13/10/2004

Deux hommes dans leur vallée

La Crise est un ruban d’eau qui, caché derrière ses sous‑bois et sous ses arbres, traverse ou longe une dizaine de villages et hameaux à partir du plateau du Tardenois, avant de retrouver l’Aisne à Soissons.
    Pour Laurent Lefèvre cette vallée, près de Soissons mais restée en dehors de toute urbanisation (à la différence de son Venizel natal, où même le monument aux morts a dû céder sa place aux immeubles), lui permet de réaliser son amour de la nature, sa passion pour la marche. « J’ai toujours aimé les activités physiques, le football, le vélo. La randonnée, cela donne le meilleur contact avec la nature. Le vélo va trop vite, et il faut regarder tout le temps devant soi. En voiture, tu arrives, tu prends et tu pars. » Il utilise un terme philosophique pour dire son plaisir : « Marchant, tu appréhendes le paysage. »
Laurent Lefèvre
    Il est président depuis quatre ans de l’Association de la Vallée de la Crise, fondée en 1981 pour conserver et animer le patrimoine de la vallée, par l’organisation de sorties. Actif depuis toujours dans des mouvements sportifs, culturels, politiques, et à la recherche d’un club de randonneurs, il a suivi le conseil d’un ami et a trouvé ce groupe. En même temps il a adopté la vallée, ses coteaux, ses champs et ses bois, ses maisons et ses habitants. « Partir en randonnée, c’est apprendre à regarder un paysage et l’interpréter.. se rafraîchir des perles de rosée ou humer l’odeur d’un bon café chez un ami. »
Sylvaine et sa femme.
C’est ici qu’il a trouvé « une absence des tiraillements qui marquent souvent le milieu associatif. On s’entend bien. Au travail, et même à la maison, je pense tout le temps à l’association. Là, je ne porte plus l’étiquette dessinateur technique, oncle ou beau‑frère ; ils m’apprécient pour ce que j’apporte, et ça c’est formidable. C’est un facteur d’équilibre. Je me dis parfois, heureusement que j’ai l’association ! » Son seul regret est de susciter peu d’intérêt dans les communes de la vallée.
  Les randonnées débordent largement la vallée, jusqu’en Belgique cette année. Mais les membres reviennent chaque fois pour l’assemblée de famille annuelle – et le grand nettoyage environnemental du printemps.
    Sylvain Philbert, ancien président, est un enfant de la Crise, né à Muret et qui tient un gîte, avec bêtes et basse cour, à Nampteuil sous Muret. Sa motivation est pratique. « Je voulais participer aux décisions d’aménagement, et l'Association, référente pour les pouvoirs publics, me le permet. » Homme de terrain, il ne s’adonne pas au lyrisme de Laurent, venu d’ailleurs chercher la beauté de ce que Sylvain vit nonchalamment chez lui depuis toujours.
    Deux hommes, deux engagements, deux formes d’amour de la vallée de la Crise.
L’Union

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