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30/06/2014

La valeur ajoutée par le théâtre à l’école

Comme l’entraîneur qui encourage ses joueurs avant un match, Philippe Chatton, coordonnateur des « classes théâtre » (CHAT) du collège Saint-Just, parle à ses élèves, assis par terre dans l’entrée du Mail. Les Sixièmes et les Cinquièmes vont présenter leurs travaux de fin d’année. Les Quatrièmes l’ont déjà fait. Quand ils passeront en Troisième, le dispositif CHAT, rare encore en France, sera complet, avec quatre classes.
De g. à dr. Axel Fouquet,  Zacharie
Maaroufi  et Maël Decarnelle.
    Ces jeunes sont sociables. Trois garçons de Cinquième répondent avec enthousiasme à des questions sur l’effet sur eux de cette option théâtre. Axel Fouquet est clair : « Avant, je n’aurais même pas osé venir vous dire bonjour. » Maël Decarnelle et Zacharie Maaroufi parlent de solidarité : « Comme nous restons ensemble d’année en année, nous nous soutenons. » Ils reconnaissent que le fait de jouer leur a donné de l’assurance. « Chacun se connaît mieux. » Axel rappelle ses hésitations : « Je pensais que j’allais me ridiculiser, mais au contraire je me sens bien devant les autres. » Ils sont familiers des rites du théâtre : « Quand on te dit « m…. » avant d’entrer en scène, il ne faut pas le répéter ni dire « merci », mais « je le prends. »
    Philippe Chatton a-t-il un mot à dire sur la valeur ajoutée par les CHAT ? « Grandeur ! » s’écrie-t-il.
Dix minutes après, les plus jeunes jouent devant un public surtout familial. Soudain, ils ont pris une distance par rapport à eux-mêmes. Ils sont comédiens.
L'Union




21/06/2014

La fin d’une aventure théâtrale

« Comment t’appelles-tu ? » « Alice, pour le moment ». Cette réponse est également le titre de la pièce de Sylvain Levey que l’atelier Théâtre du collège Saint-Just a présentée au Mail.
La rencontre entre Alice (Jade
Paganessi) et Gabin (Simon Gillot).
    Une jeune refugiée peine à trouver sa place, sur le chemin de l’école, à l’école, dans les divers lieux où son père trouve du travail. Les garçons la harcèlent, puis l’un d’eux vient vers elle. A la fin de l’histoire, devenue femme, mère, elle a trouvé sa place.
    L’écriture, imagée et narrative, se prête parfaitement au style choral de la production. Les rôles sont partagés par une douzaine d’élèves, ce qui jette de multiples éclairages sur chaque personnage. Ce choix fait que tous restent sur scène du début à la fin, un défi relevé avec une puissance évidente par les jeunes comédiens.
    Chaque spectacle annuel de l’atelier nous a habitués à leur forte présence. Ils regardent la salle et se laissent regarder, essentiel au théâtre mais que les amateurs n’arrivent pas toujours à assurer.
    Le public leur a fait une ovation, d’autant plus nourrie que c’est pour la dernière fois. Après treize ans, Philippe Chatton, professeur et animateur de l’atelier, y met fin. « L’année prochaine, il y aura une quatrième « classe théâtre » au collège, et cela me prend tout mon temps. » En effet, il coordonne le dispositif « CHAT », dont les élèves de la toute première classe arrivent maintenant en Troisième. « L’atelier ne recevra plus de subvention. Déjà, nous n’avons pas le professionnel intervenant d’avant. Cette année seul Vincent Dussart de l’Arcade est venu une fois. »
    Les classes CHAT ont un tel succès qu’il y a maintenant une audition pour y entrer. L’atelier, qui a tant fait pour prouver la valeur du théâtre pour ses participants, leur cède la place.
L'Union

31/05/2014

Les jeunes critiques de Soissons

« Notre envoyée spéciale Lucie L. est allée voir le spectacle « Fables » au Mail…. » Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle recrue de l’Union, mais d’un exercice de la classe de Cinquième « Théâtre » (CHAT) au collège Saint-Just. A la demande du coordonnateur Philippe Chatton, un intervenant, qui avait rendu compte du spectacle en son temps (voir l’Union du 10 mai) et donné des indications avant la représentation, vient de revoir les élèves pour entendre le résultat. Il avait insisté sur l’importance de soigner la première phrase (« sinon le lecteur passera tout de suite aux pages sportives »), et la dernière (« il faut une chute, et une chute fait du bruit »), en n’oubliant pas le milieu (« clair et concis »).
    Cette adaptation des « Fables » de La Fontaine fait honneur aux textes mais les encadre d’une mise en scène farfelue et débordant d’énergie, avec deux acteurs. Chaque élève a réagi à sa façon, et la principale leçon a été bien intégrée : écrire, non pas pour montrer combien on a appris, comme dans un devoir, mais pour partager une expérience et aider le lecteur à se faire un avis.
    Lucie l’envoyée évoque la mise en scène en quelques mots : « A partir d’un carton, d’un bout de plastique, et d’autres objets insignifiants qui appartiennent à la poubelle, ils font apparaître un monde de mouvement, de morale, drôle et cruel à la fois. »
    Pour Thomas, c’était « trop imagé », détournant l’attention du texte.
    Aloïs laisse de l’ambiguïté : « Les comédiens… sont capables de faire rire n’importe quand ce qui est plus ou moins plaisant », alors que Valentine termine rondement : « Ce spectacle est très surprenant, avec suspense et créativité. »
    Les CHAT entendent explorer davantage cette frontière entre les mondes du spectacle et de l’écriture journalistique.
L'Union

20/05/2014

L’entrée des artistes

Les élèves de l'atelier de Vincent Dussart.

Les élèves avec Rama Grimberg.
Pour la 13e fois, les élèves des clubs, ateliers et classes de théâtre de l’Aisne se retrouvent à Soissons pour les Journées départementales scolaires des arts du théâtre. Pendant trois jours ils participent à cinq ateliers différents sur le thème « Paroles d’aujourd’hui – La mise en je(u) ». L’événement se termine par une présentation publique des travaux dans la grande salle du Mail.
Fred Egglinton avec ses stagiaires.
    Un regard dans plusieurs ateliers montre la diversité des approches. Dominique Richard, auteur de pièces sur l’enfance, met en chœur un extrait d’une de ses pièces ; deux élèves jouent en miroir. Rama Grimberg de la compagnie Abadie fait répéter chacun tour à tour, en augmentant constamment l’intensité du jeu. Avec Fred Egglinton des Ben’arts les élèves travaillent leur placement sur scène. Vincent Dussart de l’Arcade crée une ambiance rieuse de travail. Didier Perrier de L’Echappée fait émerger une cohérence de ses stagiaires. Partout, les jeunes comédiens se plient aux exigences du monde du théâtre.
Dominique Richard en répétition.
    Morgan Sanson est élève au lycée Gay-Lussac à Chauny, où il fait partie d’un atelier de théâtre trilingue, français, anglais et espagnol. Entend-il devenir comédien ? « Non, je veux faire des études médicales, mais j’aime y retrouver mes amis. Cela aide les plus timides. Moi je ne suis pas timide, plutôt très sociable. » Plus qu’un remède au manque d’assurance, le théâtre scolaire est un moyen d’expression.
    Deux jours plus tard, les groupes répètent successivement sur scène, avant de jouer devant le public le soir. Ils sont transformés. Les élèves Dussart lisent encore, mais le grand plateau, l’éclairage qu’on ajuste, le metteur en scène qui les… met en scène : tout contribue à générer la tension nécessaire au spectacle.
L'Union

29/03/2014

Les CHAT se préparent

Sur deux rangées de chaises, face à face dans la petite salle du Mail, des inconnus attendent pour répéter. C’est pourtant la classe de Quatrième à horaire aménagé théâtre (CHAT), dont les visages ont souvent été vus sur scène lors des présentations de travaux, qui répète. Qu’est-ce qui les rend méconnaissables ?
Margaux et Pauline masquées.   Photo P.Chatton
Les traits déroutent. De petits vieux, de grandes filles, des jeunes bizarres. L’explication : chacun porte un masque, qui cache juste les joues et la lèvre supérieure et ajoute un nez saillant, mais qui suffit pour tout transformer. C’est le théâtre masqué qui opère sa magie, car se cacher le visage libère tout le corps.
    Les jeunes acteurs échangent des dialogues improvisés avec Alice Riquet d’Art Tout Chaud, intervenante professionnelle.
    A l’auditorium en haut, les élèves de Cinquième ont du mal à se contenir. Le metteur en scène Didier Perrier les encourage : « L’excellence, je m’en passe : l’exigence, non. »
    Dans deux heures tous seront devant le public de la grande salle, démontrant leur grandissante capacité à jouer un personnage en restant eux-mêmes.
L'Union



03/10/2013

La vie scolaire durable

Les collégiens fabriquent du papier,
sous l’œil de leur professeur Stéphanie Lantz.
Par groupe de huit ou neuf, les élèves de Sixième du collège de Cuffies s’activent à travers la ferme de La Berque. Les uns regardent une roue à pales artisanale plongée dans la Crise, ses godets en forme de boîte à conserve se succédant pour jeter l’eau dans une gouttière. Sylvain Philbert, propriétaire de la ferme pédagogique, les questionne sur les principes physiques qu’illustre l’appareil. D’autres font du papier avec une pâte faite de vieux journaux, décoré avec des feuilles et fleurs cueillis sur place. Un troisième groupe, sous l’œil de Jean-Luc Sendron, professeur et directeur de stage, enfonce des clous pour fabriquer de petites roues qui tourneront avec la grande. Plus tard, des groupes récolteront les aliments qu’ils feront cuire pour le dîner. La journée se terminera autour d’un feu de joie.
    En trois jours, chacun découvrira ces activités et d’autres, liées au développement durable. A raison de deux classes par semaine, une centaine de collégiens y auront participé cette année.
    Jean-Luc Sendron considère que l’essentiel pour ces collégiens est de partager la vie et l’apprentissage, loin des salles de classe. Savoir vivre ensemble est aussi une forme de développement durable.
L'Union

25/09/2013

Les élèves jouent en classe

Dominique Natanson signe son livre à la libraire Interlignes.
                                          Photo Dominique Natanson
Un de ses élèves est venu voir Dominique Natanson après avoir participé au jeu « Cuba 62 » en classe. « Je redouble ; l’année dernière j’ai suivi le cours sans rien comprendre ; maintenant, je comprends la Guerre froide ! »
    Un tel jeu est loin d’être un simple temps de détente. Comme les autres jeux pédagogiques qu’analysent et proposent Marc Berthou et Dominique Natanson dans « Jouer en classe en collège et en lycée », il aborde le sujet de front et en profondeur. Comment la guerre nucléaire a-t-il été évitée lors de la crise cubaine ?
    Il s’agit d’impliquer la classe dans tout le processus de réflexion, de choix, de décision et de suivi qu’implique tel sujet d’histoire, de mathématiques ou autre. Le jeu utilise la simulation, le jeu de rôle, le travail en équipe.
    C’est « sérieux », mais c’est un jeu. Ainsi, au lieu d’assister avec – ou sans – docilité à un cours magistral, les élèves, en jouant, deviennent par définition acteurs de ce qu’ils apprennent.
« Jouer en classe en collège et en lycée », editions Fabert, Paris.
L'Union

01/04/2013

La poésie au Mail : Faire naître une vocation de slameur

Les trois poètes en culotte courte saluent le public du Mail.
Les quelques adultes noyés dans la foule qui remplissait la grande salle du Mail pouvaient jouir de deux spectacles : sur scène, les trois loufoques du « Petitloquent moustache poésie club », et dans la salle les centaines de jeunes collégiens qui réagissaient, parfois bruyamment. Un jeune public est franc : s'il aime, il est attentif ; s'il s'ennuie, le lien entre scène et salle se rompt. Astien, Mathurin et Ed Wood savaient soigner ce lien, et susciter l'enthousiasme. Conscients que les jeunes adorent voir les grandes personnes se chamailler comme des gamins, ils se disputaient pour tout, notamment l'élection truquée du président du Club de poésie. Le public a voté, puis assisté à la turbulente passation des pouvoirs.
     La poésie accompagne tous ces faits et gestes. Les trois moustachus savent que, pour un enfant, la poésie se reconnaît, non pas en bousculant le langage prosaïque, mais par ses rimes. Ils ont adhéré à cette règle, et leurs vers rimés - parfois audacieusement - ont conquis la salle. Des vocations de slameur ont pu naître cet après-midi-là.
L'Union

16/02/2013

Collège Saint-Just : Le théâtre au programme

Un groupe d’élèves évolue pendant l’histoire du Petit Poucet.
La première présentation publique des travaux de la nouvelle Classe à horaires aménagés théâtre (CHAT) du collège Saint-Just, dans la petite salle du Mail, a commencé par une mise en place hâtive de chaises, tant il y avait du monde. Au théâtre cela s’appelle jouer « à guichets fermés ».
    Sous la direction de Philippe Chatton, coordonnnateur, et de Jérôme Wacquiez, intervenant artistique, ces élèves de Sixième ont quatre heures de théâtre par semaine, ce qui donne une couleur à toutes leurs études. L’interdisciplinarité est encouragée, et une partie des travaux consiste en saynètes sur le thème du shopping, préparées avec leur professeur d’anglais, Brigitte Pinson, et jouées avec maestria… in English ! La mise en théâtre exige et nourrit une confiance en soi, même en langue étrangère.
Les élèves attendent des questions.
    Le plat principal est une adaptation de l’histoire du Petit Poucet, tout en mouvements d’ensemble, et partage des rôles. Le plaisir des acteurs se voit. Chacun est différent. Pour Jérôme Wacquiez, en effet, le théâtre aide chacun à trouver son identité.
    Philippe Chatton ne veut pas parler de « spectacle » : il s’agit d’un instantané de ce qu’ils ont appris. Mais c’est la première fois qu’ils le montrent devant un public, se laissent voir tels qu’ils sont, un vrai défi. Le public, familles et autres, en est témoin.
L'Union




11/02/2013

Ecouter les corps

La reine d'Espagne aimée par Ruy Blas.
« Léon souvenirs… », créé pour la Semaine de création théâtrale par la compagnie Pass à l’acte, est en fait un spectacle-cadre. Son contenu, qui dépend du thème choisi, consiste en textes, originaux ou venus d’autres sources littéraires, dits par des comédiens masqués.
Léon avec son grand frère Théo.
    Le thème cette fois est l’Amour. Baudelaire, Hugo, La Fontaine sont parmi les auteurs convoqués pour illustrer les souvenirs amoureux de Léon. Cet homme de petite taille, voire aussi large que long, est joué par Eric Tinot accroupi à l’intérieur d’un complet veston volumineux, en un tour de force physique. Fabrice Ply est son frère. Ils interviennent dans d’autres rôles, comme le font Boris Dimny, musicien du spectacle, et Edouard Khouri-Haddad, qui joue la reine d’Espagne aimée par Ruy Blas, avec des airs de La Goulue de Toulouse-Lautrec. Seule une remarque en passant fait savoir l’absence de Louise Wailly, souffrante. C’est une preuve de leur pouvoir d’improvisation et d’adaptation que d’avoir fait les rapides aménagements nécessaires pour éviter des trous dans le tissu du spectacle.
    Le théâtre masqué vit de l’exagération, de l’emphase. Le visage étant caché à partir de la lèvre supérieure, par un masque en bois marqué d’une expression forte, il reste au corps d’accompagner, développer ou même contredire l’attitude qu’il impose. Les gestes, attitudes et mouvements doivent être d’une grande éloquence. Parfois les textes, si augustes qu’ils soient, perdent la priorité, et le spectateur écoute davantage les corps que les paroles.
L'Union




10/02/2013

Une sorcière : même pas peur

Après avoir joué « Les fourberies de Scapin » d’Apremont Musithéa pour la Semaine de la création théâtrale 2012, Frédérique Bassez revient cette année dans « La sorcière Latrouille », mise en scène par Patrick Wessel. Seule sur scène, elle est la fille polyphobique d’une sorcière terrible, dont on ne voit que les lèvres magenta projetées sur un écran. Forcée et contrainte, Latrouille se prépare pour le bal des sorcières, alors que le métier de la sorcellerie l’épouvante. Imaginez un vampire ne supportant pas la vue du sang…
    Pourtant, par son jeu, Frédérique Bassez jette un sortilège sur son public d’enfants, qui adhèrent à son histoire du début à la fin. En fait, elle sort de l’ombre des tas de peurs enfantines pour en faire rire. Les bruits, les araignées, le noir, un visage transformé en masque terrifiant : le lien qu’elle établit avec la salle les rend comiques. Chaque fois, c’est l’hilarité.
    Elle fait participer les spectateurs, qui montent sur scène, l’aident à essayer diverses potions aux effets saugrenus. Ils se délectent de détails transgressifs, comme le petit déjeuner de vers de terre séchés, connus pour donner d’excellentes crottes de nez.
    Le spectacle ne se permet aucune approximation : tout est fin, coloré, avec une chorégraphie et un gestuel débordants mais exacts. C’est le théâtre dans sa fonction d’apprivoisement de l’inconnu.
L'Union

09/02/2013

Un conte de balais

France Dufour est Albertine,
Fabien Dardenne Rodrigo.
Une belle demoiselle esseulée, en grande robe moyenâgeuse, qui balaie tristement son intérieur, un gentilhomme habillé en héraut qui arrive, avec d’autres balais saugrenus : il ne faut pas plus pour captiver le petit public de « Ballet des balais », premier spectacle de la Semaine de création théâtrale au Mail, par la compagnie Acaly.
    Par un mélange de magie et de ruse, Rodrigo fait enfin rire Albertine, et ils s’en vont retrouver les autres villageois partis dans la vallée.
    Ils s’y aimeront, et auront beaucoup de petits balais, nous en sommes convaincus. Peut-être même que Rodrigo est prince, forcé par quelque sortilège ou crise économique à devenir VRP. Un jour...
L'Union



22/11/2012

La danse pour les Maternelles

Laurence Meisterlin et Katia Petrowick
La danseuse et la percussionniste devaient se produire deux fois au Mail pour des classes de Maternelle. Mais la demande est telle que trois représentations supplémentaires de « Cong cong cong » sont programmées.
    Katia Petrowick a dansé à Soissons avec la compagnie du Guetteur, et Laurence Meisterlin a joué ici dans « Carmen » des Concerts de poche. Elles s’associent pour sensibiliser de jeunes enfants aux notions de la danse et de ses rythmes. Ce spectacle lance les « Rencontres chorégraphiques », par lesquelles les classes participantes travailleront ces notions avec leurs enseignants, aidés par Katia Petrowick. En avril 2013 chaque classe montera son spectacle pour toutes les autres.
Laurence Meisterlin fait des bruitages avec ses mains.
    Le spectacle présente la danse, rythmée par des instruments, mais aussi par des bruitages faits avec les mains et les doigts qui tapent sur la peau, les vêtements, par terre. « Pourquoi vous avez frappé avec les mains ? » demande une petite élève aux artistes. « C’est la musique ! » répond la musicienne. En effet, le spectacle démontre que la danse et le rythme n’ont besoin que du corps humain et de son ingéniosité. La chorégraphie révèle aux enfants l’abstraction naturelle de la danse, égrenant des idées, des trouvailles, des gestes sans en faire une histoire. Elle a conquis les spectateurs, tout en les faisant bien rire.                   L'Union

06/07/2012

Bibliothèque : la jeunesse rentre dans ses murs

Le 7 octobre 2011, une canalisation avait éclaté au sous-sol de la Bibliothèque municipale, dans la section Jeunesse. Qui pouvait penser qu’il faudrait neuf mois, non pas tant pour la remise en état que pour laisser sécher le sol ? Une simple permanence avait été improvisée dans l’espace exposition, quelques livres et albums.
    Le nouveau revêtement de sol posé – une fine moquette verte qui lui donne un petit air de prairie – les bibliothécaires ont rempli les rayonnages, et la section est à nouveau ouverte, à temps pour les vacances. Les activités scolaires, un temps délocalisées vers les écoles, reprendront en septembre.
    Les jeunes lecteurs peuvent emprunter 7 livres et 3 revues. Mais ils peuvent aussi dorénavant, avec leur propre carte, emporter un Dvd et un Cd – « soigneusement sélectionnés » insiste Anne-Marie Natanson, conservateur en chef.
    Pendant les vacances d’été, la section Jeunesse est ouverte le mardi, jeudi et vendredi de 13h30 à 18h, et le mercredi et samedi de 10h à 18h.
L'Union
Parmi les premiers lecteurs revenus, Mattéo et Aloïs Caumont avec leur mère, et entourés de Sophie Forget, Marie-Claude Ambroise et Catherine Burnier, en habit de fête pour la réouverture.

20/06/2012

Petit Pierre en mots et en mouvements

Les meilleurs spectacles d'amateurs sont ceux qui, au lieu de singer le théâtre des professionnels, font de l'inexpérience une vertu, et laissent rayonner l'engagemnt et le courage des comédiens.
Les comédiens de l’atelier deviennent
Petit Pierre en train de regarder la tour Eiffel.
    Vincent Dussart de l’Arcade, intervenant professionnel à l’atelier de théâtre du collège Saint-Just, dégage ce qui est propre à chaque participant. Pour le spectacle de fin d’année, « Petit Pierre » de Suzanne Lebeau, jouée quatre fois au Mail, il a adopté une narration chorale pour dire l’histoire vraie de Pierre Avezard. Né sourd, muet et borgne, condamnée à sa solitude de vacher, il s’est mis à construire un manège animé d’une ingéniosité et d’une ingénierie débordantes d’innocence et de justesse.
    La vingtaine d’élèves jouent ce récit émouvant en se passant la parole comme un témoin. La notion même de « personnages » est éloignée, et les spectateurs voient chacun dans sa vérité. La grande histoire que côtoie Pierre est projetée sur écran, et les acteurs, en se déplaçant, racontent en mouvements ce que leurs voix racontent en mots.
    Philippe Chatton, responsable de l’atelier, et en arrêt maladie, est tout de même venu soutenir ses comédiens, qui l’ont salué en fin de spectacle.
L'Union

12/06/2012

Le Théâtre et la danse sans formatage


Le plaisir pour un spectateur convié aux travaux de l’option Théâtre et de l’atelier de danse du lycée Nerval est de voir de jeunes hommes et femmes se produire sur scène, armés de ce qu’ils ont appris, mais sans nécessairement penser à faire carrière au théâtre ou dans la danse. Le spectateur peut alors apprécier leur énergie, leur sensibilité, leur personnalité, sans avoir à juger des professionnels. Les danseuses en particulier n’ont pas subi le tri féroce des écoles de danse, et elles dansent chacune avec son corps à elle, sans formatage physique.
    L’objectif pour les élèves choisissant l’option est d’apprendre la pratique du théâtre et d’acquérir une culture théâtrale : monter sur scène, mais aussi devenir spectateur averti. Par des extraits de pièces de Martin Crimp, Noëlle Renaude et Ionesco ils ont montré leurs acquis : présence forte sur scène, voix intelligible, esprit d’équipe. Les danseuses de Terminale ont présenté leur solo pour l’option EPS Danse.
    La plupart de ces jeunes artistes tendent encore à garder pour eux-mêmes une part de ce qu’ils font. Ceux qui ne le font pas établissent un lien électrique avec les spectateurs, qui rencontrent alors un comédien, un danseur dans sa vérité.
L'Union

19/05/2012

Véhicule ultra-efficace : un projet multi-linguistique


Cours de modelage ou cours de langues ? Dans l’atelier du lycée Léonard-de-Vinci, trois langues fusent autour du travail. Les élèves du lycée parlent français, et puis anglais ; les apprentis venus du Heinrich-Hertz Europakollege à Bonn parlent allemand et puis anglais. Nathalie Disant, professeur d’anglais au lycée, intervient pour combler les lacunes linguistiques. Si les élèves du College of West Anglia en Angleterre étaient là, ils parleraient… anglais.
    Les trois établissements sont partenaires dans un projet européen de construction d’un véhicule ultra-efficace en consommation, en vue de « l’éco-marathon Shell » de 2013. Leur candidature a été retenue en octobre 2011. Les Allemands construiront le châssis, les Anglais le moteur, et les Français la carrosserie.
    Le programme prévoit onze réunions, à deux ou à trois établissements. Cette fois, huit Allemands ont rejoints les cinq Français à Soissons, avec leurs enseignants, pour coordonner leurs travaux sur le prototype.
    Emmanuel Franc, professeur d’électrotechnique, s’occupe de l’administration, et Régis Disant, professeur de modelage, gère le travail de conception et de construction. « Tout est en bois, pour a légèreté, et encore les panneaux seront évidés. » Les discussions sont serrées autour du modèle. Pratiquer une langue étrangère n’est soudain plus une abstraction, mais une nécessité pratique.
    Ultra-efficace : le gagnant de l’éco-marathon sera celui qui va le plus loin avec un litre de carburant. Selon Régis Disant, on vise le millier de kilomètres !
L’Union

30/06/2011

Je t’aime moi non plus

« Le songe d’une nuit d’été » est peut-être la plus implacable pièce de Shakespeare. Derrière ses allures féeriques, elle met en scène la crudité du désir. Sous l’effet d’une poudre magique, des couples changent de partenaire en un instant. La personnalité, les valeurs de l’autre ne comptent pour rien : au premier coup d’œil, l’indifférence se transforme en passion, l’ancien attachement en détestation. L’objet d’amour est en réalité un objet sexuel.


Les fées entourent l’âne,
objet de désir de leur reine.


Les collégiens de l’atelier de théâtre au collège Saint-Just ont fait formidablement face à ce manège du désir. Les déclarations d’amour et contacts physiques, difficiles pour de jeunes acteurs, sont convaincants, preuve d’une maturité que la pièce elle-même a dû les aider à trouver. Les voix portent, les gestes sont justes, la présence sur scène forte. Douze acteurs partagent les rôles des quatre amants, comme pour révéler les multiples facettes de chacun.
La mise en scène de Vincent Dussart oppose la férocité échangiste des relations à l’insouciance des activités adolescentes. Ainsi, les fées sont des pom-pom girls entourant leur top model de reine.
Devant le succès du spectacle, il y aura une représentation supplémentaire le 29 juin à 18h30 au théâtre St Just. Réservations au 06 43 25 48 36.
L’Union


19/06/2011

L’âme de Presles

Pour présenter ses travaux au public, l’atelier de théâtre du collège Gérard-Philipe a choisi un texte de Philippe Martone, « L’âme de l’A ». Des enfants pénètrent dans un immeuble abandonné et voué à la démolition. C’est la résidence « A ». Ils y rencontrent un étrange personnage, à la peau « grise comme du ciment ». C’est l’âme de la résidence A. Inquiétant, touchant, il génère chez ces jeunes une réflexion sur la vie dans leur quartier.
La professeur Sandrine Luchier et l’intervenant professionnel Vincent Dussart, de l’Arcade, ont appris à ces acteurs en herbe à se tenir sur scène, à dire leur texte avec soin et clarté. La pièce parle d’un monde qui n’est pas étranger à ces jeunes de Presles, mais c’est le théâtre qui leur permet de prendre de la distance, de « jouer » des situations proches du quotidien.
L’Union
Les comédiennes du collège Gérard-Philippe refont pour la photo un geste de la pièce qu’elles viennent de jouer.

07/06/2011

Les cinéastes au Mail

Hélène Loret présente les films.
Les jeunes cinéastes du lycée Nerval, élèves de Seconde et de Première s’initiant au cinéma d’animation, et de Terminale en option cinéma, sont sortis des locaux scolaires pour présenter leurs œuvres au public du Mail.
Ils exploitent avec gourmandise la possibilité que donne l’animation de tout transformer : un objet devient un autre, prenant à peine le temps d’être reconnu avant de passer à autre chose. Les journaux se mangent, se régurgitent, se re-mangent.
Les neuf courts métrages pour l’épreuve du bac racontent chacun une histoire avec des acteurs. Il s’agit presque toujours de faire entrer le narquois et le fantastique dans une vie que menace la routine, en snobant la bienséance. Une pustule qu’on fait éclater éclabousse l’objectif. Le regard n’est pas toujours innovant : deux allusions à l’homosexualité restent dans les stéréotypes du scandaleux.
Au-delà des qualités cinématographiques parfois hésitantes, ces cinéastes ont tout de même réussi le difficile exploit de faire de leurs idées des images sur un écran. Ils ont mérité les applaudissements.
L’Union