Pour le
dernier concert d’été à la cathédrale, et comme en 2010, le Conservatoire de
Reims, dont l’organiste Vincent Dubois est directeur, a prêté un grand écran,
avec deux techniciens pour l’installer et manier les caméras. Le public a pu
ainsi entrer dans l’intimité du jeu d’orgue. Les vues du musicien, entrecoupées
de plans sur les tuyaux, le vitrail, agissent contre l’audition pure, mais constituent
une analyse et révèlent la structure de chaque œuvre.
Liszt est né en 1811, Jehan Alain en 1911, voilà les deux anniversaires
à la base du programme. Quel meilleur hommage que la « Prélude et fugue
sur B.A.C.H. » (c'est-à-dire « Si.La.Do.Si bémol » dans la
notation allemande) de Liszt, fondées somptueusement sur ce leitmotiv poignant ?
Ont suivi les Variations sur un autre emprunt de Bach, de sa cantate BMW 12.
Pour Alain, Vincent Dubois a choisi les « Trois danses :
Joies, deuils, luttes ». Prévue à l’origine pour orchestre symphonique,
cette œuvre ne survit que dans sa transcription pour orgue, envoyée par le
compositeur à une amie avant sa mort au front en 1940, alors que la partition complète
a disparu avec lui.
Qui dit « danse » sous-entend « danseur ». Nous
l’avions devant nous, cet organiste dont tout le corps dansait, les mains sur
les trois claviers, les pieds sur les pédales.
L’Union
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