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19/07/2013

L’Arcade décroche le conventionnement

Metteur en scène Agnès Renaud (à gauche)
avec Anne de Rocquigny dans le cabaret
poétique créé au Mail en 2011.
Les quatre compagnies de théâtre conventionnées par le Ministère de la Culture/DRAC de Picardie viennent d’être rejointes par la compagnie soissonnaise l’Arcade. Ce conventionnement, qui court de 2013 à 2015, marque une reconnaissance d’un travail, d’une identité artistique particulière.
  L’Arcade défend un théâtre humaniste, de texte, en réflexion constante sur l'individu et ce qui le constitue. Le fait d’avoir deux metteurs en scène, Agnès Renaud et Vincent Dussart, agissant en binôme, garantit une double vision créatrice. Ceux qui ont connu l’action de la compagnie pendant sa résidence au Mail savent le lien qu’ils ont nourri avec le public, par les spectacles et les animations autour d’autres événements de la saison.
    La compagnie joue actuellement à Avignon, devant des salles complètes, un spectacle créé au Mail, « La dispute » de Marivaux : « un joyau à l’état pur » selon le Nouvel Observateur.
    En résidence à Gauchy, l’Arcade reste une compagnie soissonnaise, même si les circonstances l’empêchent de s’y produire à présent.
L'Union

27/06/2013

Deux créations soissonnaises au festival d’Avignon

« La dispute » en répétition au Mail en 2010 :
 Fabrice Cals derrière Anne de Rocquigny
 avec Nathalie Yanoz .
Soissons sera représentée à Avignon cette année par « Les hirondelles de Kaboul », spectacle de Nomades déjà vu au Mail en février dernier, dans le cadre de la Semaine de création théâtrale.
Deux grandes marionnettes sont des habitants
de Kaboul, dans le spectacle de Nomades au Mail.
    Mais un autre spectacle choisi par le Conseil régional pour le festival est autant soissonnais. « La dispute » de Marivaux, présenté par la compagnie Arcade de Gauchy, avait été créé pendant sa résidence à Soissons. Mise en scène, décor, éclairage, tout était monté dans la grande salle, et la pièce y a eu sa première en décembre 2010. La fin de la résidence – prématurée pour beaucoup d’amateurs de théâtre – ne change rien aux racines soissonnaises du spectacle.
L'Union

02/07/2012

L'Arcade: rideau et bilan

A la fin de « La fausse suivante » de Marivaux, créée par la compagnie de l’Arcade au Mail (voir Marivaux ; le double scenario), les lumières ont baissé sur le corps inerte d’une femme, punie par un coup de pied à la tête pour avoir défié le monde masculin en se faisant passer pour un homme. C’est par ce geste brutal mais joué que le théâtre intensifie la vie, tout en mettant une saine distance entre ce que voit le spectateur et la réalité.
    Ces lumières s’éteignaient aussi sur la résidence soissonnaise de l’Arcade. Depuis trois ans la vie théâtrale de Soissons bourdonne de ses créations, reprises, répétitions publiques et ateliers de théâtre, de ses rencontres et « mises en bouche » autour de spectacles venus d’ailleurs. Avec son départ, le Mail reviendra à un programme d’importations.
    Parlant de l’expérience, Vincent Dussart, co-directeur avec Agnès Renaud, reconnaît avant tout que ce sont les moyens fournis par la Ville, le Département, la Région et la Direction Régional des Affaires Culturelles qui leur ont permis de fonder, élargir et approfondir les échanges avec le public.
    L’Arcade a tout fait pour écarter le rideau traditionnel entre scène et salle, entre comédiens et public. Un sommet de son action a été le projet « Ca va la famille ? », impliquant la population dans une large enquête et une animation culturelle, suivies par un spectacle émouvant et implacable sur la famille, auquel participaient des habitants.


La compagnie de l’Arcade : de gauche à droite Agnès Renaud et Vincent Dussart, metteurs en scène, Sophie Torresi, Virginie Deville et Anne de Rocquigy, comédiennes ; derrière, Marie Lerdu, chargée de communication.


    Pour Vincent Dussart, le théâtre est un lieu où, loin de se cacher dans les oripeaux d’un personnage, un comédien se laisse voir tel qu’il est. Le théâtre est un engagement de transparence, d’honnêteté : voilà la leçon de ses ateliers et cours, notamment pour les jeunes élèves du cours de théâtre Ardrame.
    Beaucoup dans la salle pour ce dernier spectacle étaient émus de les voir partir, ces comédiens devenus familiers, mais transformés chaque fois qu’ils montent sur scène.
    Comment réagissent-ils, eux les comédiens, à ce départ ? Le regret est clair, de quitter une ville qu’ils ont appris à aimer, et ses habitants. Surtout, ils regrettent d’abandonner des actions qui portaient déjà leurs fruits. Et pourtant… Au « bal baroque » qui a suivi « La fausse suivante », ce sont eux qui dansaient avec le plus de verve et de déchaînement. C’est comme si, après cette sédentarité, ils reprennent gaiement la route, saltimbanques en partance pour le premier lieu qui les accueillera le temps d’un spectacle.
L'Union

20/06/2012

Marivaux : le double scénario

Pour balayer d’avance toute attente de « marivaudage », ce badinage délicat empreint de finesse séductrice, la metteuse en scène Agnès Renaud choisit d’ouvrir « La fausse suivante » par le bal masqué dont le texte de Marivaux ne fait que parler.
    Au cours de cette fête libertine, une femme chevauche en cavalière un amant qui lui arrache la perruque pour la ridiculiser. Un buveur affalé vomit, se lève… c’est la riche orpheline qui gardera son déguisement masculin pour aller sonder Lelio, ce promis inconnu.
    Le « Chevalier » et Lelio se rencontrent, tous deux grands, en complet à carreaux et avec la même coiffure, comme des jumeaux, mais que tout oppose. Elle traverse ainsi le monde des hommes, mais découvre surtout celui du mensonge – en étant elle-même un mensonge. Les faux-semblants prolifèrent entre le Chevalier, Lelio et sa Comtesse, sous les yeux de deux valets, au courant de tout et qui comptent en profiter.
    Les comédiens disent le texte de Marivaux avec l’élégance et la fougue qu’il mérite. Mais sous les mots, leurs corps racontent la même histoire en dégageant ses valeurs brutales. Les comportements sont âpres voire indécents, les gestes grossiers, les réactions violentes. C’est par ce double scénario qu’Agnès Renaud communique la force de sa vision de la place accordée aux femmes.
    Lorsque le Chevalier révèle son identité, piétinant aussitôt les espérances de Lelio, il l’agresse et, alors qu’elle est par terre, lui assène un coup de pied à la tête. Faire le mec ? Eh bien, on règlera ça entre mecs ! Les lumières baissent sur son corps inerte, et sur cette dernière création de sa résidence par la compagnie de l’Arcade. Les applaudissements disent autant « Hélas ! » que « Bravo ! »
L’Union


La troupe à la fête après le spectacle : de droite à gauche Sophie Torresi (qui jouait le Chevalier), Fabrice Cals (valet), Stéphane Szestak (Lelio), Xavier Czapla (autre valet) et Virginie Deville (la Comtesse).

Petit Pierre en mots et en mouvements

Les meilleurs spectacles d'amateurs sont ceux qui, au lieu de singer le théâtre des professionnels, font de l'inexpérience une vertu, et laissent rayonner l'engagemnt et le courage des comédiens.
Les comédiens de l’atelier deviennent
Petit Pierre en train de regarder la tour Eiffel.
    Vincent Dussart de l’Arcade, intervenant professionnel à l’atelier de théâtre du collège Saint-Just, dégage ce qui est propre à chaque participant. Pour le spectacle de fin d’année, « Petit Pierre » de Suzanne Lebeau, jouée quatre fois au Mail, il a adopté une narration chorale pour dire l’histoire vraie de Pierre Avezard. Né sourd, muet et borgne, condamnée à sa solitude de vacher, il s’est mis à construire un manège animé d’une ingéniosité et d’une ingénierie débordantes d’innocence et de justesse.
    La vingtaine d’élèves jouent ce récit émouvant en se passant la parole comme un témoin. La notion même de « personnages » est éloignée, et les spectateurs voient chacun dans sa vérité. La grande histoire que côtoie Pierre est projetée sur écran, et les acteurs, en se déplaçant, racontent en mouvements ce que leurs voix racontent en mots.
    Philippe Chatton, responsable de l’atelier, et en arrêt maladie, est tout de même venu soutenir ses comédiens, qui l’ont salué en fin de spectacle.
L'Union

16/06/2012

« La fausse suivante » : les acteurs s’habillent


Sophie Torresi fait ajuster son complet.

En ce début d’après-midi à quelques jours de la première, les loges du Mail sont des cabines d’essayage. Les comédiens découvrent les costumes de « La fausse suivante » de Marivaux. Anne Bothuon, costumière de la pièce mise en scène par Agnès Renaud, déballe, scrute, coud, ajuste, discute.
S’habillant et se maquillant avant d’aller sur le plateau, les comédiens de l’Arcade parlent de leur rôle dans cette pièce, qui jette en l’air les cartes de l’identité sexuelle, lorsqu’une riche héritière, travesti en chevalier pour sonder les intentions de son promis, découvre de l’intérieur – et dynamite – le monde des hommes.
     Sophie Torresi, dandy dans son complet à carreaux, joue en homme pour la première fois. « Je n’essaie pas de faire le mec ; je cache plutôt que je suis une femme. Je me raidis, comme si d’un geste tout pouvait lâcher. » Les mains dans les poches, elle esquisse élégamment l’effondrement du mâle.
Stéphane Szestak, l'infecte Lelio.
    Xavier Czapla, dont Anne recoud le porte-jarretelle, car le valet qu’il joue devient soubrette, est content « d’explorer mon côté féminin ».
    Stéphane Szestak, petit nouveau de l’Arcade avec ses 189cm, met un complet si neuf que l’étiquette lui pend encore à la taille. Il sera l’infect coureur de dots Lelio.
Virginie Deville en Comtesse.
    Virginie Deville, séduisante comtesse qui paie cher sa légèreté, dépose une énorme perruque bouclée sur sa tête. « Avec Agnès il y a un mystère. Elle nous laisse très libres, on fait beaucoup d’impro. Ca paraît éparpillé puis soudain, comme ça, nous sommes dans la vision d’Agnès Renaud. »
    Agnès, qui s’active comme une patronne d’entreprise, explique son choix. « C’est la fin d’un cycle sur la position de la femme. » Après « Au-delà du voile », jouée au Mail en 2009, et « Automne hiver », créée ici en 2010, elle voit Marivaux brouiller tous les repères, tous les rôles, dans une débauche de faux-semblants.
L’Union

15/06/2012

Le théâtre sous la mer et sous terre

Les enfants comédiens, dont les trois méduses.
Les enfants qui montent sur scène ont l’air parfois de vouloir la fuir. Ils tournent le dos, marmonnent ou ont des sourires gênés. Ce n’est pas le cas avec les petits comédiens d’Ardrame, le cours de théâtre de Vincent Dussart de l’Arcade. Il leur apprend la présence devant la salle, à se laisser voir et porter par le regard des spectateurs. Dans « Plouf », spectacle de fin d’année, ils racontent le voyage d’une fillette sous la mer. Elle y croise de drôles de créatures, surtout trois méduses impayables, chacune sous un parapluie transparent bordé de bandes flottantes.
Le chœur des mort-nés.
    Le soir, à l’heure des spectacles d’adultes, la classe des adolescents a joué « La mastication des morts ». Les défunts dans un cimetière de village racontent chacun sa mort, lente ou soudaine, douce, solitaire, violente ou comique, l’avant et même l’après, comme celle qui peste contre son cercueil de chêne, car elle avait toujours réclamé du sapin. Les comédiens disent ces histoires, les yeux dans les yeux des spectateurs. Loin de faire semblant, ils parlent à partir de leur propre vérité.  « Je leur ai dit de ne pas s’occuper du personnage, d’être eux-mêmes » dit Vincent Dussart. Les paroles collent à la personne. Seul untel peut dire telle chose, conclut le public, et c’est du grand théâtre. Les acteurs sont à la hauteur des textes rudes, parfois indécents. Aucune indulgence n’est demandée face à leur manque d’expérience.
    Le public rit, s’émue, est choqué, devant l’homme qui meurt dans les toilettes ou le chœur poignant des mort-nés, qui ne regrettent « ni la vie que nous n’avons pas eue, ni la mort que nous avons eue. »
    « Dommage qu’il n’y ait personne de la Ville pour les voir » entend-on dire. En effet, une telle initiative locale, un engagement dont les effets dépasseraient le monde du théâtre, mérite l’attention. Ces comédiens ont appris à se discipliner, se présenter et surtout mieux se connaître.
L'Union

24/05/2012

Le vivre-ensemble – à haute voix


Les vingt lecteurs de l’atelier animé par Vincent Dussart.

Dans le cadre de « V.O. », Vincent Dussart de l’Arcade a animé un atelier sur le vivre-ensemble des hommes en société.
Plus précisément, le sujet était « la lecture à haute voix », à partir de « Prométhée poème électrique » de Nicolas Chaffin. Mais les participants n’ont rien appris sur l’élocution ni la projection de la voix. Ils se sont exercés à la lecture chorale, ce qui implique une sensibilité d’ensemble, la capacité de chacun à sentir les autres.
Le lecteur ne doit jamais se cacher derrière le texte. Comme un acteur dont, selon Vincent Dussart, le rôle principal est de se laisser regarder tel qu’il est, un lecteur doit être présent pour l’autre, visiblement lui-même. Sans cela, écouter un lecteur ne fait que freiner la lecture qu’on peut faire dans sa tête, calé dans un fauteuil chez soi.
La sensibilité et la présence pour l’autre ne seraient-elles pas des vertus de base pour vivre ensemble dans une société humaine ?
L'Union

22/03/2012

Une « conférencière » démasquée au Mail

Corinne Meunier sous les traits de Claude Larécher
La compagnie de l’Arcade avait eu l’excellente idée de faire précéder « Les femmes savantes » au Mail par une conférence non moins savante. Le linguiste québécois de Claude Larécher traiterait du « Français de Molière aux sms ».
    Première surprise, autant pour Vincent Dussart de l’Arcade que pour le public : voir apparaître… la femme Claude Larécher. Simple erreur de transmission, conclut-t-on.
    La savante, fort aimable mais peu habituée à ce public non-universitaire, passe du langage ample de Molière à celui des sms, comprimé comme une sculpture de César.
    Soudain, sensation ! Vincent Dussart, s’étant renseigné, l’interrompt. « Claude Larécher est bien un homme, alors qui êtes-vous ? » Devant ses balbutiements, il lui demande de partir. Ayant démasqué l’imposteur, il la re-démasque aussitôt : la fausse universitaire est Corinne Meunier, vraie comédienne se consacrant à l’improvisation. Tout était faux, même ces expressions indécentes tirées de Molière, auxquelles nous avions cru, ne serait-ce qu’un instant…
L'Union

16/03/2012

La poésie fait irruption dans les classes


Ils étaient déjà passés dans les classes de l’école de la Gare la veille, enceints tous les deux, Anne et… Vincent. Le lendemain, ils pointent à nouveau, cette fois avec chacun un porte-bébé rempli sur le ventre. La poésie n’observe aucune règle, même pas celle du calendrier de la grossesse.
    La compagnie de l’Arcade a formé une Brigade d’intervention poétique (BIP) pour accompagner le Printemps national des poètes dans les écoles de Soissons. Les deux comédiens, Anne de Rocquigny et Vincent Dussart, surgissent dans chaque classe, s’accaparent de l’espace et récitent des poèmes sur le thème de l’année : « L’enfance ».
    Dans une première classe, de CE1 et 2, les élèves réagissent vivement, rient de bon cœur de ces deux adultes bizarres, comme des vers qu’ils disent. Ils vivent encore en poésie. La classe de CM est plus circonspecte. Les élèves sourient, scrutent, déjà sur leur garde par rapport à ces débordements de la parole.
    Pourquoi faire ces incursions, au lieu de présenter sobrement les poèmes comme un support de cours ? Mais c’est évident : les comédiens rompent le cadre scolaire comme la poésie rompt celui de la prose, en cassant les phrases, se jouant des convenances, tournant les mots sans vergogne à son avantage. Le poète ne décore pas le langage, il le détourne.
L'Union

29/02/2012

Trop gentils pour être méchants

Attablés devant un verre au bar du Mail, seraient-ils juste arrivés trop tôt pour le spectacle, « Le dindon » de Feydeau ? Mais chacun a un stylo, un papier, et l’air concentré. Sous l’œil de l’écrivain Hugo Paviot et d’Agnès Renaud de l’Arcade, ils s’essaient aux aphorismes à la Feydeau. C’est un art où tout tourne autour des maris et femmes, amants et maîtresses et leurs bassesses.
Soit ils complètent des débuts d’aphorismes laissés en suspens, soit en composent à partir d’éléments épars. Toute licence est accordée pour le cynisme, la méchanceté, la mauvaise foi.
N’osent-ils pas aller trop loin, ou sont-ils simplement trop gentils pour l’exercice ? « Une femme qui trompe son mari n’a pas pour habitude de demander la permission à son amant. » C’est tout à l’honneur des participants qu’il leur manque la qualité vacharde des piques qu’envoie Feydeau, une lueur de fausse innocence dans les yeux. Un soupirant transi propose ainsi à sa bien-aimée : « Voulez-vous être ma première femme ? »
L’Union




Hugo Paviot et Agnès Renaud encouragent le mauvais esprit des participants.

24/02/2012

Stage de l’Arcade : le jeu venu de l’intérieur


La Mère et la Fille solidaires.
Deux à la fois, les stagiaires traversent la grande pièce. La consigne ? Chacun doit entamer un contact avec l’autre, qui réagira. L’exercice dure longtemps, chaque couple s’y reprenant plusieurs fois. C’est au stage de théâtre animé par Vincent Dussart, metteur en scène de l’Arcade, à l’occasion de la représentation du « Dindon » de Feydeau. L’objectif est clair : susciter des gestes et paroles qui ne soient dictés ni par un scénario ni par un metteur en scène, mais qui viennent de la présence de l’autre. « Jouer » ne serait pas s’affubler d’un personnage mais laisser émerger de l’intérieur ce qu’il faut pour planter ce personnage.
    Les stagiaires passent à une scène de « Léonie est en avance », de Feydeau précisément. La Mère, la Fille et la Sage-femme s’affrontent, et Vincent Dussart explique y cueillir les idées de chacune pour un éventuelle mise en scène.
    Cet atelier, le dernier de la saison, poursuit donc une formation théâtrale qui, loin d’aliéner le comédien dans un rôle, l’amène à reconnaître en lui-même ce qu’il faut pour le jouer.
L’Union

11/02/2012

Stage de théâtre : Feydeau cet inconnu


Vincent Dussart de l'Arcade animera le stage.
L’Arcade, compagnie en résidence au Mail, poursuit sa série de stages de théâtre par une rencontre avec le vaudeville de Georges Feydeau. Ceux qui ont déjà suivi un stage de l’Arcade se doutent qu’il s’agira moins d’apprendre des techniques de jeu ou d’élocution que de rentrer en contact, tous sens éveillés, avec l’art du théâtre.
    Comment aborder un auteur qui est tellement familier que chacun est sûr de le connaître dans le détail, ses méthodes pour faire rire ? Vincent Dussart, qui animera le stage, propose une expérience : rencontrer Feydeau comme si on ne le connaissait pas, comme un contemporain, et se laisser envahir par toutes les images, les impressions, les sensations que les mots du texte provoquent, en tant que personne et non en tant que comédien.
    Ce stage est gratuit dans la limite des places disponibles. Les participants, à partir de 16 ans, s’engagent à être présents pendant les deux jours du stage, le samedi 18 février de 10 à13h et de 14 à 17h, et le dimanche 19 février de 14 à 18h.
    Ce stage précède le spectacle « Le Dindon », mis en scène par Philippe Adrien, le 24 février au Mail.
L'Union


31/01/2012

Les paroles d’Ardrame


L’Arcade continue à remplir sa fonction de compagnie en résidence au Mail, en préfaçant certains spectacles extérieurs par une « mise en bouche » qui en reflète le thème sous un autre angle. Pour la seconde fois, les jeunes participants au cours de théâtre « Ardrame » ont pris ce « pre-spectacle » en main. Une quinzaine d’adolescents ont lu toutes les paroles de « L’homme à tête de chou », l’album de Serge Gainsbourg dont la musique allait plus tard accompagner la pièce chorégraphique de Jean-Claude Gallotta. Seuls ou en chœur, avec des mouvements d’ensemble ou individuels, ils ont raconté l’histoire funeste de Marilou, dans une mise en scène de Vincent Dussart, dont le style était reconnaissable dans le travail choral et, surtout, la présence forte de chacun devant le public.
L'Union

06/12/2011

Du théâtre dans les vitrines

« Des surprises chez les commerçants de la rue Saint-Martin » avait-on annoncé comme mise en bouche pour « Modèles » au Mail (voir ci-contre). Rien d’imprévu pourtant en partant de la Poste : les mannequins restent désespérément immobiles, la plupart sans tête.
    Soudain à Monoprix les vitrines s’animent, et en face chez Catrina, et plus loin dans Pantashop et Etam. Des modèles vivants saluent les passants intrigués, amusés ou qui pressent le pas.
    Des élèves du cours de théâtre de l’Arcade jouent les modèles, surtout de jeunes filles dans des rôles traditionnellement masculins : explorateur, chercheur, militaire, boxeur. Le seul stéréotype féminin, une meneuse de revue emplumée, est un garçon, entre deux gardes de corps comminatoires en lunettes noires.
    Pour le metteur en scène Vincent Dussart de l’Arcade « c’est une occasion de questionner les modèles courants pour les femmes ; et puis aux passants de se demander ce qu’ils voient en regardant une femme. »
L'Union

28/11/2011

Sur les chemins de la poésie


Habillée en exploratrice, Anne de Rocquigny brandit un bâton de bambou pour indiquer le Tage sur une mappemonde gonflable. D’après Fernand Pessoa dont elle récite le poème, ce fleuve descend d’Espagne et se jette dans la mer au Portugal. Puis, en concert avec Agnès Renaud, elle choisit plutôt de suivre le tracé par terre. Enfin elles décident que le texte sera dit par Agnès à ses côtés. Julio Gonçales les accompagne sur son assortiment d’instruments de percussion.
    Les deux comédiennes et le musicien mettent en scène « Infinis paysages », qui amènera le public sur les grands et petits chemins du monde par la poésie. Comme dans un cabaret, les relations seront plutôt détendues avec les spectateurs, qui pourront même contribuer des « haikus » en direct.
    L’Arcade est souvent intervenue au « Printemps des poètes » ce qui a donné l’idée de tout un spectacle poétique qui ferait vivre la nature, en ouvrant aussi à chacun ses paysages intérieurs.
Après la poésie, le public sera invité à monter sur scène pour explorer les instruments de Julio.
L'Union

26/10/2011

Le théâtre aux emplettes


La maigrisseuse encadrée de ses deux diététiciens.
Pour être en verve avant de se rendre à « Mardi au Monoprix » (voir ci-contre), une trentaine de spectateurs se sont retrouvés à Magany, conviés par la compagnie de l’Arcade. Louis-Marie Audubert, Vincent Dussart et Eve Rouvière y ont agrémenté la tournée du rayon alimentation avec un bouquet loufoque de textes sur la nourriture et la cuisine, fraichement cueillis dans le potager de la littérature comique. Cela se termine –mal – à la confiserie où une aspirante à la minceur crie son désir de sucreries, alors que les deux hommes qui l’encadrent ânonnent implacablement l’addition calorique de chaque douceur.
L'Union

13/10/2011

Arcade : atelier de théâtre : trouver son terreau


Les stagiaires à l’atelier de théâtre donné par Vincent Dussart de l’Arcade, pour creuser les thèmes abordés dans le spectacle « Divagations amoureuses » (voir l’Union du 5 octobre), viennent de Compiègne, de la Ferté Milon, de Saint Quentin et, quand même, de Soissons. La plupart sont acteurs amateurs, mais nous sommes quelques-uns à chercher seulement à mieux comprendre la démarche théâtrale. Souvent, ces expériences partagées changent le regard porté, non pas seulement sur le théâtre, mais sur le monde autour de nous.
Sous le titre « D’amour et de mots », nous avons cherché, par des lectures et des improvisations, à sentir et à faire sentir les incompréhensions, les distances et les violences qui fracturent les relations amoureuses.
Il ne s’agit pas d’apprendre des techniques pour les jouer. Nous avons dû plutôt nous exposer longuement au regard des autres, et nous laisser pénétrer par les sensations que cela procure. Ce n’est qu’à ce prix qu’un acteur arrivera à montrer au public ce qui lui est propre, au-delà du rôle qu’il tient dans une pièce. L’alternative, selon Dussart, est de plaquer des émotions factices sur son jeu, et s’y perdre en perdant son public.
A une stagiaire qui reconnaît son manque d’assurance et aussi sa colère à se trouver réduite au silence devant nous tous, il annonce « Voilà ton terreau. Et c’est dans ce terreau que tu pourras planter des choses pour jouer. »
L’Union

05/10/2011

Des cœurs en divagation

Assis sur quatre tabourets, chacun sous un réverbère qui met son visage en contre-jour, les quatre acteurs sont en place lorsque le public entre. Habituellement, c’est nous qui prenons place et attendons le lever de rideau, ou que les acteurs entrent en scène. En pénétrant dans un espace déjà investi, nous sommes comme des intrus : nous regardent-ils ? Un long silence, et la pièce commence.
Cet assemblage de textes de Xavier Durringer et Eugène Durif est une anthologie de démarches garanties à massacrer une relation. Froideur, exigences, timidité maladive, violence : chaque tentative laisse voir l’improbabilité du bonheur.
En glissant d’un rôle à un autre, avec de constantes ruptures de ton, passant des rires aux cris, de l’anxiété à la forfanterie, Sophie Torresi, Virginie Deville, Xavier Czapla et Vincent Dussart dessinent à fins traits des êtres qui essaient de trouver dans l’autre ce qui leur manque en eux-mêmes. Comme un chien en divagation, chacun court vers le premier venu, espérant y trouver un gentil maître et un foyer chaud. Seuls un couple qui se regarde dans un parc, et deux autres paquets de nerfs dont les angoisses sont assorties, pourront faire un bout de chemin ensemble – mais vers quoi ?
Spectacle affligeant ? Non, car le théâtre tel que le jouent les comédiens de l’Arcade crée une distance libératrice qui permet aux spectateurs témoins de tous ces ratages de repartir, non pas désolés mais plus lucides.
Devant, Xavier Czapla et Virginie Deville ; derrière : Sophie Torresi et Vincent Dussart.
L’Union

01/10/2011

Les acteurs se préparent


Depuis lundi, les comédiens de l’Arcade répètent « Divagations amoureuses » dans la petite salle du Mail. C’est une reprise du spectacle créé et mis en scène par Vincent Dussart en 2001. Trois des quatre rôles sont tenus par les mêmes acteurs, Virginie Deville, Sophie Torresi et Vincent Dussart. Xavier Czapla, déjà venu à Soissons, joue le quatrième. Pourquoi cette longue association avec les mêmes comédiens ? « J’aime travailler avec ces gens que je connais, dont j’estime le talent » déclare Dussart.
Le public peut venir aux répétitions, car l’Arcade ne cache pas ses préparatifs. Peut-on alors y aller, et économiser le prix d’un billet ? « Je n’y montre pas tout »  explique Vincent Dussart avec un sourire espiègle.
La pièce reprend des textes sur les couples par Xavier Durringer (« du réalisme quotidien » ajoute le metteur en scène) et Eugène Durif (« plus poétique »), et se joue sur une scène nue, avec quatre tabourets.
La répétition est menée avec soin, même si les fous rires fusent à chaque oubli, chaque erreur. Dussart précise, reprend, modifie. Le sens de chaque geste et parole est affiné. Les acteurs interviennent aussi : « Arrête de bouger tes pieds, Sophie, on voit que ça ! » Etre témoin des inlassables efforts pour offrir un spectacle de qualité engage le spectateur, qui devient participant dans l’entreprise théâtrale.
L’Union