de la poésie du corps.
    Les spectateurs, lycéens sensibilisés à la danse dans leurs établissements, pouvaient apprécier le langage corporel. Olivier Catalan, du lycée Jean-Rostand à Chantilly, n’analysait pas encore le spectacle à la sortie : « C’était bien » disait-il, encore sous le coup du cauchemar claustrophobe.
L'Union

28/05/2014

Quatuor David Enhco : le lyrisme sans épate

Son frère, le pianiste de jazz Thomas Enhco, était au Mail en 2012. Même sa mère, Caroline Casadesus, y avait chanté en 2008. Mais nous étions peu dans la petite salle du Mail à savoir que David Enhco, trompettiste, venu donner un concert avec son quatuor, avait déjà été là en 2013, avec l’Amazing Keystone Big Band. « C’est alors que j’ai rencontré la Direction, et je suis là aujourd’hui, avec ces musiciens. »
    Le début du concert a donné le ton pour la musique de ces quatre jeunes jazzmen. Le piano lance une sorte de mouvement perpétuel, que vient rejoindre la trompette presqu’en accompagnement, sans aucun effet excessif. Avec Florent Nisse à la contrebasse, Maxime Sanchez au piano et Gautier Garrigue à la batterie, le groupe maintient cette économie de moyens, laissant leur musique faire son chemin en douceur.
    David Enhco parle des étroites relations entre eux, leurs improvisations collectives, les tours qu’ils se jouent : « J’ai voulu écrire quelque chose d’injouable pour eux, mais qui me laisse frimer : eh bien ils n’ont eu aucun mal à l’apprendre ! »
    Leur jazz atteint parfois le lyrisme : « Oiseaux », composé par Florent Nisse, a un tel air de « standard » qu’on attendrait presque l’intervention d’une chanteuse.
    Le jeu de Maxime Sanchez, « une nouvelle recrue, et un des meilleurs musiciens que je connais » selon David Enhco, est presque confidentiel, tout en dégradés. Les mains restent au milieu du clavier, sans faire le grand écart pour épater le public, un style qui correspond bien à la ligne du quatuor.
L'Union

23/05/2014

Trois artistes pop à l’Arsenal

« Ils voyagent tellement, avec des expositions partout, qu’il est difficile de les réunir. » Dominique Roussel, directeur du musée de Soissons, explique pourquoi la rencontre entre les trois artistes Erro, Deleval et Speedy Graphito, la presse et les guides n’a lieu qu’une heure avant le vernissage. Et encore : dispersé sur les deux niveaux de l’Arsenal, il faut encore rassembler le trio remuant, entouré de photographes et galeristes : Erro, monument islandais du « pop art » à 82 ans, Jean-Jacques Deleval, venu de Bruxelles si ce n’est pas de Formentera, et Speedy Graphito, le plus jeune, avec sa coiffure genre Tintin.
Erro entre Jean-Jacques Deleval et Speedy Graphito,
 assis devant trois de ses tableaux.
    Tout l’espace avait été proposé à Erro, mais il a préféré le partager avec deux artistes amis. Ainsi, la « figuration narrative » s’empare de l’Arsenal de haut en bas. Chacun a sa manière s’approprie les images de bande dessinée et de publicité pour en faire un œuvre complexe. Les couleurs vives, le trait fort, les corps d’une volupté peu subtile, les visages qui expriment une émotion primaire : ils deviennent composants de tableaux complexes.
    A partir de collages, Erro peint des toiles urgentes et ironiques au contenu foisonnant, pleines d’échos de Picasso et Botero entre autres, à côté de personnages de bande dessinée.
    Deleval utilise des techniques d’impression pour mêler des citations classiques, telle la chapelle Sixtine, à Mickey et Betty Boop, deux cultures qui entrent en collision.
    Speedy Graphito a construit sa cabane de graphiste sur place. Pur « street artist », artiste de rue ? « J’ai fait une formation classique, mais les galeries ne s’intéressaient guère à un artiste abstrait de plus. J’ai donc commencé à peindre dans la rue, sur les murs. » Des commandes ? Son œil est malicieux :      « Pas du tout, je peignais là où je pouvais. »
L'Union

22/05/2014

Quand le train-train quotidien déraille

La voisine (Anne-Cécile Tune)
 occupe le coin cuisine.
Les projecteurs éclairent un intérieur lamentablement banal : table et chaises, placards, coin cuisine. Un homme affalé dans un fauteuil se lève, allume la radio, vérifie sa coiffure dans la glace, se remplit un verre, le touille, le boit. Ses gestes sont amplifiés, formalisés, d’une grâce saccadée. Le train-train quotidien est sur les rails.
    La compagnie Arcosm a joué « Traverse » deux fois au Mail, pour les scolaires puis les adultes : après tout, pour le chorégraphe Thomas Guerry et le musicien Camille Rocailleux, créateurs de ce mélange de mime, danse, bruitages et musique, « un bon spectacle pour enfants doit être un bon spectacle pour tous ».
Un dîner extravagant.
    On tambourine à la porte, une voisine fait irruption, dérange tout, repart. Deux hommes apparaissent, disparaissent, et enfin tous les trois, voisins réels ou imaginés, font dérailler la vie étriquée du locataire, envoyant valser toutes ses routines. Ses premiers gestes persistent, mais repris, élargis, transformés de tics suintant l’ennui en grands mouvements chorégraphiés. Les quatre se concertent, se bousculent, entrent et sortent par les portes, les placards, les armoires. Un portrait décroché du mur est retourné pour faire apparaître une nappe, des assiettes, des couverts, des verres. Un repas extravagant s’engage.
    A la fin, décor et accessoires rangés, les lumières baissent sur les quatre convives qui remplissent chacun un verre, le touillent, le boivent. Pour le public, le geste est devenu un vieil ami. La monotonie de l’existence est abolie, le temps d’un rêve ou d’une révolution.
L'Union

21/05/2014

Consensus musical pour l'orchestre "Les Siècles"

Raphaël Pidoux à la viole de gambe pour jouer Haydn au Mail.
L’orchestre Les Siècles, sous son énergique et sympathique chef François-Xavier Roth, vient à Soissons deux fois dans l’année. Il vient de donner un concert au Mail ; la seconde fois ce sera en juillet avec « La symphonie des Siècles », où l’orchestre est rejoint par une foule de jeunes qui ont suivi un stage, impressionnés de se trouver avec des professionnels devant le public.
    L’orchestre avait sa configuration classique pour le concert au Mail. La brève ouverture d’« Idomenée » de Mozart a lancé le programme avec concision, suivie du concerto pour violoncelle en ut de Haydn. Le soliste Raphaël Pidoux a rappelé que l’œuvre était longtemps perdue : « J’ai connu le petit-fils de l’homme qui a sauvé la partition à Dresde, juste avant les bombardements. »
    La 5e symphonie de Beethoven est tellement connue, a été tant enregistrée, qu’il pouvait sembler ne rien offrir de nouveau. Mais voir jouer par des musiciens ajoute une autre dimension. L’auditeur suit les échanges entre les pupitres, les oreilles deviennent actives, entendent le fameux motif à quatre notes évoluer constamment, puis revenir sous une autre forme au dernier mouvement.
    Un concert a aussi sa fonction sociale. Pour ce premier événement de son genre depuis les élections, deux maires se sont trouvés dans la salle, l’ancien et le nouveau, comme les deux adjoints à la culture, et d’autres. Tous se sont rejoints dans ce consensus musical.
L'Union

20/05/2014

L’entrée des artistes

Les élèves de l'atelier de Vincent Dussart.

Les élèves avec Rama Grimberg.
Pour la 13e fois, les élèves des clubs, ateliers et classes de théâtre de l’Aisne se retrouvent à Soissons pour les Journées départementales scolaires des arts du théâtre. Pendant trois jours ils participent à cinq ateliers différents sur le thème « Paroles d’aujourd’hui – La mise en je(u) ». L’événement se termine par une présentation publique des travaux dans la grande salle du Mail.
Fred Egglinton avec ses stagiaires.
    Un regard dans plusieurs ateliers montre la diversité des approches. Dominique Richard, auteur de pièces sur l’enfance, met en chœur un extrait d’une de ses pièces ; deux élèves jouent en miroir. Rama Grimberg de la compagnie Abadie fait répéter chacun tour à tour, en augmentant constamment l’intensité du jeu. Avec Fred Egglinton des Ben’arts les élèves travaillent leur placement sur scène. Vincent Dussart de l’Arcade crée une ambiance rieuse de travail. Didier Perrier de L’Echappée fait émerger une cohérence de ses stagiaires. Partout, les jeunes comédiens se plient aux exigences du monde du théâtre.
Dominique Richard en répétition.
    Morgan Sanson est élève au lycée Gay-Lussac à Chauny, où il fait partie d’un atelier de théâtre trilingue, français, anglais et espagnol. Entend-il devenir comédien ? « Non, je veux faire des études médicales, mais j’aime y retrouver mes amis. Cela aide les plus timides. Moi je ne suis pas timide, plutôt très sociable. » Plus qu’un remède au manque d’assurance, le théâtre scolaire est un moyen d’expression.
    Deux jours plus tard, les groupes répètent successivement sur scène, avant de jouer devant le public le soir. Ils sont transformés. Les élèves Dussart lisent encore, mais le grand plateau, l’éclairage qu’on ajuste, le metteur en scène qui les… met en scène : tout contribue à générer la tension nécessaire au spectacle.
L'Union

Une promenade musical baroque

La peinture et la musique se sont faites complices au musée Saint-Léger, pour marquer la Nuit européenne des musées. Quatre membres de l’ensemble baroque La Ritournelle, qui devait plus tard donner un concert dans l’abbaye, ont proposé une captivante « promenade musicale » préliminaire dans la salle des peintures.
    Les violonistes Ingeborg Kleinjan et Sabelline Rohr, Antoine Chauvin à la viole de gambe et le contre-ténor Jean-François Lefèvre ont joué des œuvres de Caldara, Corelli, Purcell, Lully et Handel, devant un public debout ou assis par terre. Chaque fois qu’il participait, la voix du chanteur, haut placée comme une voix de femme, mais clairement une voix d’homme par le timbre, prenait sa place au-dessus du son des instruments,
   Les musiciens jouaient devant deux tableaux, d’Achille regardant le cadavre de Patrocle devant les murs de Troie, par Pellegrini, et du Christ montrant ses blessures par Cecco Bravo. L’art et la musique résonnaient ainsi l’un avec l’autre pour créer une expérience complète.
L'Union

17/05/2014

Une Ecossaise expose à Arthé

A la place des appliques qui éclairent souvent un restaurant, Arthé demande à des artistes d’illuminer sa salle en exposant leurs tableaux sur les murs. Margaret Brohan y revient avec de une trentaine de toiles.
La nouvelle exposition s’appelle « Entre le rêve et la réalité ». Elle s’aventure dans cet espace cher à tant d’artistes, où des éléments naturalistes fondent dans d’autres relevant de l’imaginaire. « Souvent, je reviens sur un tableau, et ne suis contente que lorsque j’y ajoute un ou plusieurs personnages » explique-t-elle. Certains tableaux sont ainsi peuplés ; dans d’autres, le corps se cache dans les formes et couleurs, comme un fantôme bienveillant.
  « Je reprends, retouche, jusqu’à pouvoir dire « C’est ça ! » Comment savoir que c’est fini ? Elle ne peut pas dire : elle n’analyse pas, elle constate.
  Elle admet avoir du mal à finir une toile :
    Margaret Brohan vit depuis de longues années à Soissons, « J’ai mes amis ici, mes enfants ne sont pas loin. » Mais elle est née à Glasgow en Ecosse – et a montré un enchevêtrement d’églises de la ville à Arthé en 2012. Posons la question de l’actuelle campagne pour la séparation de son pays du Royaume uni. Elle ne veut pas trancher : « L’Ecosse indépendante est une bien belle idée ! Mais dans la pratique… » Sa vie et sa peinture sont à Soissons : c’est ce qui compte pour Margaret Brohan.
L'Union

16/05/2014

Un récital pour aider les enfants autistes

Au milieu de la fièvre théâtrale de « VO en Soissonnais », un concert dans la salle Saint Charles samedi dernier proposait un passage musical sans effets de mise en scène, ni projecteur. La violoniste Alexandra Greffin Klein et la pianiste Aline Piboule y ont donné un récital au bénéfice de l’association « Autisme espoir vers l’école » (AEVE).
    Dans première partie, elles ont bien fait sourdre le lyrisme russe dans la sévère structure de la 1ère sonate de Prokofiev. La sonate à Kreutzner de Beethoven, si souvent entendue, prend tout de même une nouvelle plénitude, quand les instrumentistes sont là, entourées des dorures de l’ancienne chapelle.
    Le concert était en fait un cadeau d’anniversaire offert à un auditeur qui ne s’est pas identifié, et qui a saisi l’occasion d’aider l’AEVE.
    A l’entracte Bruno de la Presle, venue de Paris, s’est adressé à l’auditoire pour présenter l’association. Les bénévoles formés de l’AEVE aident les enfants autistes en nourrissant leurs centres d’intérêt par le jeu, selon « la méthode 3i » : individuelle, intensive et interactive.
    Il insiste sur le respect de l’enfant. « Notre démarche n’est pas comportementale, mais développementale. Mon petit-fils a été dans cette situation, c’était très difficile. » Enfant qui ne communiquait pas, « il est maintenant en Cinquième, premier de la classe. »
L’AEVE a un site Internet : www.autisme-espoir.org
L'Union



13/05/2014

Le Festival prend fin avec un gâteau d’anniversaire

Rois vagabonds.
C’est devenu une tradition : « VO en Soissonnais » prend fin dans l’hilarité. Cette année, deux clowns des« Rois vagabonds » ont accompli une série de tours brillamment incompétents, leurs voix réduites à des cris étouffés derrière l’éloquence des corps. Ils jouaient en même temps un violon et un tuba – ce qui fait qu’un festival qui a débuté avec du Vivaldi dans « 1, 2, 3 4 saisons » a pris fin avec le même œuvre. Il y avait une foule de jeunes au Mail pour ce spectacle de clôture, et des adultes qui riaient comme des enfants.
Opus 13.
    Ce dernier jour nous avions déjà vu « Rouge chaperon », où le conte pour enfant est devenu un enjeu sanguinolent entre deux femmes.
    En avant-dernier, les deux danseurs d’« Opus 13 » ont tourné aussi inlassablement que les poissons rouges dans des bols suspendus sur le plateau, et de plus en plus énergiquement. Ainsi ils apprenaient à être ensemble en partageant le pouvoir. Seulement à la fin la femme s’est effondré tendrement dans les bras de l’homme.
    Jean-Pierre Pouget et la trentaine de bénévoles pourront se féliciter de la réussite du festival, avec autour de 2000 entrées pour 11 spectacles dans neuf lieux différents. A côté de pièces pour les tout petits, des spectacles populaires ont attiré un public peu habitué au théâtre vivant. Des pièces plus exigeantes ont nourri les sens et parfois mis au défi les nerfs de spectateurs avertis. Pour fêter ses dix ans, déclara le président, « nous l’avons souhaité plus festif et musical. » Une offre éclectique pour un large public : pour un petit festival, c’est à remarquer.
Rouge chaperon.
    Le président a ainsi clôturé « VO en Soissonnais », mais ce n’était pas fini. Pour fêter ses 126 spectacles, 220 représentations et près de 24 000 spectateurs, dont 5 600 scolaires, depuis 2004, tout le monde a été invité à suivre un orchestre de samba jusqu’à la Halte fluviale, pour partager un gâteau d’anniversaire.
L'Union
Les bénévoles "VO" sur scène.